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CAPD du 26 mai : déclaration CENSUREE du SE-UNSA 11
Article publié le jeudi 24 mai 2012.
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Cher(e)s collègues,

vous pourrez lire ci-dessous la déclaration du SE-UNSA. Le Directeur a censuré sa lecture.

Faites-vous une idée...

 

 

Monsieur le Directeur Académique,

Après 5 années de vampirisation de la fonction, l'omni président Sarkozy vient d'être renvoyé à sa vie de citoyen quasi ordinaire. Trop d'arrogance et d'excès d'assurance, de brutalités, de rodomontades et de coups de menton ont fini par affaiblir la fonction présidentielle et lasser nos concitoyens.


Une politique marquée par le sceau des inégalités avec toujours plus de protections pour les puissants et les riches et de dégradations sociales et d'efforts demandés aux plus humbles.


Dans les derniers jours de la campagne, l'adoption – valant validation – par le président sortant des thèses populistes, démagogiques et racistes de l'extrême droite ont eu raison du candidat de la France forte.


La victoire de François Hollande est nette, comme l'avait été cinq ans avant, celle de Nicolas Sarkozy.


Le contenu politique du changement promis sera connu après les élections législatives. Nous n'en dirons rien.


Le fait marquant de cette élection présidentielle est le score de Marine Le Pen au 1er tour, rassemblant 17,9% des suffrages, soit près de 6 millions de votants.


Ce score mérite d'être analysé car il nous concerne directement en tant qu'éducateurs.


Même si le FN se place dans la légalité républicaine, le FN n'est pas un parti comme les autres. Son projet politique reste toujours non-républicain : la discrimination ethnique, religieuse ou d'appartenance nationale est en opposition totale avec le concept républicain de citoyenneté. Et le lifting opéré par Marine Le Pen, cachant derrière le rideau catholiques traditionnalistes, anciens de l'OAS, néo-nazis et pétainistes, n'y change rien.


La plus basse manœuvre ayant consisté à travestir la nature de la laïcité pour en faire un lanceur d'anathèmes anti-musulmans.


La poussée du FN est quantitative mais aussi de nouveaux publics sont ainsi touchés. Son électeur moyen est assez jeune, sous-diplômé ou sans diplôme (29% sur ce critère), majoritairement employé (25%) ou ouvrier (35%). Pour être plus précis, il s'agit la plupart du temps, de titulaires de CDD, de chômeurs ou d'intérimaires, catégorie où ce parti politique atteint 38%.


Ces scores sont causés par la crise mais aussi par une politique sociale défaillante.
       - Affaiblissement ou disparition des services publics.
       - Echec de la formation (150 000 jeunes quittant le système éducatif sans qualification en France. Combien de centaines dans l'Aude?)
       - Absence de perspectives professionnelles.
       - Et bien sur le racisme.


En tant qu'organisation syndicale, nous avons une responsabilité pour que ces scores ne soient pas amplifiés, voire décisifs, lors de la prochaine échéance présidentielle.


En tant qu'éducateurs, enseignants de la nation – et pour nous de l'Aude en particulier- nous avons le devoir de faire reculer ce vote, symbole de l'échec de notre système éducatif prônant la réussite de tous dans l'unité et la solidarité.

Interrogeons nous sur ce vote extrémiste : toutes les études montrent que notre école est inégalitaire, que le déterminisme social est un principal élément de la réussite.


Une grande partie des jeunes nouveaux électeurs du Front National sont ceux que le système éducatif n'a pas réussi à intégrer, à former, à prendre en charge avec leurs difficultés.


Il faut dire que l'asphyxie budgétaire pratiquée par les précédents gouvernements n'a rien arrangé !


Pour le SE-UNSA, il faut refonder l'Ecole de la République. C'est une priorité politique, c'est une priorité économique et une priorité citoyenne. Nous ne pouvons que nous féliciter qu'un des premiers gestes du nouveau Président de la République ait été de rendre hommage à l'Ecole Publique Laïque à travers Jules Ferry.


Pour le SE-UNSA, cette refondation ne devra et ne pourra pas s'arrêter à la simple programmation budgétaire de 60 000 emplois dans l'Education Nationale. Leur création est certes incontournable, mais elle ne suffira pas à réduire la fracture scolaire. Travailler autrement, travailler mieux, pour les élèves comme pour leurs professeurs sera pour nous une exigence.


Le socle commun, qui consiste à donner à TOUS une valise remplie de savoirs, de savoirs être et de savoirs faire,  un viatique fait de connaissances et de compétences, doit se mettre en place. C'est une exigence démocratique.


Les tenants du statu quo de droite comme de gauche qui dénigrent le socle commun, veulent le remplacer par  une culture commune qui met la barre tellement haut, qu'elle ne profite qu'à une petite partie de la jeunesse, le plus souvent dorée…


L'exigence démocratique commence dans notre département par le respect du paritarisme. Nos commissions ont connu des tentatives de contournement et des décisions qui auraient dû être concertées l'ont finalement très peu été.


Pour le SE-UNSA, ceci ne doit pas se reproduire.


Notre rôle ne sera ni celui de la surenchère démagogique et systématique, ni celui du godillot docile et effacé. Nous serons, au SE-UNSA, dans le costume  qui a toujours été le nôtre, à savoir celui d'interlocuteurs crédibles, responsables et exigeants.


Fortement impacté par les suppressions massives connues par le département de l'Aude (4ème plus pauvre de France), le mouvement 2012 connaît une nombre record de demandes non-satisfaites (55%) et de maintiens (32%).


C'est une mauvaise nouvelle pour les enseignants audois. C'est une conséquence logique d'une politique d'abandon non seulement des élèves mais des agents de l'état. Si les enseignants demandent à muter c'est en grande partie pour des raisons financières (moins de déplacements, moins de garde d'enfants, moins de frais) car au niveau de l'augmentation de pouvoir d'achat promis en compensation des fermetures de postes le constat est rude : 12% de diminution du pouvoir d'achat en 10 ans soit une perte de 250€ pour un PE en milieu de carrière par rapport à son collègue d'il y a 10 ans, blocage de l'accès à la hors classe à un ratio ridicule de 2% - celui des inspecteurs est de 30% si nos renseignements sont bons-, quand au fameux GIPA -il vaut mieux expliquer qu'il s'agit du mécanisme de Garantie Individuelle du Pouvoir d'Achat- il n'a jamais rien garanti du tout.
Alors certes, on peut nous dire que ce qui est privilégié c'est la stabilité de l'équipe d'enseignants mais le quotidien impose souvent une demande de mutation.


Dans ces conditions difficiles nous saluons le travail de vos services qui, comme chaque année, ne ménagent ni leur peine, ni leur disponibilité pour que les enseignants de l'Aude puissent compter sur un mouvement juste, équitable et transparent.


Dès demain la phase d'ajustement du mouvement va commencer, nous espérons qu'elle permettra à tous ceux restés sans affectation -parfois depuis de longues années- d'obtenir le meilleur poste possible en faisant profiter les enfants audois de leurs capacités et de leurs diplômes.

 

 

 
 
 
 
ALC