Billet de mauvaise humeur : la parole qui fâche

| popularité : 1%
La crise que nous vivons oblige chacune et chacun à changer de posture. La porte-parole du gouvernement l’a visiblement oublié. En effet, à l’issue du conseil des ministres, répondant à une question sur la contradiction entre l’appel à rester chez toi et la demande d’aller soutenir les agriculteurs dans leur travail, elle a répondu : "Nous n'entendons pas demander à un enseignant qui aujourd'hui ne travaille pas, compte tenu de la fermeture des écoles, de traverser la France entière pour aller récolter des fraises gariguette". Sa petite phrase vécue comme une provocation a déclenché un tollé justifié.
Le SE-Unsa a immédiatement réagi lui rappelant que les enseignants, à distance, avec les moyens du bord,  travaillent bel et bien pour maintenir leurs élèves en situation de travail scolaire. Rapidement, elle s’est excusée et le ministre de l’Éducation nationale comme le président de la République ont dû monter au créneau pour saluer le travail des enseignants.

Parce que, face à la situation, il y a beaucoup mieux à faire, le SE-Unsa considère que l’incident politique est clos. Pour peu que les petites phrases aient eu un jour une quelconque utilité, ce n’est surtout pas le cas en ce moment où le gouvernement a plus que jamais la responsabilité de la cohésion du pays.
 
Stéphane Crochet
Secrétaire général du SE-Unsa