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Déconfinement phase 2, entre fantasme ministériel et réalité de terrain
Article publié le mardi 2 juin 2020.
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L’annonce le 28 mai de l’élargissement de l’accueil des élèves de collège et de la réouverture des lycées le 2 juin couplée aux propos du ministre dans les médias le lendemain montre un ministre de plus en plus en décalage avec ses personnels, ignorant (délibérément ?) les contraintes d’organisation du système éducatif, avec un discours tout entier pensé pour le grand public. Le résultat : pression et stress inutiles alors que le terrain fait au mieux…
 
Certes, les auditeurs avertis auront pu repérer quelques expressions traduisant une certaine prudence dans le discours du ministre (partiellement, progressivement…) mais ce que retiendront les personnels, c’est d’abord une annonce qui ne laisse en fait qu’un jour ouvré pour s’organiser. Bien sûr, comme c’est devenu une habitude, plus personne n’attend l’annonce officielle et tout le monde se prépare aux différents scénarios possibles pour être prêts le jour J. Néanmoins, dans de très nombreux établissements, les nouvelles organisations ne seront en place que le 8 juin. C’est normal mais cela nous vaut les reproches de parents qui, eux, ont bien entendu que la réouverture, c’est le 2 juin. Cette pression parentale s’exerce surtout sur les collèges et principalement sur ceux qui étaient précédemment en zone rouge, les autres accueillant déjà les plus jeunes élèves.
 
Si la règle est claire pour les collèges (ils rouvrent tous et doivent accueillir les élèves de tous les niveaux dans la limite imposée par le protocole sanitaire, ce qui peut se traduire par un accueil très limité de quelques demi-journées), la situation est différenciée dans les lycées. Pour ceux de la zone verte, c’est réouverture généralisée avec accueil d’au moins un niveau et rendez-vous individuels ou en petits groupes selon les besoins. Pour ceux de la zone orange, priorité aux lycées professionnels et pour les lycées généraux et technologiques, uniquement des convocations individuelles avec pour objectif que tous les lycéens soient reçus au moins une fois. Le SE-Unsa a milité avec sa fédération l’Unsa-Éducation pour une réouverture des lycées uniquement pour des publics ciblés sous la forme d’invitation à des rendez-vous individuels ou en tous petits groupes, principalement pour échanger sur les choix d’orientation (enseignements de spécialités, séries technologiques, spécialités professionnelles…), passer les certifications indispensables à certains diplômes professionnels et préparer les oraux de rattrapage. La demande de l’accueil d’un niveau n’a aucun sens, ni sanitaire (un niveau, ce peut être plus de 500 jeunes adultes regroupés), ni pédagogique. Mais, comme personne ne croit au retour massif des lycéens dans leurs établissements, l’annonce ne coûtait rien… Sans doute fallait-il que le ministre affiche son volontarisme alors qu’il était contraint, la mort dans l’âme et sous la pression de l’ensemble de la communauté éducative, à renoncer à l’oral de français ?
 
Dernière annonce fâcheuse du ministre : il faut retarder les conseils de classe le plus tard possible. Le ministre semble ignorer que les calendriers rectoraux de l’orientation ont été maintenus à l’identique et que de très nombreux conseils de classe ont déjà eu lieu ou sont programmés pour la semaine prochaine. Comment pourrait-il en être autrement quand il faut orienter et affecter les élèves pour pouvoir préparer la rentrée de septembre selon une procédure réglementaire stricte ? Certes, il reste quelques niveaux de collège où on pourra attendre après la mi-juin comme on le fait d’ailleurs tous les ans.
 
L’avis du SE-Unsa
 
Le SE-Unsa forme le souhait que le ministre se recale le plus vite possible avec les préoccupations réelles des personnels. Celles-ci concernent principalement la rentrée 2020. Comment seront adaptés les programmes pour permettre de répondre à une hétérogénéité renforcée par la crise sanitaire ? Quels moyens supplémentaires permettront d’accueillir dans les lycées professionnels les élèves décrochés sortis sans diplôme et tous ceux qui perdront leur contrat d’apprentissage du fait de la crise économique ? Les lycées auront-ils enfin les moyens de financer l’accompagnement personnalisé ? Monsieur le Ministre, nous attendons vos annonces avant les vacances.
 
 
 
 
ALC