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Nouveau danger pour l’enseignement professionnel
Article publié le vendredi 26 janvier 2007.
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UN AUDIT DE MODERNISATION des ministères du Budget et de l’Éducation nationale demande plus de « souplesse à l’enseignement professionnel  ».
 
Ainsi, cet audit propose toute une batterie de mesures gestionnaires et pédagogiques. Pour les financer, les auditeurs préconisent un redéploiement de 7 000 à 8 500 ETP, des emplois non utilisés actuellement devant les élèves !
Le rapport « carte de l’enseignementprofessionnel et offres d’options dansles établissements professionnels  » (250 pages) donne, entre autres, lesinformations suivantes : 
- L’enseignement public et privé sous contrat a concerné à la rentrée 2004, plus de 700 000 élèves et représente un coût budgétaire d’environ 5,5 milliards d’euros. A la rentrée 2005, il existait au sein de l’éducation nationale, 465 diplômes professionnels de niveau V et IV dont 213 CAP, 35 BEP et 69 baccalauréats professionnels (ce dont se félicitent les inspecteurs). 
- - Le coût moyen d’un élève est de 10 490 €. Cependant, la mission souligne l’ampleur du nombre de jeunes sortant précocement du système éducatif sans diplôme. Elle relève également la faiblesse des poursuites d’études dans la voie professionnelle (seulement 28% des élèves entrés en 1re année de CAP ou BEP obtiendront leur baccalauréat). Par ailleurs, la mission souligne que le rapport c o û t / e f f i c a c i té n’ e s t p a s « satisfaisant  ». En effet, pour 100 places de formation financées, 50 à 70% des élèves seulement seront diplômés compte tenu des abandons, des échecs et du non-remplissage des classes. Les inspecteurs pensent que les diplômes professionnels et l’offre de formation doivent s’adapter au fur et à mesure aux besoins des jeunes et de l’économie.
-  - Les diplômes sont trop spécialisés notamment dans certaines branches professionnelles et la spécialisation n’est pas garante d’une bonne insertion professionnelle. La gestion centralisée, notamment celle des enseignants présente des coûts de nonutilisation de l’ensemble des moyens disponibles. 
- - La carte de l’enseignement n’est pas adaptée aux besoins des jeunes  : l’offre est inégalement répartie sur le territoire et ne permet pas toujours la poursuite d’études. La planification régionale doit permettre une carte des formations plus fluide. 
- - L’annualisation du service des enseignants serait l’obligation engendrée par la mise en place d’une formation modulaire pour s’adapter aux besoins des élèves ! L’autonomie des établissements serait renforcée. 
- - Le financement des propositions peut s’effectuer par redéploiement. La mission estime que 10 à 13% du potentiel d’enseignement pourraient être redéployés soit 7 000 à 8 500 ETP. 3 à 7% (2000 à 4500 ETP) de la ressource enseignant en LP ne sont pas utilisés. La mobilisation inégale des enseignants pendant les périodes de stage représente 4000 ETP soit près de 6% du potentiel d’enseignement. Quant aux écarts entre les dotations réelles des académies et leurs dotations théoriques, ils permettraient de redéployer 3 400 ETP. L’optimisation des capacités d’accueil, du taux de remplissage et du redoublement permettrait d’accueillir environ 20 à 25% d’élèves en plus. 
 
 
Projet de circulaire de rentrée 
La rénovation de la voie technologique se poursuivra en 2007 avec la rénovation de la série « sciences médicosociales  ». Cette rénovation continuera par la refonte des séries « Sciences et technologies industrielles – STI » et « Sciences et technologies de laboratoire – STL  ». Elle concernera également les séries « Hôtellerie  » ainsi que la série « Techniques de la musique et de la danse – TMD  ». Il est rappelé que tout lycée offrant une formation technologique a vocation à accueillir en classe de première des élèves titulaires du BEP. Par ailleurs, les recteurs poursuivront la labellisation des établissements. 
Quid de l’apprentissage public 
Concernant l’apprentissage, l’objectif d’augmenter le nombre d’apprentis en EPLE est toujours d’actualité. L’Éducation nationale y contribuera en affectant des moyens académiques aux formations par apprentissage, notamment sous forme d’emplois gagés ou non. Par ailleurs, (et c’est une inquiétude !) l’organisation de ces formations sera prise en charge par les enseignants des EPLE, auxquels peuvent être associés des enseignants de centres de formation d’apprentis gérés par d’autres organismes de formation professionnelle. 
Dans les Lycées Professionnels, l’inquiétude et la méfiance sont grandes vis à vis de l’apprentissage public. Il serait dangereux, en effet, que des formations en apprentissage soient mises en place alors que celles-ci existent déjà en formation initiale. Il semble pourtant que cela soit le cas dans certains établissements. D’autre part, les collègues s’interrogent sur « la manière  » dont il pourraient être « mis à contribution  » sur ce type de formation. Le contexte actuel renforce ce climat de méfiance. Pourtant, les lycées Professionnels doivent s’engager vers cette offre de formation. Il en va de leur avenir. Il faut effectivement être très vigilant sur la mise en place de l’apprentissage public dans les LP qui doit exister en parallèle avec d’autres formations et non en doublon. Les collègues doivent pouvoir exercer leur métier sans que leurs conditions de travail soient encore dégradées. 
Le SE-UNSA souhaite que l’apprentissage public soit une possibilité de formation complémentaire pour nos élèves, voire une passerelle vers d’autres pôles de formations. 
 
Cathia Bourgeois
 
 
 
 
 
 
ALC