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Direction d’école : les revendications du SE-Unsa pour 2022
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Une première réunion sur la direction d’école a eu lieu le 21 juin dans le cadre de l’agenda social. Le SE-Unsa a envoyé une contribution au ministère pour que les propositions présentées soient retravaillées et améliorées avant le deuxième groupe de travail du 2 juillet.
 
 
Après la clĂ´ture du Grenelle de l’Éducation, une première rĂ©union sur la direction d’école a eu lieu le 21 juin (lire notre article : https://enseignants.se-unsa.org/Direction-d-ecole-quelles-perspectives-pour-la-rentree-2022). Le SE-Unsa a fait part de ses avis et demandes dans une contribution envoyĂ©e au ministère pour que les propositions prĂ©sentĂ©es soient retravaillĂ©es et amĂ©liorĂ©es avant le deuxième groupe de travail du 2 juillet.
 
 
1) Fonctionnement de l’école
 
Pour le SE-Unsa, les propositions sur la direction d’école doivent comporter deux volets complĂ©mentaires et indissociables : faciliter l’exercice de la fonction de directrice ou directeur, et amĂ©liorer le fonctionnement de l’école.
 
Le SE-Unsa trouve nĂ©cessaire de confirmer et de consolider les attributions des directrices et directeurs, mĂŞme si ces prĂ©rogatives sont dĂ©jĂ  inscrites dans le dĂ©cret n° 89-122 du 24 fĂ©vrier 1989 relatif aux directeurs d’école.
 
L’expĂ©rience de la crise sanitaire a dĂ©montrĂ© le sens des responsabilitĂ©s des directrices et directeurs, ainsi que l’autonomie dont ils ont besoin pour gĂ©rer au mieux leur Ă©tablissement dans l’intĂ©rĂŞt des Ă©lèves, des familles, et des personnels. Ils ont ainsi Ă©tĂ© amenĂ©s Ă  prendre des dĂ©cisions temporaires d’amĂ©nagement des horaires de leur Ă©cole pour Ă©viter le brassage des personnes par exemple. Il faudrait donc qu’en cas de situation d’état d’urgence (crise sanitaire, Vigipirate, catastrophe naturelle…), les directrices et directeurs puissent prendre toutes les dĂ©cisions qui s’imposent pour assurer le bon fonctionnement de leur Ă©cole.
 
 
2) Autonomie des Ă©quipes
 
Plusieurs pistes de travail sont de nature Ă  favoriser l’autonomie des Ă©quipes tout en reconnaissant l’expertise et la responsabilitĂ© des directrices et directeurs :
 
renforcer le conseil d’école comme levier de l’expression du pilotage par l’équipe autour de la directrice ou du directeur ;
> donner Ă  la directrice ou au directeur la dĂ©cision de maintien ou de passage anticipĂ© d’un Ă©lève en fin d’annĂ©e scolaire pour mettre en Ĺ“uvre la dĂ©cision du conseil de cycle sans avoir besoin de la validation systĂ©matique de l’IEN ;
> donner Ă  la directrice ou au directeur l’autonomie d’organisation des 108 h ;
> donner Ă  la directrice ou au directeur le pouvoir d’attribuer Ă  un professeur de son Ă©cole une mission spĂ©cifique liĂ©e Ă  un besoin local, lui permettant de percevoir une IMP (indemnitĂ© pour mission particulière). L’IEN doit avoir un regard sur cette dĂ©cision, et un bilan de la consommation des moyens doit ĂŞtre Ă©tabli en CTSD.
 
 
3) Autonomie budgétaire au service de l’autonomie pédagogique
 
Une autonomie accrue dans la gestion financière de l’école pourrait se faire avec l’accord des communes et la mise en Ĺ“uvre de rĂ©gies d’avance pour les fournitures, le fonctionnement, etc.
 
Le SE-Unsa pense que l’idĂ©e des rĂ©gies d’avance est Ă  approfondir car elle permettrait d’accorder Ă  l’école une autonomie budgĂ©taire au service de son autonomie pĂ©dagogique. NĂ©anmoins, il faudra en prĂ©ciser les contours en travaillant Ă  son fonctionnement rĂ©el, notamment sous la forme d’une instance de dĂ©cision. La responsabilitĂ© des dĂ©cisions prises et des actes rĂ©alisĂ©s par cette rĂ©gie d’avance ne saurait reposer seulement sur la directrice ou le directeur.
 
 
4) DĂ©charges
 
Alors que des consignes claires avaient Ă©tĂ© donnĂ©es nationalement Ă  ce sujet, les dĂ©charges des Ă©coles de 1 Ă  3 classes sont loin d’avoir Ă©tĂ© mises en Ĺ“uvre partout. Pour le SE-Unsa, il est nĂ©cessaire de s’assurer de leur effectivitĂ© et de leur rĂ©gularitĂ© dès la rentrĂ©e 2021.
 
Le SE-Unsa demande une programmation pluriannuelle des dĂ©charges. Afin d’éviter les effets de seuil, celle-ci doit ĂŞtre plus progressive que le schĂ©ma cible proposĂ© par le ministère. En partenariat avec d’autres organisations syndicales et associations de directrices et directeurs, le SE-Unsa propose une programmation pluriannuelle sur 5 ans, dĂ©jĂ  prĂ©sentĂ©e, qui est Ă  retrouver ci-dessous (et en PJ) : 
 
 
Le régime de décharges des écoles élémentaires et primaires doit être aligné sur celui des écoles maternelles.
 
Concernant les Ă©coles qui ne bĂ©nĂ©ficieraient pas d’une dĂ©charge totale (Ă  terme pour les Ă©coles de 7 Ă  10 classes), le SE-Unsa propose que les directrices et directeurs soient complètement dĂ©chargĂ©s de la responsabilitĂ© d’une classe, mais conservent, en complĂ©ment du temps octroyĂ© pour la direction d’école, une mission d’enseignement dans le cadre du projet d’école, sur le principe d’un maĂ®tre supplĂ©mentaire.
 
 
5) Revalorisation
 
Le SE-Unsa demande que les directrices et directeurs soient mieux reconnus financièrement par :
 
> une augmentation de la bonification indiciaire ;
> la crĂ©ation d’un groupe 4 Ă  9 classes, et celle d’un groupe supplĂ©mentaire 15 classes et plus pour la bonification indiciaire ;
> une indemnité de sujétions spéciales de 250 € mensuels minimum.
 
 
6) Mesures à améliorer
 
Plusieurs mesures dĂ©jĂ  mises en Ĺ“uvre Ă  la rentrĂ©e 2020 sont Ă  amĂ©liorer dès la rentrĂ©e 2021 :
 
> le rĂ´le des groupes dĂ©partementaux de directeurs ;
> la gĂ©nĂ©ralisation du rĂ©fĂ©rent direction, avec des moyens supplĂ©mentaires pour exercer cette mission ;
> la gestion des 108 heures dont la pleine responsabilitĂ© de la programmation et de la mise en Ĺ“uvre doit dĂ©pendre rĂ©ellement de la directrice ou du directeur avec les Ă©quipes pĂ©dagogiques ;
> l’effectivitĂ© des deux journĂ©es de formation minimum par an pour les directrices et directeurs ;
> la formation initiale avant prise de fonction et une formation continue rĂ©gulière, toutes deux devant ĂŞtre de qualitĂ©. Il est Ă©galement indispensable de veiller Ă  proposer des animations pĂ©dagogiques spĂ©cifiques Ă  la direction d’école.
L’inclusion scolaire doit ĂŞtre un des axes de ces formations car elle est devenue une part importante de la vie des Ă©coles.
 
 
7) Mesures Ă  proscrire
 
Le SE-Unsa rĂ©affirme son opposition aux postes Ă  profil. Associer le directeur d’école aux opĂ©rations du mouvement, sans visibilitĂ© rĂ©elle et globale, les mettrait en porte-Ă -faux et serait prĂ©judiciable au bon fonctionnement du collectif de travail.
 
Le SE-Unsa questionne la perspective d’une lettre de mission, et ne souhaite pas que cette possibilitĂ© en lien avec la direction d’école se traduise par davantage de postes Ă  profil.
 
Le SE-Unsa estime que la directrice ou le directeur ne doit pas donner son avis dans le cadre des PPCR des enseignants de l’école. Puisqu’il s’agit d’une Ă©valuation, cela doit rester du ressort de l’IEN.
 
 
8) Sujets Ă  ajouter
 
• Aide administrative
Une aide administrative est nĂ©cessaire pour aider les directrices et directeurs d’école dans l’exercice de leurs fonctions. Pour ĂŞtre une vĂ©ritable aide, cette assistance administrative doit ĂŞtre pĂ©renne et assurĂ©e par une personne formĂ©e.
 
• Chargé·es d’école
Actuellement, les personnels en charge d’une Ă©cole Ă  une classe ne sont pas reconnus comme des directrices et directeurs. Ils ne bĂ©nĂ©ficient pas de droit rĂ©glementaire Ă  la formation, ne sont pas inscrits sur la liste d’aptitude, et leur bonification indiciaire est infĂ©rieure Ă  celles des directrices et directeurs. Le SE-Unsa demande que cette distinction disparaisse, et que les dispositions rĂ©glementaires soient modifiĂ©es afin que ces personnels soient reconnus comme des directrices et directeurs d’école Ă  part entière. 
 
• Ă‰cole inclusive
L’École doit inventer les stratĂ©gies et les collaborations qui permettent Ă  chacun de trouver sa voie. Le SE-Unsa dĂ©fend un système Ă©ducatif bienveillant et stimulant vis-Ă -vis de chaque Ă©lève, quels que soient ses difficultĂ©s et ses besoins. Mais cela nĂ©cessite de former les personnels, de les doter d’outils pour actionner les leviers, les dispositifs et de lancer les partenariats leur permettant de mettre en Ĺ“uvre des pratiques adaptĂ©es. 
 
• Fonctionnement de l’école
Pour le SE-Unsa, la structuration de l’école doit Ă©voluer pour la rĂ©ussite des Ă©lèves et la sĂ©rĂ©nitĂ© des Ă©quipes pĂ©dagogiques. Face Ă  l’absence de statut juridique de l’école, il faut construire un statut d’établissement spĂ©cifique Ă  l’école primaire. Les responsabilitĂ©s seraient ainsi identifiĂ©es. Le SE-Unsa souhaite la crĂ©ation d’une fonction de directeur d’établissement public d’enseignement. Le lien de ce directeur envers les enseignants serait fonctionnel et non hiĂ©rarchique. L’enseignant, directeur de cet Ă©tablissement et dĂ©chargĂ© totalement, serait alors un interlocuteur institutionnellement reconnu. 
Cette transformation de l’école au statut non identifiĂ© vers un Ă©tablissement public d’enseignement ne peut se faire de façon uniforme et Ă  marche forcĂ©e. L’expĂ©rimentation sur la base du volontariat conjoint des collectivitĂ©s et des Ă©quipes est nĂ©cessaire.
 
 
 
 
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