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RĂ©forme lycĂ©e GT : Des programmes de mathĂ©matiques peu rĂ©alistes
Article publié le vendredi 23 novembre 2018.
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On savait depuis le rapport Villani-Torossian que l’évolution des programmes de mathĂ©matiques dans le cadre de la rĂ©forme du lycĂ©e n’irait pas nĂ©cessairement vers les pĂ©dagogies actives. On est servi !
 
Les programmes de mathĂ©matiques de seconde GT et de spĂ©cialitĂ© de première gĂ©nĂ©rale ont Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©s aux organisations syndicales. Ceux de la spĂ©cialitĂ© de terminale seront discutĂ©s plus tard. Les mathĂ©matiques « sĂ©rieuses Â» sont de retour (sic) et les acquis des lycĂ©ens se feront Ă  coup d’entraĂ®nement pour « acquĂ©rir des automatismes Â», d’apprentissage de dĂ©monstration (faites par l’enseignant ?) et de devoirs faits Ă  la maison (avec ou sans cours particuliers ?). Les compĂ©tences Ă  acquĂ©rir ? Ce n’est pas le souci principal. Vive les connaissances et les capacitĂ©s attendues que l’enseignant reliera lui-mĂŞme… Ou pas.
 
 
En seconde
 
En seconde, le programme est destinĂ© Ă  tous les Ă©lèves entrant en seconde gĂ©nĂ©rale et technologique. Vu le mal que les professeurs de mathĂ©matiques ont pour boucler l’actuel programme sans perdre de nombreux Ă©lèves, on aurait pu s’attendre Ă  quelques allègements. Quelques notions ont effectivement disparues (relation de Chasles, gĂ©omĂ©trie dans l’espace, trigonomĂ©trie). Malheureusement, elles ont Ă©tĂ© remplacĂ©es par d’autres (arithmĂ©tique, valeur absolue, Ă©cart-type et pourcentage). Le programme est donc toujours aussi lourd et il sera toujours aussi difficile de le boucler avec tous… A moins que l’objectif ne soit de sĂ©lectionner pour la spĂ©cialitĂ© mathĂ©matiques ?
 
 
En première
 
En première, le ministre a pris le risque de ne pas inclure de mathĂ©matiques dans le tronc commun et elles sont très peu prĂ©sentes dans l’enseignement scientifique commun. Les Ă©lèves qui voudront donc poursuivre l’étude de cette discipline  nĂ©cessaire pour rĂ©ussir dans de nombreuses formations du supĂ©rieur, devront donc choisir la spĂ©cialitĂ© mathĂ©matiques en première Ă  moins de rejoindre la voie technologique.
 
On aurait donc pu s’attendre Ă  un programme accessible au plus grand nombre, au moins en première. Il n’en est rien. Vu l’horaire de quatre heures, le programme, s’il n’évolue pas, est lourd et technique. Il est, de fait, proche du programme actuel de première S qui mettait de nombreux Ă©lèves « scientifiques Â» en difficultĂ©. On y a ajoutĂ© des notions vues en terminale jusque lĂ  (fonction exponentielle). Les rĂ©dacteurs ont-ils voulu armer les Ă©lèves qui arrĂŞteront les mathĂ©matiques en terminale tout en poursuivant les spĂ©cialitĂ©s Physique-chimie et SVT ? Tout ceci n’est pas très raisonnable. La formation de l’élite mathĂ©matique (qui ne se porte pourtant pas si mal!) ne doit pas se faire au prix de l’exclusion de nombreux lycĂ©ens d’une culture mathĂ©matique indispensable Ă  leur poursuite d’étude et tout simplement Ă  l’exercice de leur citoyennetĂ©.

 

Les demandes du SE-Unsa
 
Le SE-Unsa a souligné les incohérences de la réforme quant à l'offre d'enseignement en mathématiques. Pour les compenser, le ministère crée deux enseignements facultatifs en terminale, maths expertes et maths complémentaires. Il est inacceptable que les problèmes engendrés par une réforme mal pensée soient résolus sur la marge d'autonomie des lycées alors que celle-ci doit servir à assurer les conditions d'enseignement permettant la réussite de tous les lycéens. Le SE-Unsa demandera un financement complémentaire. Quant aux programmes actuellement en discussion, ils doivent être sensiblement allégés pour être accessibles à tous les lycéens en seconde et première. Ce n'est qu'en terminale que le contenu du programme pourra être exclusivement conçu pour une orientation vers les filières scientifiques.

 

 
 
 
 
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