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Réforme du Collège : foire à questions
Article publié le jeudi 12 mars 2015.
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Cette foire à questions sera mise à jour régulièrement.

  • Que dit la loi d’orientation sur les enseignements dispensés au collège ?

Selon le rapport annexé de la loi, le collège unique doit être repensé. “Le collège unique est organisé autour d’un tronc commun qui autorise des pratiques différenciées (...) Pour favoriser la réussite des élèves et préparer la suite de leur scolarité après la classe de troisième, des modules d’enseignements complémentaires au tronc commun peuvent être proposés.”

“Il est donc nécessaire de réaffirmer le principe du collège unique à la fois comme élément clé de l’acquisition, par tous, du socle commun et comme creuset du vivre ensemble.”

Cette organisation en tronc commun + enseignements complémentaires structure la réforme du collège engagé par le ministère.

 

  • Que sont les enseignements complémentaires ?

Les enseignements complémentaires devraient être dispensés sous forme de modules d’enseignement pratique interdisciplinaire (EPI) et de modules d’accompagnement, pour un volume de 4-5 heures/semaine dans le cycle 4.

L’objectif est de permettre aux élèves de mobiliser leurs connaissances et leurs compétences pour mener un projet collectif en lien avec une thématique interdisciplinaire. Le cadre d’organisation sera souple : choix des thémes par niveau, durée, groupe-classe ou groupes inter-classes, etc.  

Pour le SE-Unsa, tous les enseignements contribuent à l’acquisition du socle commun. Les enseignements complémentaires doivent être avant tout des espaces garantis pour la différenciation pédagogique : diversifier les pratiques, favoriser les projets, prendre en compte les besoins des élèves.

  • Qu’est-ce que le tronc commun ? Quelles sont les disciplines qui y participent ?

Le tronc commun rassemble l’ensemble des disciplines existantes au collège actuellement. Les enseignements optionnels ne figurent pas dans le tronc commun. Le tronc commun rassemble donc : français, histoire-géographie (et EMC), maths, SVT, Physique-Chimie, Technologie, LV1, LV2, éducation musicale, arts plastiques, EPS.

Pour le SE-Unsa, une réforme réussie passe par la reconnaissance de toutes les disciplines, et leur contribution à l’acquisition du socle commun.

  • Est-ce que des disciplines perdront des heures ?

Toutes les disciplines retrouveront au minimum leurs dotations de fonctionnement actuelles. La différence avec l’existant est qu’une petite partie de cette dotation disciplinaire sera consacrée à la mise en place de projets, au choix des équipes d’enseignement.

Le SE-Unsa demande au minimum le maintien des moyens disciplinaires globaux, qui à la base garantissent les postes dans les collèges. Ainsi les heures de projet ne deviendront pas les variables d’ajustement des DHG.

  • Que deviennent les options existantes au collège ?

Les options actuelles sont intégrées dans les enseignements selon des modalités diverses. Il n’y a plus d’heures en plus pour les élèves choisissant des options. Il n’y a donc plus de bonifications liées à des options pour le brevet des collèges. Les modalités d’obtention du DNB seront revues ultérieurement et adossées au nouveau socle commun.

Néanmoins, les classes CHAM, CHAT, CHAD devraient toujours exister, ainsi que les sections internationales et les sections sportives.

 

  • Que devient le latin ?

Les collèges qui proposaient l’option facultative de latin pourront l’inclure dans l’enseignement complémentaire dédié aux Langues et Culture de l’Antiquité (LCA), de la 5ème à la 3ème.

Pour le SE-Unsa, un enseignement minimal de ces langues et cultures de l’antiquité doit être dispensé à tous les élèves, dans le cours de Français. La proposition du ministère pose question : combien d’heures concrètement ? Les élèves pourront-ils participer à d’autres enseignements complémentaires ?

 

  • Que devient la DP3 ? Qu’est-ce que le Piiodmep ?

La DP3 est supprimée et remplacée par un parcours qui s’adressera à tous les élèves. Ce parcours, le Piiodmep, est inscrit dans la loi d’orientation. Il s’appuie sur les enseignements disciplinaires du tronc commun et trouvera des espaces pour développer des projets dans les modules des enseignements complémentaires.

Le SE-Unsa est favorable à la découverte du monde économique et professionnel et des enjeux de l’orientation pour tous les élèves. Les collègues qui se sont investis dans la DP3 doivent pouvoir le faire dans les enseignements complémentaires. Certains projets, comme les mini-entreprises, ne doivent pas être menacés par la nouvelle organisation du temps.

  • La réforme du collège concerne-t-elle les programmes ?

La réforme du collège est articulée à la refonte des programmes et du socle commun, à laquelle travaille le Conseil Supérieur des Programmes. Les décisions structurelles prises sur le collège doivent donc être en cohérence avec le nouveau socle commun.

Néanmoins, la réforme du collège touche plus à l’organisation des enseignements qu’à leur contenu. Exemple : faire commencer la LV2 en classe de 5ème au lieu de 4ème.

Le SE-Unsa veillera à la cohérence globale entre programmes, temps disponibles pour les réaliser, et organisation pédagogique. Il s’agit bien de sortir de la course aux programmes pour passer à une logique de construction progressive des apprentissages des élèves.

  • De quelle autonomie est-il question dans cette réforme ?

La réforme prévoit de consacrer 20% du temps d’enseignement à l’autonomie. Cette autonomie est néanmoins encadrée : ce sont d’une part des heures pour mener des projets interdisciplinaires dans des thématiques définies par le ministère et pour accompagner les élèves dans leur travail et leur parcours, d’autre part des marges d’heures-profs pour pouvoir travailler en groupe réduit. Le conseil pédagogique aura un rôle essentiel à jouer pour utiliser ces marges d’autonomie.

Le SE-Unsa souhaite que cette autonomie pédagogique soit renforcée, notamment les marges d’heures-profs, car les besoins de travail en groupes réduits sont importants.

 

  • Quelles seront les thématiques des enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI) ?

Le ministère envisage de créer 8 thématiques : développement durable; sciences et société; corps, santé et sécurité; information, communication, citoyenneté; culture et création artistiques; monde économique et professionnel; langues et culture de l’Antiquité; langues et cultures régionales et étrangères.

Le SE-Unsa souhaite que cette liste soit recomposée en 6 thématiques, de façon à ce que les élèves rencontrent réellement toutes les thématiques, de une à plusieurs fois, dans le cycle 4. Le SE-Unsa veillera aussi à ce que ces thématiques ne se transforment pas en options déguisées, s’adressent bien à tous les élèves, et portent sur des objets d’enseignement présents dans le socle commun.

 
  • Les enseignements pratiques interdisciplinaires, est-ce une nouvelle version des IDD ?

Les objectifs des enseignements sont proches des IDD, mais leur mise en œuvre ne sera pas la même et dépendra des choix effectués dans les collèges. Enfin une partie des heures de module seront consacrées à l’accompagnement des élèves, et non aux heures de projet interdisciplinaire. Voir « que sont les enseignements complémentaires ? ». Au contraire des IDD, les projets interdisciplinaires seront pris en compte pour l’attestation de la maîtrise du socle et donc pour le DNB.

 
  • Quand va se mettre en place la réforme du collège ?

La réforme du collège, avec la mise en place des nouveaux programmes, aura lieu à la rentrée 2016. Le ministère prévoit d’ici là consultation sur les nouveaux programmes du 8 avril au 22 mai. Les textes officiels (décrets) sont présentés au CSE du 12 mars pour le socle commun et du 9 avril pour la réforme du collège. L’année 2015-16 sera une année de formation et d’élaboration des projets pédagogiques dans les collèges.

 
  • Y-aura-t-il de nouvelles disciplines au collège ?

NON. Mis à part l’EMC créé par la loi, et assuré par les professeurs d’histoire-géographie en remplacement de l’éducation civique, il n’y a pas de nouveaux enseignements disciplinaires. Ce qui n’empêche pas l’introduction de nouveaux champs de connaissance, comme annoncé : l’algorithme, le codage, un EMI renforcé. Comme pour l’histoire des arts, toujours existant, ces « enseignements » sont intégrés aux disciplines existantes et pourront se développer dans les enseignments pratiques interdisciplinaires.

  • Pourquoi la classe de 6ème est-elle différente des autres niveaux ?

La classe de 6ème devient la troisième et dernière année du cycle 3 dit de consolidation. Elle se distingue des classes de 5ème-4ème-3ème (cycle 4, des approfondissements). Cette classe s’inscrit donc profondément dans une continuité renforcée entre école et collège. En 6ème, tous les élèves auront 3 heures d’accompagnement personnalisé (au lieu de 2 actuellement). Par contre, les enseignements pratiques interdisciplinaires n’y sont pas prévus.

Pour le SE-Unsa, s’il est nécessaire de répondre aux besoins et aux difficultés de manière particulière dès la classe de 6ème, la pédagogie de projet doit également y trouver sa place, car elle est source de motivation et d’engagement pour les élèves.

 

 
 
 
 
ALC