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RĂ©seaux d’éducation prioritaire, distribution des moyens, postes non-attractifs : Ce que dit le rapport Azema-Mathiot
Article publié le mercredi 13 novembre 2019.
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Le ministère de l’Éducation nationale a publié le 5 novembre les propositions de la mission conduite par Ariane Azema et Pierre Mathiot qui devait réfléchir à l’avenir de l’éducation prioritaire et aux politiques territoriales.
Si le SE-Unsa est satisfait que la politique d’éducation prioritaire lancée en 2014 avec les Rep+ ne soit pas remise en cause, le fait de laisser aux académies déterminer leurs priorités sociales inquiète le SE-Unsa.
 
RĂ©seaux d’éducation prioritaire : dĂ©shabiller Pierre pour habiller Paul ?
 
Le fait de distribuer entre les Ă©tablissements les moyens humains et financiers sur une logique progressive peut difficilement ĂŞtre combattu : nous sommes tous conscients des effets de seuil qui existent entre les Ă©tablissements qui font partie des rĂ©seaux d’éducation prioritaire et ceux qui n’en font pas partie.
Pour autant, le SE-Unsa s’oppose à la proposition faite de transformer les indemnités Rep en prime d’entrée pour tous les postes non-attractifs, au risque de déstabiliser les équipes.
 
La difficultĂ© de l’exercice dans le monde rural isolĂ© ou dans les petits bourgs ne justifie pas la dilution des moyens actuels de l’éducation prioritaire : des moyens supplĂ©mentaires sont nĂ©cessaires pour lutter contre les difficultĂ©s sociales et scolaires sur tous les territoires.
 
La possibilité donnée aux rectorats de moduler des bonifications de carrière pour les postes non-attractifs nous interroge aussi sur l’intégration actuelle du service en éducation prioritaire aux fonctions qui donnaient accès au vivier 1 de la classe exceptionnelle.
 
Enfin, proposer comme contrepartie de la 3ème tranche de revalorisation Rep+ la participation à des plans de formation sur le temps extra-scolaire est inacceptable pour le SE-Unsa, alors que la problématique des conditions de travail dans notre ministère, notamment dans les zones les plus sensibles, est au cœur de l’actualité.
 
Des propositions intéressantes, mais souvent insuffisantes
 
Certaines propositions du rapport Azema – Mathiot sont intĂ©ressantes : renforcer les politiques sociales des Ă©tablissements (alors que le budget ministĂ©riel prĂ©voit de les baisser de moitiĂ©), rendre l’internat quasiment gratuit pour certains boursiers, nĂ©gocier avec l’enseignement privĂ© pour que les moyens qu’ils reçoivent intègrent leurs objectifs de mixitĂ© sociale, par exemple.
 
D’autres restent insuffisantes : l’intĂ©gration des lycĂ©es Ă  l’éducation prioritaire ne peut se faire uniquement pour financer des indemnitĂ©s pour les personnels qui s’investissent dans les « cordĂ©es de la rĂ©ussite Â» qui, au-delĂ  de la polĂ©mique sur les premiers de cordĂ©e, semblent dĂ©risoire face aux situations très difficiles que vivent les ex-lycĂ©es ZEP, alors que la clause de sauvegarde arrive Ă  son terme. Le SE-Unsa rĂ©clame l’intĂ©gration des lycĂ©es Ă  la carte de l’éducation prioritaire.
 
PrioritĂ©s acadĂ©miques : Qui dĂ©cide ?
 
Les moyens académiques seraient distribuées en fonction de priorités locales déterminées par les rectorats avec les collectivités territoriales. Un cadre national très réduit est prévu (objectifs, priorité pour les postes non-attractifs).
Ce cadrage national est insuffisant pour le SE-Unsa, au risque d’avoir 30 mini ministères de l’éducation nationale qui mènent 30 politiques Ă©ducatives diffĂ©rentes. Que resterait-il de notre système Ă©ducatif ?
 
De plus, ces systèmes éducatifs locaux n’intègrent pas les représentants des usagers (parents, élèves), et des personnels (organisations syndicales) dans la définition des priorités.
Pour le SE-Unsa, c’est une vision inacceptable de la démocratie sociale.

 

 
 
 
 
 
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