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Rentrée 2019, quoi de neuf dans les écoles maternelles et élémentaires ?
Article publié le lundi 26 août 2019.
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Beaucoup de choses se mettent en place par cette rentrée scolaire 2019.

L'enseignement de la lecture, une affaire de professionnels:

Suite aux préconisations ministérielles concernant l’enseignement de la lecture, le SE-Unsa s’est associé à plusieurs syndicats d’enseignants et d’inspecteurs, des associations pédagogiques, l’AFEV, la ligue de l’enseignement et la FCPE pour dénoncer une vision de l’apprentissage de la lecture qui ne tient pas compte des connaissances établies par la recherche et nie la professionnalité des enseignants. La suite en cliquant ici.

 

Ce que les évaluations en début de 6e nous disent et ce qu’elles ne nous disent pas

La DEPP* nous livre une analyse des évaluations 2018 des performances en français et en mathématiques des élèves entrant en 6e. Ces évaluations, mises en œuvre depuis deux ans, peuvent avoir un intérêt pour orienter les politiques académiques mais elles n’ont finalement que peu d’intérêt pour les enseignants, bien que ce soit officiellement pour eux que ces évaluations sont réalisées. La suite en cliquant là.

 

Maternelle : la confiance aux équipes est attendue

La loi pour une École de la confiance, votée en juin 2019, entérine l’obligation d’instruction à partir de l’âge de trois ans. Ce qui était déjà inscrit dans la circulaire de rentrée parue au BO le 29 mai.
 
Environ 25000 élèves n’étaient pas scolarisés jusqu’à présent en maternelle, soit 3 % des enfants d’une classe d’âge, l’obligation d’instruction ne va donc pas bouleverser grand-chose. Cependant, jusqu’à présent, les collègues de maternelle pouvaient aménager les temps d’enseignement pour les élèves de trois ans assez facilement. Les directives portées par la circulaire de rentrée sont un peu contradictoires, en effet, pour l’accueil des 3 ans, des aménagements d’emploi du temps peuvent être autorisés quand les plus jeunes enfants ont encore besoin de dormir l’après-midi et, en même temps, l'exigence d'assiduité est affirmée pour tous les élèves durant les 24 heures d’enseignement.
On peut espérer que le pilotage local se fera en toute intelligence et que les IEN se montreront à l’écoute des équipes qui font au mieux pour les besoins des élèves.
 
Maryse Chrétien, la présidente de l’AGEEM rappelait, en juillet 2018, que la classe doit constituer un cadre rassurant et vivant, qui donne aux enfants envie de parler, que cela suppose "des espaces aménagés pour l'accueil des 2 et des 3 ans, pour la sieste et des toilettes dignes de ce nom, un·e ATSEM formé·e par classe et des formations communes avec les enseignant·e·s, la possibilité de faire appel aux RASED..." La circulaire de rentrée semble aller timidement dans ce sens mais les préconisations concernant la phonologie et le vocabulaire la font réagir : «  Travailler sur les sons, oui, bien sûr qu'il le faut, mais avec des comptines ; sur le vocabulaire, également, mais à l'occasion d'activités ». Le langage est déjà au cœur de la maternelle, insister ainsi sur le vocabulaire ne doit pas mener à des “leçons” coupées d’un contexte de communication réel.  
 
Le SE-Unsa note positivement le fait que la place accordée aux activités permettant de découvrir, de manipuler, d’expérimenter, de jouer, d’échanger, entre élèves et avec les adultes, soit réaffirmée ainsi que la consigne d’éviter au maximum l’évaluation et le travail sur fiches en maternelle. Mais il refuse la subordination à l’élémentaire que pourrait entretenir  l’exploitation des évaluations nationales CP.

 

 

Évaluations nationales CP/CE1 : Utilité et finalité discutables

La prochaine séquence d’évaluations CP/CE1 aura lieu du 16 au 28 septembre. Le portail de saisie sera ouvert du 16 septembre au 11 octobre et les enseignants recevront le guide des scores à partir du 8 octobre.
 
Alors que seulement 18 % des enseignants ont indiqué que ces évaluations leur avaient permis de déceler des difficultés qu’ils n’avaient pas déjà repérées, le ministre continue à affirmer qu’elles constituent des outils essentiels pour repérer et prévenir les difficultés d’apprentissage des élèves. Ce protocole lourd qui demande un investissement en temps des enseignants sans aucune contrepartie ne semble être utile que pour accompagner la communication et la politique ministérielles. Les seuils de réussite qui permettent de définir quel est le pourcentage d’élèves en échec étant définis plus de deux semaines après le début de la saisie des résultats nous montrent que le ministre peut leur faire dire ce qu’il veut et ainsi choisir quelles seront les compétences à travailler. De plus, le ministère ne nous a toujours pas communiqué les résultats détaillés de l’enquête que les enseignants ont rempli à la suite des passations de septembre 2018 et de janvier 2019.
 
L'avis du SE-Unsa
 
Les évaluations nationales CP/CE1 sont obligatoires sur instruction du ministre. Les enseignants, soumis aux pressions hiérarchiques, n’ont d’autre choix que de les mettre en œuvre. Cela ne les contraint pas pour autant à renoncer à une approche critique des résultats en les croisant avec d’autres indices prélevés dans leur classe. Quant aux choix didactiques et pédagogiques, ils relèvent bien de la responsabilité de l’enseignant. Aucune méthode officielle ne saurait être imposée à coup de circulaires, guides et autres vademecums. Pour rappel, l’enquête PIRLS de 2016 avait montré le côté néfaste des programmes de 2008 en matière de compréhension fine. Or, ce que propose le ministre se situe dans la continuité de son action d’alors : retour sur les fondamentaux, homogénéisation des pratiques, travaux sur la compréhension retardés, verticalité du pilotage. Il y a de bonnes raisons de s’inquiéter. Le SE-Unsa reste vigilant et saura évaluer lui aussi en temps voulu la politique ministérielle.

 

 

 
 
 
 
ALC