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SE-UNSA 31


 Par SE031
 Le  mardi 9 juillet 2024

Après les législatives, la position de l’Unsa...

 

Après les législatives, 8 juillet 2024

Lire la position de l’Unsa :

Et maintenant, priorité au social !

Les résultats des législatives sont un soulagement et sont le fruit de tous ceux qui se sont mobilisés pour préserver notre cadre démocratique.

Mais ce soulagement a un goût amer. Jamais un parti d’extrême droite n’a été aussi proche du pouvoir, aussi puissant à l’Assemblée nationale et n’a autant imprégné la France de son goût pour la haine, le repli, le racisme et la violence, sur fond de revanche hideuse.

La responsabilité des démocrates et des républicains est immense.

Il appartient aux politiques de trouver une voie pour gouverner notre pays. Mais leur devoir est autant d’apaiser la France, que de dresser des perspectives sociales.

L’UNSA prendra sa part à sa place de syndicat, en portant des exigences pour de nouveaux conquis sociaux et un récit positif mettant au cœur l’ambition de l’égalité, de la justice, de l’écologie.
Les zones éloignées des « communs » et des « commodités » des grandes agglomérations ont massivement voté pour le RN.
Et si dans ces zones, le moteur du rejet des étrangers et du racisme est présent, c’est aussi par la peur de l’inconnu et les campagnes ignobles de certains groupes médiatiques et de stratégies de réseaux sociaux qui l’ont alimenté.

Il faudra s’en occuper absolument car on ne peut pas vivre ensemble durablement avec une partie importante de la population qui ne croit pas à l’égalité et à la fraternité humaine voire qui s’abime dans le racisme le plus crasse.

Mais ces zones des périphéries, ces zones des petites villes et des campagnes doivent en priorité bénéficier de tous les services publics, de l’accès aux soins de proximité et de qualité, d’une politique sociale puissante, de la sécurité, de schémas de transports adaptés et écologiques, d’un accès facilité à la culture...

Cela aidera aussi à faire reculer le sentiment d’abandon et facilitera donc notre tâche pour convaincre que l’on peut vivre ensemble en harmonie et dans la paix.

La bataille pour le social, l’écologie et la justice sociale est une urgence absolue. Elle sera déterminante pour faire reculer la haine et l’extrême droite et pour ouvrir des lendemains plus apaisés, plus justes, plus fraternels et, en somme, plus joyeux.


Après les législatives, 8 juillet 2024

Lire la déclaration de l’Unsa-éducation au :

CSA MEN du 10 juillet 2024

Monsieur le Président,

Cette réunion du CSAMen intervient dans un contexte particulier, après une période politique chaotique initiée par le Président de la République. Une période qui a menacé l’Ecole d’être confiée aux périlleux offices de l’extrême-droite.

Les corps intermédiaires dont nous sommes les représentants ont joué, pour la plupart, leur rôle et déployé leurs forces pour contrarier le projet mortifère de l’extrême-droite, un projet pour l’Ecole à rebours des besoins de notre Ecole.

 

Pour autant, ni notre société, ni notre école ne sont à l’abri dans les prochains mois. Les forces politiques républicaines ont une responsabilité essentielle qui leur incombe : entendre le message que les électeurs leur ont adressé et ne pas se fourvoyer dans des calculs politiques à court terme, se mettre en capacité d’apporter des réponses concrètes aux attentes légitimes de nos concitoyens, au nombre desquels les nombreux personnels de notre ministère.

Pour cela, des inflexions profondes sont incontournables.
Au niveau de la méthode, le gouvernement qui émergera de la nouvelle législature se doit de reconsidérer les partenaires sociaux comme des partenaires à part entière et d’abandonner le mépris arrogant qui leur a été imposé depuis plusieurs années.

L’année qui vient de s’écouler aura été une année blanche pour l’amélioration de notre système éducatif, une année noire pour les personnels une fois de plus brutalisés par des réformes successives, dont la dernière en date, la réforme dite « du choc des savoirs » ne fut en fait qu’une brutalité de plus, inconséquente pour les élèves et les personnels ignorés dans leurs attentes, méprisés dans leur volonté et leur éthique.

Le ministère aura été paralysé par, en moins d’un an, une succession de quatre ministres, un gouvernement incapable de rendre des arbitrages, et une pression toujours accrue pour imposer, imposer toujours et encore aux personnels, à tous les échelons de la hiérarchie de l’éducation nationale.
Cela a conduit au sentiment d’une perte de sens pour les personnels dans leur métier, un épuisement psychologique structurel des personnels, dans l’indifférence de l’employeur qui a poursuivi sa feuille de route, à de multiples reprises rapiécée, contre les personnels et l’Ecole.


Quant aux défis que doit relever notre système éducatif : attractivité, rémunérations, conditions de travail, moyens, la copie est blanche, désespérément blanche.
Seule exception, la réforme de la formation initiale pour laquelle un gouvernement aux abois et un ministère seront finalement revenus à la raison, sous la pression d’un contexte politique et de notre organisation pour obtenir des conditions de recrutement décentes à l’issue du concours.

Pour des raisons différentes, les responsables politiques amenés à gouverner se doivent de considérer la réalité des faits : l’éducation ne peut être un domaine que l’on néglige car cela représente un des plus grands risques d’appauvrissement pour la France.
L’éducation est le principal levier d’accroissement de la productivité dans les sociétés modernes et le ciment d’une société démocratique saine. Qui peut encore l’ignorer ? Sans réussite de l’Ecole, il n’y aura pas les moyens de produire les richesses indispensables pour répondre aux attentes de pouvoir d’achat de nos concitoyens.


Monsieur le Président, les personnels sont enfin en congés pour la plupart d’entre eux, mais ils sont surtout épuisés. L’UNSA Education exhorte le ministère et le gouvernement qui devrait prendre ses fonctions dans les prochaines semaines à se préoccuper de résoudre les problèmes, sans plus mettre en tension les personnels.

Réenchanter les promesses républicaines de l’Ecole est non seulement une nécessité, mais c’est à portée de politique, à condition de changer les logiciels.
 Il ne s’agit pas de réformer les structures en accroissant les tensions des acteurs, sans dépenser de sous, et en habillant le tout de communication. L’urgence, car il en est une, c’est de redonner du sens à l’Ecole et à ses acteurs.

L’UNSA Education sera intransigeante pour rappeler à nos gouvernants et au ministère que la situation actuelle les oblige.

 




Lundi 1er juillet,

Non, il ne faut pas essayer !
La gauche a l’honneur.

Le 30 juin, les résultats du premier tour des élections législatives ont été conformes aux prévisions et sondages.
La peur qu’ils génèrent n’a d’égal que la possibilité réelle d’une prise du pouvoir d’Etat par un parti d’extrême droite.

Après le deuxième tour, il est possible que le RN gouverne, qu’il décide pour 2025 du budget de la sécurité sociale (avec une baisse des cotisations qui va augmenter d’autant le « trou de la sécu ») et de celui de l’Etat (avec les suppressions de postes dans l’éducation, dans les hôpitaux…).
Il est possible que le RN définisse « l’aide » à l’Ukraine et la « lutte » contre le dérèglement climatique…

Nous pourrions continuer les exemples, avec leur programme pour l’Education et leurs lubies sur l’étranger, le métèque, le barbare qu’il ne faudrait pas considérer comme un humain égal aux autres…

*

Le deuxième tour offre donc un choix limité : le RN ou un autre candidat. L’Unsa a toujours montré son opposition au RN et à ses idées. Encore une fois, nous appelons à voter pour les autres candidats, à ne pas donner une seule voix à l’extrême droite.

Depuis les premiers résultats, tous les candidats de gauche se désistent pour empêcher l’élection de députés RN, ils défendent notre pays plutôt que leur siège.
Nous espérons que la droite finira par le faire aussi…

Il y a des moments de bascules qui sont difficilement réversibles, nous sommes prévenus, nous pouvons encore l’éviter. Votons.

Franck Calmels,
Secrétaire du SE-Unsa 31


Lundi 1er juillet

Communiqué de l’Unsa

Face au danger d’une majorité RN … un seul mot d’ordre : désistement républicain au profit du candidat arrivé en tête des « démocrates et républicains » et vote massif en sa faveur le 7 juillet.
Toute autre démarche est irresponsable.

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Lundi 1er juillet

Communiqué de l’Unsa-éducation

L’extrême droite se rapproche dangereusement du pouvoir, mais il est encore possible d’éviter la majorité absolue qui conférerait au Rassemblement National les clés de notre gouvernement.
Pour l’UNSA Éducation, un seul mot d’ordre : faire barrage au Rassemblement National, dont les propositions sont en totale contradiction avec les valeurs de solidarité et de progrès que nous défendons...

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CSA ministériel
du 27 juin 2024

Intervention d’Élisabeth ALLAIN-MORENO
pour l’UNSA Éducation

Mesdames et Messieurs,

Ce CSA ministériel se tient dans un contexte très particulier.

Cette phrase aurait pu débuter chaque CSAMEN depuis des mois maintenant, tant cette année que nous espérions meilleure que les précédentes s’est avérée être un vrai cauchemar.

Pourtant, nous sommes plus que jamais aujourd’hui dans une situation des plus cauchemardesques : face à une page blanche pour l’avenir de notre École et de notre société, tant le scénario à venir, pourtant déterminant, est impossible à écrire.
Cette page blanche c’est le président lui-même qui l’a imposée à tous les citoyens français, de façon brutale, inconséquente et à son habituelle manière de seul détenteur de vérité. Cependant, il ne tient pas le stylo et il est trop tard pour faire un reset de la progressive perte de repères qu’il a installée au sein de notre École et plus largement de toute la société.
Le président s’est contenté de lancer des dés sur le papier.

La plume est entre les mains de millions de Français divisés, inquiets, désorientés, de plus en plus socialement anéantis. Une belle affaire pour toute politique populiste.

A l’UNSA, nous réitérons notre opposition ferme à toute politique d’extrême droite et à toute arrivée au pouvoir du Rassemblement national.

Les candidats de ce parti incarnent la destruction de tout ce que la France a gagné en démocratie, droits et libertés durant des siècles.

Chacun de leurs propos sur l’École est une attaque du service public d’éducation. Chacun de leurs mots sur la jeunesse, sur nos enfants, nos élèves et nos jeunes signe l’arrêt de toute perspective positive et de tout projet choisi pour un très grand nombre d’entre eux, en particulier les plus fragiles. Chacun des mots sur les personnels ôte tout le sens de leur métier et de leur engagement au sein de l’École publique et laïque.

Mais inutile de leur faire trop d’honneur en développant davantage, leur absence d’ambition pour l’École bénéficie déjà bien trop de place sur la scène publique.

*

C’est donc plutôt un bilan d’une année chaotique que nous avons choisi de dresser en ce propos liminaire de CSAMen.

Si le fol enchainement d’annonces, d’incidents, de bouleversements… mais aussi de pilotes peut faire aisément perdre tout recul sur comment les choses se sont déroulées en seulement quelques mois, nous saisissons ce temps suspendu actuel pour regarder dans le rétroviseur.

Le contexte de la rentrée 2023 avait fait naître quelques espoirs pour les personnels que nous représentons : priorités mises sur l’attractivité (la crise semblait enfin reconnue à sa juste mesure) et sur le climat scolaire (avec une mise en lumière de la souffrance des personnels dans une période notamment sombre suite à l’assassinat de Dominique Bernard).

Or l’année s’est déroulée à rebours de ces priorités. Le choc des savoirs, légitimé publiquement par une analyse une fois de plus instrumentalisée des résultats PISA, a pris progressivement toute la place et tous les budgets.

Que reste-t-il des annonces d’un grand chantier sur le déroulé de carrière et sur les conditions de travail pourtant premiers freins à l’attractivité et responsables de la fuite des métiers ?

La sécurité et l’autorité, accompagnées de tous les superlatifs possibles justifiés par l’augmentation de faits violents dans nos écoles et nos établissements, là aussi instrumentalisés mais jamais questionnés correctement ou honnêtement, se sont substituées à la confiance dans le professionnalisme des équipes et aux moyens indispensables pour assurer un accompagnement des élèves et familles en rupture.

Que reste-t-il des annonces sur la formation des personnels en matière de laïcité ou encore sur l’augmentation de moyens en personnels dédiés à la prévention ou la prise en charge de la violence ?

Le SE-Unsa vient de rendre publique son enquête sur la formation à la laïcité des personnels enseignants, CPE, PsyEN voire AESH et AED, faute d’en avoir vu passer une de notre employeur, il en ressort deux choses cruciales : pas tous formés, pas tous égaux !

Et que dire d’un ministère qui continue de considérer que seuls ces personnels sont concernés par la maîtrise de ce principe fondamental de l’École publique ?

*

De nombreux sujets ont été balayés, ceux des personnels bien sûr mais ceux de la difficulté scolaire aussi : école inclusive, éducation prioritaire.

Parce que le traitement de la difficulté n’est pas et n’aura jamais été la préoccupation de ce gouvernement.

En résumé, on pourrait dire :

Qu’ont gagné les personnels cette année ? Rien

Qu’ont-ils perdu ? Beaucoup, beaucoup trop.

Qu’ont gagné nos élèves ? Rien 

Qu’ont-ils perdu ? Beaucoup, beaucoup trop.

Or lorsque l’Éducation perd, c’est toute la société qui recule et qui accroit son déficit de perspectives meilleures.

Aujourd’hui, au-delà d’un contexte politique très inquiétant, nous dressons le constat d’une École pour laquelle :

- la rentrée se prépare dans de très mauvaises conditions : des moyens qui ne sont pas au rendez-vous et des moyens mal fléchés

- aucune certitude que les récents textes travaillés aient le temps d’être publiés et d’entrer en vigueur (nous aurons l’occasion d’en parler lors des points à l’ODJ)

- la difficulté scolaire n’a trouvé aucune mesure adaptée

- l’attractivité est toujours en berne.

Il en résulte un état de dépit, de repli, mais surtout de perte de repères de la profession mais aussi des familles, soit un contexte sociétal propice à ne plus envisager du mieux, à avoir perdu espoir dans le collectif pour sortir des impasses.

Enfin, en cette fin d’année, l’UNSA Éducation tient à rendre hommage à tous les personnels qui ont traversé une année singulièrement désastreuse et leur rappeler qu’ils pourront toujours compter sur nous.
Quel que soit le scénario qui va se dessiner, nous serons là et ne lâcherons rien de ce que chaque personnel porte au quotidien pour toute une société lorsqu’il enseigne, éduque, accompagne, soigne, administre.
Face à la division semée, nous prendrons toujours notre place et assumerons notre responsabilité de garantir la cohésion essentielle à une société plus juste et plus solidaire.