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Education : la prime des recteurs fait grincer des dents.
Article publié le lundi 3 janvier 2011.
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Par Amélie Gautier le 21 décembre 2010.
Pour la première fois cette année, les 30 recteurs vont recevoir une prime au mérite, modulable en fonction de la réalisation de leurs objectifs. Les syndicats n’apprécient pas.
Les traders ont leur bonus, les recteurs vont avoir leur "prime au mérite." Pour la première fois cette année, les 30 recteurs d’académie vont recevoir une gratification en fonction de la "réalisation des objectifs qui leur seront assignés", précise le texte publié au journal officiel.
 
La prime en elle-même n’est pas une nouveauté. Mais jusqu’à présent, elle était fixe : 19.000 euros. Aujourd’hui, elle est devenue modulable ; la part variable étant liée au résultat. Au total, un recteur pourra toucher jusqu’à 22 000 euros de gratification. Ni prime exceptionnelle, ni nouvelle indemnité mais un rattrapage par rapport à d’autres fonctions de la Fonction publique, explique le ministère de l’Education.

Rattrapage ou pas, la gratification fait sérieusement grincer des dents du côté des syndicats. Ainsi celles de Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU. Dans le Parisien, elle qualifie ce montant d’"indécent" alors que les enseignants attendent une relavorisation de leur salaire, promise notamment par Nicolas Sarkozy. Et qui ne vient pas. Aussi, pour elle, les critères d’octroi de cette prime sont trop flous. "Est-ce qu’elle sera attribuée à ceux qui auront bien appliqué la politique de suppression d’emplois de l’Education nationale, ou au contraire à ceux qui auront essayé de mettre en place des formations pour les enseignants", se demande-t-elle au micro d’Europe 1.

"Donner du cœur à l’ouvrage pour faire le sale boulot"

Dans la même veine, Christian Chevalier, secrétaire général du SE Unsa va même jusqu’à parler de "prime à la casse". Lui fait le lien avec la note interne du ministère envoyée en mai dernier aux recteurs. Dans le document, douze pistes pour supprimer des postes de 2011 à 2013, dans le cadre de la politique de non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. "16.000 postes vont être supprimés dans l’Education, explique le syndicaliste. Toutes les académies vont être touchées. Au fond, on va récompenser les recteurs qui vont faire beaucoup de zèle pour supprimer des postes là où il est difficile de le faire..." Pour Christian Chevalier, cette prime au mérite sert à donner du "cœur à l’ouvrage" aux recteurs à faire le "sale boulot".

Et de pérorer contre la politique de non remplacement d’un fonctionnaire sur deux. "Elle fait de vrais dégâts dans l’Ecole publique", martèle-t-il. Il cite le manque de formation des enseignants stagiaires, les inégalités scolaires toujours plus grandes, la suppression progressive des Rased, "là pour aider les élèves en grandes difficultés, les classes de plus en plus chargées..." Bref, d’un service public d’éducation "en train d’être cassé".

L’Education se mobilise le samedi 22 janvier
Un collectif représentant 25 organisations de l’éducation, dont les principaux syndicats enseignants, lycéens et étudiants, appellent à une "journée de mobilisation" dans toute la France le samedi 22 janvier pour protester contre les suppressions de postes de la rentrée 2011. "Le budget 2011 prévoit la suppression de 16.000 emplois et n’affiche d’autre ambition pour le système éducatif que la recherche d’économies à partir du dogme du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite", explique-t-il. "Pourtant, les effectifs d’élèves vont continuer d’augmenter et la part du PIB français destinée aux enseignements primaires et secondaires a diminué dans la période récente en passant de 4,5% en 1995 à 3,9% en 2006", affirme-t-il. Le collectif invite à "refuser les fermetures de classes (...), les suppressions de places en maternelle, la baisse des dotations des collèges et lycées, les réductions de postes et d’options, les hausses d’effectifs dans les classes", entre autres.
 
 
 
 
 
ALC