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Enseignement professionnel : pour la droite ce n’est que l’apprentissage
Article publié le dimanche 3 septembre 2017.
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Enseignement professionnel : pour la droite ce n’est que l’apprentissage

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Christian Estrosi, avec le soutien de 80 dĂ©putĂ©s de droite, porte une proposition de loi sur l’enseignement professionnel. L’objectif est de confier Ă  la rĂ©gion le pilotage de l’ensemble de la formation professionnelle (scolaire et apprentissage) pour faire de l’apprentissage, in fine, la voie unique de formation professionnelle des mĂ©tiers de niveau bac et infra-bac (CAP, BEP…). Des centres d’apprentissage  professionnel rĂ©gionaux seront crĂ©Ă©s. Cela mettrait fin, selon eux, Ă  l’absence de lisibilitĂ© pour les Ă©lèves, les entreprises et au chĂ´mage des jeunes.

Ils estiment que l’on prépare mieux les jeunes au monde de l’entreprise en leur donnant une formation professionnelle le plus tôt possible. La proposition de loi permettrait donc aux élèves qui le souhaitent, de pouvoir commencer l’apprentissage dès quatorze ans. L’alternance s’organiserait ainsi : trois jours en entreprise et deux jours en classe, avec un jour d’enseignement général et un jour d’enseignement en lien avec l’apprentissage.
Il s’agirait, par ailleurs, de « libĂ©rer les apprentis et les chefs d’entreprises des carcans qui les restreignent Â». « L’apprenti doit ĂŞtre considĂ©rĂ© comme un salariĂ© et avoir les mĂŞmes conditions  de travail que celui-ci Â».

Pour le SE-Unsa c’est inacceptable en tout point. Cette vision est dogmatique et irréaliste.
Le modèle allemand de formation professionnelle est explicitement citĂ© et Ă©rigĂ© en idĂ©al. Ce système a une histoire très ancienne qui est fondĂ©e sur une très forte implication des entreprises, une orientation très prĂ©coce, une indĂ©pendance des länder (rĂ©gions).

Cette histoire, ce n’est pas la notre. Les plans massifs de développement se succèdent et le nombre d’apprentis n’augmente pas voire régresse sur les niveaux IV et V. Hormis dans certains secteurs, les entreprises n’ont pas cette culture et ne s’engagent pas dans ce type de formation. De plus, il n’est pas crédible de penser qu’elles seraient prêtes à accueillir (massivement) des jeunes de 14 ans.

Le SE-Unsa est opposĂ© Ă  :

  • une orientation dès 14 ans qui remettrait en cause l’acquisition du socle commun de compĂ©tences et de connaissances;
  • une modification du code du travail qui remettrait en cause la protection des mineurs;
  • Ă  un enseignement gĂ©nĂ©ral rĂ©duit Ă  la portion congrue.

Pour le SE-Unsa, les formations sous statut scolaire accueillent les jeunes sans discrimination et restent le meilleur moyen de qualifier l’ensemble des jeunes notamment au niveau V et IV.
La complémentarité scolaire/apprentissage est cependant une richesse de notre système de formation professionnelle.
Au delà des modes de formations, la croissance économique et la conjoncture, les stratégies de recrutement des entreprises ou le fonctionnement des marchés du travail sont plus que jamais des facteurs majeurs pour l’insertion globale des jeunes dans l’emploi.

Pour autant, la formation professionnelle en France souffre d’un déficit d’image contrairement à l’Allemagne. Combattre la hiérarchie des voies de formation, l’orientation par l’échec, valoriser la voie professionnelle est une nécessité absolue.

 

 
 
 
 
ALC