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Inquiétudes concernant les CAP dans l’académie
Article publié le vendredi 17 décembre 2010.
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 Alors que les déclarations gouvernementales en faveur de l’apprentissage se multiplient , le SE-Unsa est inquiet du devenir des formations de niveau V sous statut scolaire dans l’académie. Inquiétudes renforcées à la lecture des documents préparatoires du CTPA du 17 décembre (10 fermetures sèches + 2 BEP CSS non remplacés par des Bac pro "sanitaire").

En effet, un récent rapport de l’IGAEN note que pour l’Académie de Rouen « l’objectif est de centrer le secteur scolaire sur la filière Bac Pro et de le désengager du niveau CAP ».

De plus, concernant l’évolution de la carte des formations, il est indiqué dans le document préparatoire au CAEN, que « conformément aux recommandations ministérielles, il est nécessaire de prendre en compte l’offre globale régionale (scolaire et apprentissage) de façon à rééquilibrer les poids respectifs des niveaux V et IV ». Il est ajouté « qu’il convient de réduire impérativement l’offre scolaire de niveau V afin d’atteindre l’objectif qui nous est assigné, à savoir l’amélioration du niveau de qualification ».

Le SE-Unsa constate que les objectifs avant tout recherchés sont à la fois budgétaires et idéologiques.

Budgétaires parce qu’il parait évident que les CAP sous statut scolaire seront utilisés comme variable d’ajustement du niveau V. Et cela n’est pas acceptable. Des formations de proximité vont de nouveau disparaitre et pénaliser beaucoup de jeunes déjà fragilisés.

Idéologiques car l’apprentissage va être outrageusement privilégié, apprentissage, qui, rappelons le, est majoritairement privé. Et de plus, pour le SE-Unsa, l’apprentissage n’est pas globalement la réponse à la difficulté d’insertion des jeunes dans l’emploi.

En effet, le développement récent de l’apprentissage ne s’adresse pas aux jeunes les plus en difficulté, ceux qui connaissent le plus de difficultés d’insertion mais se situe plutôt au niveau III, pour des jeunes possédant déjà un bon niveau scolaire et qui ne connaissent pas de difficultés majeures d’insertion. De plus, de nombreux jeunes sont confrontés, en particulier dans les spécialités de service, à des formes de discrimination qui rendent très difficile l’accès à un lieu d’apprentissage.

Et nous voyons bien qu’en période de crise ces formations ne sont pas pérennes car beaucoup de jeunes ne trouvent pas d’employeurs. Les politiques mises en œuvre ne peuvent donc se résumer à une promotion tout azimut de l’apprentissage.

Enfin, nous sommes pour le moins dubitatifs sur le fait que l’on puisse augmenter le niveau de qualification des jeunes en affaiblissant l’offre de premier niveau de qualification. Quoi qu’il en soit, cela aura pour conséquence d’aller à l’encontre d’un objectif de la rénovation de la voie professionnelle, à savoir la diminution du nombre de sorties sans qualification du système scolaire.

Pour toutes ces raisons, le SE-Unsa exige le maintien d’un service public de la formation professionnelle digne de ce nom avec le maintien du potentiel de formation de niveau V sous statut scolaire.

Le SE-UNSA est intervenu à ce propos lors des deux derniers CTPA (15 novembre et 17 décembre 2010) .

Par ailleurs, une demande d’audience auprès de Mr Le Vern, président de la région Haute Normandie, a été adressée afin de l’alerter sur cette situation.

 
 
 
 
ALC