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Etudiants Apprentis Professeurs en 2016...
Article publié le mardi 29 novembre 2016.
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Décrit et analysé dans notre article d’avril 2016, le dispositif EAP2 mis en place à la rentrée 2015, qui s’inscrit dans le plan national de développement de l’apprentissage dans la Fonction publique et qui vise à l’amélioration de la formation des futurs enseignants par une formation professionnalisante ainsi qu’à l’aide au recrutement dans les académies et les disciplines déficitaires, a été reconduit à la rentrée 2016.
 
Du mieux par rapport à 2015 mais une lisibilité et une homogénéité encore insuffisantes
 
Ce manque d’homogénéité se traduit d’abord dans les calendriers de recrutement : lorsque les candidatures sont à déposer avant le 20 avril 2016 à Bordeaux, elles le sont pour le 16 décembre prochain à Créteil.
 
Si une page dédiée du Ministère renvoie désormais vers les pages des rectorats censées informer sur les mises en place locales du dispositif EAP2, quelle n’est pas la surprise à chaque clic…. Seuls 18 liens sur 30 académies renvoient réellement sur une page EAP2 ; pour les autres, les liens sont erronés, amènent vers la page d’accueil du rectorat ou sur des pages non à jour.
 
Si les rectorats ayant dédié une page à la publication d’informations sur leur recrutement d’EAP2 sont plus nombreux qu’en 2015, seuls 4 rectorats publient leur nombre de contrats offerts (Limoges : 3, Paris : 80, Poitiers : 16, Strasbourg : 24) pour un total qui reste faible et loin des 1100 annoncés et on ne dispose d’aucun chiffre pour les 26 autres académies.
 
On note aussi que là où le recrutement est mis en place, les rôles partagés entre rectorat et université sont cette année mieux explicités : envoi de la candidature aux universités pour avis du responsable de la formation universitaire puis transfert de la candidature au rectorat pour une étude en commission académique. Mais ce fonctionnement bien que très répandu ne vaut pas règle générale.
 
De même, les personnes ou services référents des rectorats en charge du dossier EAP2 ainsi que leurs coordonnées sont davantage désignés et indiqués qu’en 2015.
 
Enfin, on remarque l’initiative de certains rectorats d’élargir le dispositif à d’autres disciplines que lettres, mathématiques, allemand ou anglais pour les recrutements dans le second degré (occitan et basque à Bordeaux, synergie et parcours scientifique pluridisciplinaire à Orléans-Tours, psychologie et Staps à Reims). On peut y voir une volonté de répondre aux commandes chiffrées ministérielles malgré des difficultés sur les 4 disciplines nationalement énoncées mais sans aucun doute aussi une adaptation aux besoins du terrain.
 
En revanche, comme nous l’avions constaté en 2015-2016, les données concernant le tutorat (désignation et rémunération) et la valorisation de l’expérience acquise par l’étudiant dans son parcours universitaire sont totalement tues.
 
NB : 2016 voit aussi la continuité du dispositif du Master 1 en alternance pour les EAP2 de Créteil et de la Guyane ainsi que son élargissement aux académies d’Amiens, Reims et Versailles.
 
 
Ce que nous dit le dernier rapport de l’Igen / IGAENR
 
Dans leur dernier rapport "La mise en place des ESPE au cours de l’année 2015-2016", publié le 10 novembre dernier, où ils mesurent les avancées sur l’organisation et le contenu du "tronc commun" des masters MEEF, l’Igen et IGAENR préconisent de renforcer le dispositif EAP2, et ce malgré un bilan en demi-teinte.
Pour les inspecteurs, les écueils de la première année de mise en place sont liés à un "calendrier contraint", combiné à des difficultés institutionnelles qui ne devraient pas se répéter après sensibilisation auprès des Direccte et de l’ARF, qui participent au dispositif d’apprentissage.
Les inspecteurs généraux estiment aussi que cette alternance "doit davantage être prise en compte par les responsabilités universitaires" qui n’ont "guère facilité l’aménagement de la scolarité". La préprofessionnalisation "reste encore timide" avec une offre de licences pluridisciplinaires "très restreinte".
L’Igen et l’IGAENR proposent de fractionner les 2 demi-journées en établissement, en 3 plages horaires. Car de leur côté, les étudiants sont satisfaits de cet "apprentissage progressif" où le tuteur est la "pièce maîtresse".
 
 
L’avis du SE-Unsa
 
À l’heure du bilan 2015-2016 du dispositif pour sa première année de mise en place, nous préconisions un suivi afin que ce dispositif d’accompagnement des étudiants vers les métiers de l’enseignement n’en reste pas, comme son prédécesseur, aux balbutiements.
Si nous constatons que des efforts ont été réalisés pour cette rentrée 2016, même de façon très disparate, ces derniers doivent être soutenus et renforcés. Les retours positifs des étudiants et de leurs tuteurs quant à une réelle piste d’amélioration de la préparation au métier ne peuvent souffrir d’autant de zones d'ombre laissant douter de la réelle volonté de croire en ce dispositif.
 
 
 
 
ALC