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RĂ©forme du lycĂ©e : le SE-Unsa se positionne !
Article publié le jeudi 29 mars 2018.
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UN NOUVEAU BACCALAUREAT (voir fiche 3 parcours en pièce jointe)

 

Pour 60% de la note :

 

·  Le français en fin de première avec l’écrit et l’oral (10%).

·  Les deux disciplines de spĂ©cialitĂ© par des Ă©preuves prĂ©vues en terminale au retour des vacances de printemps (2 x 16%).

·  La philosophie (8%) et une Épreuve finale orale (10%) Ă  la fin de l’annĂ©e de terminale.

 

La durée de cet oral est de 20 minutes (présentation de 10 Minutes puis réponses aux questions du jury composé de trois personnes pendant 10 minutes). Sa préparation commencera en première et remplace les TPE. Elle débute en groupe avant d’évoluer vers un travail personnel qui doit s’appuyer sur un projet.

 

Pour 40% de la note :

 

·  Le reste du tronc commun

 

Évalué en contrôle continu à partir de sujets nationaux. Pour chaque discipline, les copies seront anonymes et corrigées par un autre professeur de l’établissement. Les trois épreuves se tiendront en milieu, en fin d’année de première et au cours du 2nd trimestre de la terminale. L’enseignement scientifique et l’épreuve de spécialité abandonnée seront évalués en fin de première.

 

Les bulletins et les évaluations ponctuelles représentent un quart de cette part (10% de la note finale). C’est dans ce cadre que les enseignements facultatifs seront évalués.

 

Le projet du ministre suit globalement le rapport Mathiot en abandonnant les trois séries générales. De nouveaux programmes seront élaborés par le conseil supérieur des programmes pour les classes de première et de terminale à partir de septembre 2019. Les mentions et l’oral de rattrapage (deux épreuves sur les disciplines passées en épreuves terminales) sont maintenus.

 

ANALYSE DU PROJET DE REFORME

 

Sources de satisfaction 

 

Cette rĂ©forme constituait une base de travail intĂ©ressante, Ă  dĂ©velopper. Le ministre insiste par exemple sur la « dimension d’excellence Â» de ce nouveau lycĂ©e. L’idĂ©e de limiter le bachotage et de permettre, par des horaires plus importants, de donner plus de temps aux apprentissages en dĂ©veloppant les programmes doit ĂŞtre saluĂ©e.

 

Le but premier reste de bien se préparer pour réussir ensuite dans l’enseignement supérieur.

Sur l’examen, le ministre souligne que les épreuves finales sont beaucoup trop nombreuses, trop concentrées et ne récompensent pas assez les efforts réalisés dans la durée. Il s’agirait de simplifier l’examen et de mieux prendre en compte le travail des lycéens durant les trois années de lycée. Une bonne intention qui s’avère cependant difficile à appliquer pour le moment (voir fiche 3 parcours).

 

Le principal recul par rapport au rapport Mathiot concerne la structure annuelle : Il n’y aura pas de semestrialisation et donc pas d’annualisation des services : l’annĂ©e reste organisĂ©e en trimestres. Une bonne nouvelle pour les enseignants.

 

Sources d’inquiĂ©tude 

 

Le ministre annonce une rĂ©forme qui permettrait de faire des « dizaines de millions d’euros d’économie Â». Si le nombre de postes est rĂ©duit, on peut dĂ©jĂ  imaginer les effets sur le nombre ouvert aux prochains concours, dĂ©jĂ  en baisse cette annĂ©e. On peut Ă©videment se poser la question du maintien voire de l’existence d’un groupe très rĂ©duit en enseignement de spĂ©cialitĂ©. Cette rĂ©forme ne devrait pas servir de prĂ©texte pour rĂ©aliser des Ă©conomies. Le SE-Unsa considère qu’il est nĂ©cessaire de crĂ©er des postes dans les prochaines annĂ©es.

 

Inégalités entre élèves

 

On peut prĂ©voir des difficultĂ©s importantes pour le devenir des Ă©lèves. Le ministre explique que cette rĂ©forme permettra d’instaurer « plus d’égalitĂ© Â» mais cette dimension sociale est plus que discutable : les Ă©lèves dĂ©favorisĂ©s auront plus de mal pour choisir les bons parcours permettant ensuite de rĂ©ussir dans l’enseignement supĂ©rieur. Ce nouveau bac n’est en rĂ©alitĂ© pas moins complexe pour les Ă©lèves ne disposant pas des bons codes. La lutte contre les inĂ©galitĂ©s n’était d’ailleurs dĂ©jĂ  pas au centre du rapport Mathiot.

La question de l’orientation reste essentielle et n’est pas bien traitĂ©e dans ce projet. Il s’agit d’une dĂ©marche personnelle est sur le long terme. La prĂ©paration aux Ă©tudes supĂ©rieures est Ă  concevoir dans une logique bac -3 / bac + 3. Le point de dĂ©part du ministre est le suivant : « l’examen ne prĂ©pare pas assez efficacement aux Ă©tudes supĂ©rieures auxquelles il donne pourtant accès Â». Il reprend une statistique connue : 61% ne rĂ©ussissent pas dans la filière choisie alors que seulement 10% Ă©chouent lors du baccalaurĂ©at. Ou pour le dire autrement, on passe de 90% de rĂ©ussite Ă  moins de 40%. La rĂ©forme peut perdre en efficacitĂ© si elle consiste en une mise en cause de l’examen sans analyse des annĂ©es qui prĂ©cĂ©dent. L’objectif numĂ©ro 1 de cette rĂ©forme doit ĂŞtre de mieux prĂ©parer les Ă©lèves Ă  l’entrĂ©e dans l’enseignement supĂ©rieur.

 

L’aide au choix des spécialités sera donc fondamentale dans un lycée où les élèves prendront des décisions importantes et ayant un impact direct pour leur projet d’études supérieures. Cette réforme est liée à la logique instaurée par Parcoursup, le nouveau système d’affectation. Les conseils des enseignants et l’avis du conseil de classe doivent être ici davantage pris en compte. Les créneaux horaires consacrés à l’orientation sont les bienvenus et témoignent d’une prise en compte de cette question mais les salons et autres séances en salle informatique restent trop souvent une solution de facilité.

 

L’expression orale est un élément de distinction sociale important. Il est donc impératif que l’oral, constituant une épreuve en fin de terminale, soit bien préparé pour que chaque élève puisse réussir au mieux.

 

Inégalités entre établissements

 

La mise en œuvre efficace de cette réforme dépendra des moyens dont disposeront les lycées. La question numéro 1 est d’ailleurs celle de l’organisation dans les établissements. L’ambition et l’exigence réclamées dans le discours ministériel doit se traduire concrètement et permettre à chaque collègue de vraiment développer son enseignement, surtout si la discipline est dotée d’un horaire important. A ce titre, on peut espérer davantage de pluridisciplinarité et de moyens pour la mettre en place.

 

Le ministère doit donner la possibilité d’accéder à tous les enseignements de spécialité prévus par la réforme. Le ministre annonce qu’ils seront présents sur un même bassin géographique et prétend donner des moyens supplémentaires pour valoriser des lycées défavorisés et restaurer leur attractivité. Mais le risque est désormais de consacrer les inégalités entre établissements en proposant une offre différente selon le lycée.

 

 

L’inquiétude des disciplines scientifiques

 

Dans le tronc commun, l’Enseignement scientifique s’inspire du rapport Villani-Torossian pour mettre l’accent sur le « raisonnement scientifique Â» et « mettre en perspective les grandes rĂ©volutions scientifiques de notre temps Â». De fait, dans ce nouveau lycĂ©e, les Ă©lèves auront des cours de sciences durant les trois annĂ©es.

Cependant, les craintes et la colère des collègues enseignant en sciences sont tout Ă  fait lĂ©gitimes. Le contenu de cet enseignement Ă  crĂ©er reste encore très flou et bien Ă©videment un cours de sciences n’est pas comparable Ă  celui de « culture scientifique Â». Les moyens devraient donc ĂŞtre affectĂ©s dans les disciplines scientifiques dĂ©jĂ  existantes.

Pour vraiment approfondir ces enseignements, les lycĂ©ens devront sĂ©lectionner le parcours suivant, le plus scientifique possible : deux spĂ©cialitĂ©s scientifiques + un enseignement facultatif de mathĂ©matiques soit 30h30 par semaine de cours. Les disciplines scientifiques reprĂ©sentent dans ce cas 55% des heures de cours : Enseignement scientifique + deux spĂ©cialitĂ©s scientifiques + option mathĂ©matiques : 17h (2h + 12h + 3h).

 

Le discours du ministre insiste sur le renforcement des mathĂ©matiques en terminale mais l’absence de cette discipline dans le tronc commun reste un vrai problème : elle doit ĂŞtre au cĹ“ur de tout enseignement gĂ©nĂ©raliste. Sur un parcours marquĂ© par les mathĂ©matiques, on obtiendra un emploi du temps avec 9 heures de mathĂ©matiques en terminale (6 heures de spĂ©cialitĂ©s + 3 heures facultatives). Un point positif pour permettre aux lycĂ©ens de valider une formation de qualitĂ© et de haut niveau mais encore une fois, on observe une rĂ©elle difficultĂ© pour concilier exigence et enseignement au plus grand nombre. La France sait très bien former ses Ă©lites mais Ă  plus de mal Ă  dĂ©velopper le niveau global.

 

Pour terminer…

Il reste Ă  l’heure actuelle un certain nombre de points Ă  clarifier avant le mois de juin :

- Quels professeurs enseigneront et quelle part sera attribuĂ©e Ă  chaque enseignant dans les nouvelles disciplines comme HumanitĂ©s, littĂ©rature et philosophie, Enseignement scientifique, ou Histoire, gĂ©ographie, gĂ©opolitique et sciences politiques ?

- Quel sera le contenu des nouveaux enseignements ? Les nouveaux programmes ne seront connus qu'en dĂ©cembre 2018.

- Quelles seront les nouvelles Ă©preuves terminales et celles du contrĂ´le continu ?

- Combien d’heures seront allouĂ©es Ă  la prĂ©paration du grand oral en fin de terminale et qui composera le jury qui Ă©valuera le candidat ?

- Comment les Ă©tablissements gĂ©reront les disciplines du tronc commun après le passage des Ă©preuves en contrĂ´le continu ?


   Exemple de 3 parcours   
(112.9 ko)
   RĂ©partition heures en 1Ă   
(198 ko)
 
 
 
 
ALC