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Nouveau CRPE 2022 : les compĂ©tences professionnelles Ă©touffĂ©es par les fondamentaux
Article publié le lundi 8 mars 2021.
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Les modalités

S’il y a peu de nouveautĂ©s pour les concours du second degrĂ©, en revanche, pour le CRPE, les candidats devront dĂ©sormais composer pour trois Ă©preuves d’admissibilitĂ© (contre deux auparavant) puis deux Ă©preuves d’admission avec la possibilitĂ© d’une Ă©preuve optionnelle de langue.

Le second concours interne du CRPE comporte le même nombre d’épreuves que le concours externe pour l’admissibilité et l’admission.

Voir les détails du nouveau CRPE

Le détail des épreuves
  • 3 Ă©preuves d’admissibilitĂ© 
  1. Une épreuve écrite disciplinaire en français
    DurĂ©e : 3 heures, coefficient 1

     
  2. Une épreuve écrite disciplinaire en mathématiques
    DurĂ©e : 3 heures, coefficient 1

     
  3. Une Ă©preuve dite d’application permettant d’apprĂ©cier la capacitĂ© du candidat Ă  proposer une dĂ©marche d’apprentissage progressive et cohĂ©rente. Le candidat aura Ă  choisir un sujet parmi trois domaines (Sciences et technologies, Histoire-gĂ©ographie-enseignement moral et civique ou Arts).
    DurĂ©e : 3 heures, coefficient 1

     
  • 2 ou 3 Ă©preuves d'admission
    1. Une première Ă©preuve orale intitulĂ©e leçon ayant pour objet la conception et la prĂ©sentation d’une sĂ©ance d’enseignement et permettant d’apprĂ©cier Ă  la fois la maĂ®trise disciplinaire (français et mathĂ©matiques) et la maĂ®trise de compĂ©tences pĂ©dagogiques. 15 minutes d’exposĂ© et 15 minutes d’entretien.
      DurĂ©e : 1 heure (avec prĂ©paration de 2 heures), coefficient 4

       
    2. Une deuxième Ă©preuve orale d’entretien en deux parties :

    - 30 min consacrées à l’EPS, la connaissance scientifique du développement et de la psychologie de l’enfant.

    - Puis 30 min,  commune Ă  tous les concours d’enseignement et d’éducation, consiste en une Ă©preuve d’entretien divisĂ©e en deux sĂ©quences :

    > Une première sĂ©quence de 15 minutes est consacrĂ©e Ă  la prĂ©sentation du candidat. Cette prĂ©sentation donne lieu Ă  un Ă©change avec le jury.

    > La deuxième sĂ©quence de l’épreuve, d’une durĂ©e de 20 minutes :  deux mises en situation professionnelle, l’une d’enseignement, la seconde en lien avec la vie scolaire : connaĂ®tre et faire connaĂ®tre les valeurs de la RĂ©publique et les exigences du Service public (droits et obligations du fonctionnaire dont la neutralitĂ©, lutte contre les discriminations et stĂ©rĂ©otypes, promotion de l’égalitĂ©, notamment entre les filles et les garçons, etc.)
     

    3. Une Ă©preuve optionnelle de langue Ă  choisir entre anglais, allemand, espagnol, italien. Seuls les points au-dessus de la moyenne sont pris en compte.
    DurĂ©e : 30 minutes (prĂ©paration 30 minutes)

L’avis du SE-Unsa

OĂą l’on retrouve la commande d’un ministre pour une rĂ©forme surtout centrĂ©e sur la formation des professeurs des Ă©coles, et en particulier sur leur maĂ®trise des fondamentaux ! 
 
Nous ne nions pas l’intĂ©rĂŞt de ce recentrage. Le problème reste que le ministre continue de confondre recentrage avec exclusivitĂ©. Il en rĂ©sulte un appauvrissement des Ă©preuves de français et de maths, aussi bien Ă©crites qu’orales. VidĂ©es de leurs enjeux didactiques, ces Ă©preuves se limitent Ă  un contrĂ´le du niveau des connaissances du candidat pour l’écrit, et Ă  l’établissement d’une doxa officielle en matière de lecture, Ă©criture, et mathĂ©matiques pour l’oral.
 
Que reste-t-il de l’engagement ministĂ©riel de 2019 de renforcer la dimension professionnalisante des concours de recrutement de l’enseignement ? De plus, pour les candidats qui n’auront pas choisi un master Meef, le dĂ©placement du concours en fin de M2 allongera de facto la dimension disciplinaire de la formation.
 
Or de toutes les difficultĂ©s rencontrĂ©es dans l’exercice du mĂ©tier, en particulier quand on dĂ©bute, est-ce la maĂ®trise des savoirs disciplinaires qui est la plus en cause ? L’aptitude Ă  se projeter dans le mĂ©tier, la motivation, la valorisation d’expĂ©riences antĂ©rieures qui nourrissent la pratique, ainsi que la connaissance de l’environnement professionnel dans lequel ils Ă©voluent tiennent-ils si peu de place dans le mĂ©tier d’enseignant et de CPE au XXIe siècle ?
 
Partant de ce constat l’introduction d’une Ă©preuve commune Ă  tous les concours est Ă  saluer. Certes pour les concours de l’enseignement c’est une nouveautĂ©, et il faudra notamment veiller Ă  la formation des jurys en la matière. Pourtant ce type d’épreuve fait partie intĂ©grante du concours de recrutement des CPE depuis dĂ©jĂ  de nombreuses annĂ©es, ainsi que nombreux autres concours de la Fonction publique. C’est un premier pas, certes timide vers la prise en compte de compĂ©tences utiles Ă  toutes les fonctions connexes Ă  l’enseignement.
 
Si l’épreuve d’admissibilitĂ© supplĂ©mentaire qui concerne d’autres domaines que les fondamentaux et qui est orientĂ©e didactique et pĂ©dagogie Ă  partir d’un dossier est intĂ©ressante, elle ne parviendra toutefois pas Ă  gommer les effets de ce recentrage. La maĂ®trise des fondamentaux chère au ministre risque ainsi de se faire sur le dos de la maĂ®trise des compĂ©tences professionnelles, de la polyvalence propre au mĂ©tier et donc de l’interdisciplinaritĂ©, un Ă©lĂ©ment pourtant structurant des apprentissages.
 
Pour le SE-Unsa, la rĂ©forme de la formation initiale, en l’état, Ă§a reste donc toujours non. L’objectif de professionnalisation n’y est dĂ©cidĂ©ment pas. Quand bien mĂŞme l’épreuve d’entretien a du sens, c’est un pansement sur la jambe très Ă©corchĂ©e par une rĂ©forme inutile, sans garantie de professionnalisation ni de revalorisation, de la formation initiale des enseignants et CPE.

 

 
 
 
 
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