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Carte scolaire : le second degrĂ© au bord de la rupture
Article publié le jeudi 17 décembre 2020.
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Tandis que les effectifs ne cessent de croître dans le second degré, au collège et dans la voie professionnelle, le gouvernement fait le choix de refuser de répondre aux exigences d’un service public de qualité au nom d’une austérité budgétaire qui ne dit pas son nom. Avec ces suppressions de postes, le gouvernement refuse d’accompagner la croissance des effectifs en dégradant les conditions de scolarité des élèves, en surchargeant les classes, en accroissant la charge de travail des enseignants, en sacrifiant la voie professionnelle et en ignorant toujours et encore les invisibles des vies scolaires. Les décisions ont des conséquences, il faudra bien un jour les assumer.
 
 
Des classes surchargées au collège
 
La baisse cumulée des dotations, concentrée depuis plusieurs années au collège, malgré une préservation des moyens en éducation prioritaire entraîne une dégradation importante des conditions d’enseignement. Le collège appréhende au quotidien des cohortes d’élèves de plus en plus fragilisés socialement et scolairement.
 
Pour le SE-Unsa, faire réussir les élèves, prévenir les difficultés nécessite des moyens pour que la différenciation pédagogique ne soit pas un principe dépourvu de réalité.
 
 
Le rendez-vous manqué de la crise sanitaire
 
Au-delĂ  des grands discours, les enseignants du second degrĂ©, les PsyEN, les CPE et les AED ont compris, eux, les consĂ©quences de la crise sanitaire sur la scolaritĂ© de leurs Ă©lèves. Les efforts consentis par tous les personnels, s’ils ont permis de limiter la casse, n’ont pas pu compenser des conditions dĂ©gradĂ©es d’enseignement Ă  distance. La rĂ©alitĂ© est plus crue et plus dure que ne voudraient le faire croire les autosatisfecit du ministre. 
 
Des Ă©lèves ont dĂ©crochĂ©, d’autres ont Ă©tĂ© fragilisĂ©s, d’autres enfin ont Ă©tĂ© privĂ©s du temps de leur formation professionnelle : cette rĂ©alitĂ© est ignorĂ©e par l’exĂ©cutif.
 
 
La transformation de la voie professionnelle Ă  la dĂ©rive 
 
Dynamique interdisciplinaire, conditions de l’enseignement gĂ©nĂ©ral, conditions d’enseignement mises en Ĺ“uvre adaptĂ©es Ă  la dĂ©marche de projet pour que le chef d’œuvre prenne sens : toutes ces conditions indispensables ne seront pas rĂ©unies Ă  la rentrĂ©e 2021. La baisse des moyens assumĂ©e par le ministère rend prĂ©visible l’échec d’une rĂ©forme qu’il a lui-mĂŞme portĂ©e. 
 
Pour le SE-Unsa, pour transformer le rĂ©el, les mots ne suffisent pas. 
 
 
Une réforme du lycée et de la voie générale et technologique consommatrice de moyens au détriment de l’accompagnement des élèves
 
La nouvelle organisation du lycĂ©e gĂ©nĂ©rale et technologique consomme des moyens budgĂ©taires importants dans les Ă©tablissements. Les options devenues stratĂ©giques pour parcours sup dĂ©nature le projet initial au bĂ©nĂ©fice d’une logique concurrentielle et compĂ©titive avec pour principales victime les moyens d’accompagnement personnalisĂ©. Une fois de plus les plus fragiles sont ignorĂ©s. Qui sera pĂ©nalisĂ© par l’impossibilitĂ© de constituer des groupes allĂ©gĂ©s pour prĂ©parer la nouvelle Ă©preuve orale du bac ? La rĂ©ponse est inĂ©vitablement constante.
 
Pour le SE-Unsa, le lycée doit être le lieu où l’égalité des chances ne peut être sacrifiée sur l’autel de la rigueur budgétaire.
 
 
Les invisibles des Ă©tablissements
 
Enfin, il y a les invisibles, les CPE, les professeurs documentalistes, les AED, les psychologues de l’Éducation nationale. Leur rôle est fondamental, essentiel, qu’il s’agisse de l’éducation aux médias et à l’information, ou encore du suivi et de l’accompagnement des élèves. Pourtant, alors que près d’une centaine d’établissements n’ont même pas de postes de CPE, que l’accompagnement de la crise sanitaire a montré une fois de plus leur rôle essentiel, pas un seul emploi supplémentaire n’est prévu au budget malgré nos alertes et nos demandes.
 
Pour le SE-Unsa, le renforcement de la vie scolaire des établissements est une nécessité qui n’est pas à démontrer, l’intérêt pour la société toute entière d’intégrer de nombreux étudiants démunis par la crise aurait pu trouver des réponses en matière de dotations en emplois.
 
 
Et la prĂ©vention des risque psycho-sociaux on s’en occupe quand ?
 
L’augmentation des HSA que les enseignants du second degré devront absorber, les conditions de travail dégradées, avec de plus en plus de personnels exerçant sur plusieurs établissements l’impossibilité d’investir les collectifs de travail, la frustration de ne pouvoir répondre aux besoins des élèves, la surcharge de travail et l’épuisement professionnel ne sont plus des risques à venir mais une réalité des établissements du second degré.
 
Le SE-Unsa dénonce une attitude hypocrite où le ministère dessine des plans de prévention tout en asphyxiant scrupuleusement et méthodiquement les personnels.
 
 
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