SECTION ACADÉMIQUE SE-Unsa de DIJON - 6 BIS RUE PIERRE CURIE - 21000 DIJON
Tél. 03 80 55 50 36 - ac-dijon@se-unsa.org

 
RentrĂ©e : l’exĂ©cutif donne le « mauvais » ton
Article publié le jeudi 9 septembre 2021.
  • Lnk_facebook
  • Lnk_google
  • Lnk_twitter
Ă€ l’occasion de la rentrĂ©e scolaire, l’exĂ©cutif multiplie les allocutions. Pour le SE-Unsa, il donne le « mauvais Â» ton sur les questions d’éducation.
 
Alors que les difficultĂ©s du système Ă©ducatif sont identifiĂ©es depuis longtemps, le prĂ©sident et son ministre cumulent les annonces et sorties hors-sol sans montrer une quelconque volontĂ© d’action face aux inĂ©galitĂ©s sociales qui pĂ©nalisent continuellement la scolaritĂ© des enfants de la frange la plus fragile de la population et minent notre RĂ©publique. Ces inĂ©galitĂ©s sont entretenues par l’absence d’une politique ambitieuse de mixitĂ© Ă  l’école pour Ă©largir la base sociale de la rĂ©ussite scolaire et redonner sens Ă  la promesse dĂ©mocratique de l’École.
 
 
Acte 1 : la campagne laĂŻcitĂ©
 
La campagne d’affiches prĂ©sentĂ©es par le ministère de l’Éducation nationale est largement critiquĂ©e car elle confond laĂŻcitĂ© avec vivre-ensemble, coexistence et tolĂ©rance. Elle amène plus de contresens que de clartĂ© et donne une image de mixitĂ© qui n’existe pas dans de très nombreux Ă©tablissements. En revanche, aucune impulsion n’est donnĂ©e, ni pour lutter contre la sĂ©grĂ©gation scolaire, ni pour prĂ©parer la JournĂ©e de la laĂŻcitĂ© Ă  l’École du 9 dĂ©cembre. Un Ă©vĂ©nement qui prend tout son sens cette annĂ©e oĂą nous commĂ©morerons pour la première fois l’assassinat de Samuel Paty.
 
 
Acte 2 : l’allocation rentrĂ©e scolaire
 
Les propos hasardeux du ministre Blanquer sur l’utilisation de l’allocation de rentrée scolaire pour des achats d’écrans plats ont été contredits par les faits à plusieurs reprises. Malgré la tourmente médiatique subie par le locataire de la rue de Grenelle, le président de la République a surenchéri à l’occasion d’une allocution à Marseille, en précisant que nous serions ou aveugles ou naïfs de penser que la totalité des allocations servent à acheter des fournitures scolaires.
 
Le SE-Unsa regrette que, dans une société fatiguée par la crise sanitaire, dont l’impact est plus dur pour les publics fragiles, le président de la République et son ministre de l’Éducation nationale se perdent dans de tels errements injustes et stigmatisants.
 
 
Acte 3 : situation scolaire Ă  Marseille
 
Alors que des dizaines d’écoles sont insalubres dans la 2e ville de France et que les Ă©quipes et leurs Ă©lèves manquent de tout, le prĂ©sident n’a donnĂ© aucun chiffrage de l’aide qui serait apportĂ©e mais a annoncĂ© sa volontĂ© de crĂ©er 50 Ă©coles laboratoires oĂą les directeurs choisiraient leur Ă©quipe. Rien d’innovant dans cette vieille lune ressassĂ©e depuis des annĂ©es par des instituts libĂ©raux proches du pouvoir.
 
Le SE-Unsa rappelle que les enseignants et personnels Ă©ducatifs de Marseille ont montrĂ© leur engagement dans des conditions dĂ©plorables sans avoir Ă©tĂ© « choisis Â» pour cela. Les besoins sont connus : garantir Ă  chaque Ă©lève le droit d’être nourri, habillĂ©, soignĂ© et bĂ©nĂ©ficier d’un Ă©gal accès Ă  une Ă©ducation scolaire et pĂ©riscolaire de qualitĂ© dans des locaux dignes de l’École de la RĂ©publique.
Les réponses concrètes restent à apporter.
 
La rentrée scolaire aurait dû être l’occasion pour l’exécutif d’impulser une dynamique positive et sereine. Mais visiblement, il a plutôt décidé de partir en campagne en lançant des polémiques qui devraient parler à des électorats conservateurs ou libéraux sans se soucier des réponses concrètes à apporter aux besoins de l’École, des élèves et des personnels qui y sont pleinement engagés.

 

 
 
 
 
 
ALC