SECTION ACADÉMIQUE SE-Unsa de TOULOUSE - 19 BD SILVIO TRENTIN - 31200 TOULOUSE
Tél. 05 61 14 72 72 - Por. 06 01 28 45 03 - [Mél.]

 
Collège : le projet de dĂ©cret Blanquer autorise le dĂ©tricotage de la rĂ©forme
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Quelles sont les principales dispositions ?
  • Les horaires des enseignements obligatoires sont maintenus Ă  l’identique (enseignements communs et enseignements complĂ©mentaires)
  • L’organisation des enseignements complĂ©mentaires n’est plus cadrĂ©e nationalement :
    • La rĂ©partition des 3 heures en 6e et des 4 heures en cycle 4 entre Accompagnement personnalisĂ© et Enseignements pratiques interdisciplinaires est laissĂ©e Ă  l’apprĂ©ciation des Ă©quipes.
    • Les Ă©lèves d’un mĂŞme niveau, voire d’une mĂŞme classe, pourront ne pas bĂ©nĂ©ficier de la mĂŞme rĂ©partition entre EPI et AP : par exemple, certains pourraient n’avoir que des EPI, d’autres que de l’AP.
    • Les 8 thĂ©matiques des EPI en lien avec les programmes disparaissent. La seule rĂ©fĂ©rence, c’est le lien avec les 4 parcours.
    • L’obligation d’au moins 6 EPI au cours du cycle 4 sur 6 thĂ©matiques diffĂ©rentes pour tous les Ă©lèves disparaĂ®t.
  • Le dĂ©cret ouvre la possibilitĂ© d’enseigner une discipline non linguistique en langue vivante Ă©trangère ou rĂ©gionale dès le collège, pour au maximum la moitiĂ© de l’horaire de la discipline concernĂ©e.
  • La dotation horaire supplĂ©mentaire (3 heures par division) est maintenue mais elle doit servir Ă  financer les enseignements facultatifs qui remplacent les Enseignements de ComplĂ©ment.
  • Les enseignements facultatifs proposĂ©s sont les suivants :
    • Les Langues et Cultures de l’AntiquitĂ© :1 heure en 5e, 3 heures maximum en 4e et 3e
    • La LV2 dès la 6e (sans condition de continuitĂ©) avec un horaire de 2 heures maxium
    • Une LV renforcĂ©e dès la 5e (2 heures maximum)
    • Les Langues et cultures rĂ©gionales : 1h en 6e maximum  et 2 heures au cycle 4 maximum
  • En tout, 22 heures pourront ĂŞtre ponctionnĂ©es sur la DHS dans un collège qui ouvrirait un groupe de chaque enseignement facultatif. Pour un collège de 16 divisions, cela reprĂ©sente 46% de sa DHS.
L’avis du SE-Unsa
 
Ces assouplissements vont à l’encontre à la fois de l’équité et de l’efficacité en rendant possible une quasi-restauration du collège d’avant 2016. Pourtant celui-ci avait fait la preuve de son incapacité à répondre au défi d’assurer à tous les élèves la maîtrise des compétences nécessaires à la poursuite de leur formation vers la qualification et l’insertion sociale et professionnelle.
Les deux grands principes de la réforme du collège - la réorientation d’une partie des moyens en faveur des plus fragiles et la garantie de l’accès de tous les élèves à des dispositifs pédagogiques variés, culturellement riches et stimulants, les conduisant à l’autonomie intellectuelle - pourront être remis en cause localement sans qu’aucune évaluation n’ait été mise en œuvre. De plus, les possibilités multipliées de différenciation par les enseignements facultatifs et par l’absence d’un cadre commun pour les enseignements complémentaires peuvent conduire à la mise en place de quasi-filières au sein des collèges.
L’annĂ©e scolaire 2016/2017 a Ă©tĂ© une annĂ©e Ă©prouvante pour les Ă©quipes dans les collèges : nouveaux programmes, nouvelles organisations, nouvelle Ă©valuation, la barque Ă©tait bien chargĂ©e. Les personnels ont fait preuve d’un engagement professionnel remarquable. Il n’est pas acceptable de leur laisser entendre que tout cet investissement Ă©tait inutile en rendant facultatifs les changements qu’ils ont entrepris.  L’effet yoyo est dĂ©sastreux, il nourrit le dĂ©couragement et l’attentisme.
La prĂ©paration de la rentrĂ©e 2017 est dĂ©jĂ  très avancĂ©e. Les choix qui ont Ă©tĂ© faits ne doivent pas ĂŞtre brutalement remis en cause au prix d’une dĂ©sorganisation des Ă©quipes et de consĂ©quences sur les services des enseignants. La dotation horaire supplĂ©mentaire doit ĂŞtre utilisĂ©e pour amĂ©liorer les conditions d’enseignement et d’apprentissage de tous les Ă©lèves, elle ne doit pas ĂŞtre confisquĂ©e au profit d’une minoritĂ©. Pour le SE-Unsa, l’ouverture Ă©ventuelle de nouveaux enseignements facultatifs - si tel est le choix de certains Ă©tablissements -  ne peut s’envisager  que par un complĂ©ment de dotation spĂ©cifique sur projet validĂ© par les instances rectorales.

 

 
 
 
 
 
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