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RĂ©forme LycĂ©e GT : des programmes de SES Ă  retravailler
Article publié le jeudi 22 novembre 2018.
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Les projets de programmes de SES de seconde et première sont en ligne. Ils s’inscrivent dans la continuité des programmes de 2011 qui avaient marqué une rupture avec le projet original des SES. Critiqués pour leurs biais idéologiques, ces programmes, lourds et peu attractifs, doivent être retravaillés.
 
 
En classe de seconde
 
En classe de seconde, l’enseignement commun de SES est une dĂ©couverte pour tous les Ă©lèves. Est-il pertinent de dĂ©buter par une introduction hors-sol, très thĂ©orique sur les 3 disciplines qui composent les SES ?
 
Pourquoi avoir supprimĂ© le chapitre sur la consommation qui intĂ©resse les Ă©lèves et permet de montrer les apports des diffĂ©rentes disciplines dans un contexte concret ?
 
La question de science politique ne va pas plus loin que ce qui est fait en EMC. Est-elle alors pertinente ?
 
Quant aux regards croisĂ©s, ils ne portent que sur un seul objet : « Quelles relations entre le diplĂ´me, l’emploi et le salaire ? Â» et limite donc la comprĂ©hension du chĂ´mage Ă  une seule dimension, très individuelle alors que ce sera la seule approche qu’en auront tous les Ă©lèves qui ne choisiront pas la spĂ©cialitĂ© SES par la suite.
 
Enfin, on regrette l’absence de précisions dans l’écriture du programme sur le degré d’approfondissement avec lequel on doit traiter les questions posées.
 
Ce programme n’est pas pensé comme un support professionnel mais est écrit pour les élèves et les familles, nous a expliqué le co-président du groupe d’experts. C’est la seule discipline qui a raisonné en ces termes, ce qui montre le manque de travail transversal et de recherche de cohérence entre les groupes d’experts du Conseil supérieur des programmes.
 
 
Au cycle terminal
 
Au cycle terminal, les SES deviennent une spĂ©cialitĂ© que les Ă©lèves choisissent. Les programmes de première et de terminale doivent, pour le SE-Unsa, rĂ©pondre Ă  plusieurs objectifs : participer Ă  la formation intellectuelle et civique des Ă©lèves pour leur permettre de comprendre le monde et d’y agir ; les prĂ©parer Ă  une poursuite d’études dans l’enseignement supĂ©rieur dans des domaines qui s’avèrent très diversifiĂ©s comme l’a montrĂ© l’APSES dans leur argumentaire intitulĂ© « La place des SES dans l’offre de spĂ©cialitĂ©s en cycle terminal Â».
 
Le CSP ne nous propose que les programmes de première et renvoie aux programmes de terminale pour de très nombreuses questions qui ont été posées lors de la réunion avec les organisations syndicales.
 
Ainsi, la classe de première serait une classe propĂ©deutique Ă  la classe de terminale : on y travaillerait les fondamentaux de la micro-Ă©conomie qu’il faudrait impĂ©rativement maĂ®triser avant d’aborder la macro-Ă©conomie et le rĂ´le de l’état en terminale. C’est oublier que les lycĂ©ens peuvent choisir d’arrĂŞter les SES Ă  la fin de la classe de première.
 
La partie Ă©conomie, principalement focalisĂ©e sur le marchĂ©, apparaĂ®t comme inutilement « technique Â», listant des savoirs prĂ©sentĂ©s comme « Ă©tablis Â» plutĂ´t que des problĂ©matiques reprĂ©sentant les dĂ©bats scientifiques et dĂ©mocratiques en cours et permettant de donner du sens aux apprentissages.
 
Quant à la présentation des programmes, elle ne permet pas d’identifier les notions essentielles à maîtriser à l’issue de chaque chapitre et peut conduire à une lecture inflationniste des attendus.
 
Dans un programme très lourd au regard de l’horaire dévolu, on court le risque de voir les démarches didactiques et pédagogiques propres aux SES céder la place au cours magistral. L’absence d’information sur les modalités d’évaluation certificative ne fait qu’entretenir cette crainte.
 
En conclusion, le SE-Unsa demande que les programmes soient retravaillés de manière à en alléger les contenus pour permettre la mise en œuvre de démarches pédagogiques qui assurent aux élèves les conditions d’une véritable appropriation des grands débats économiques et sociaux qui traversent nos sociétés et d’un développement de leurs capacités à réfléchir et argumenter, capacités transversales sans doute plus utiles à la réussite dans l’enseignement supérieur que des connaissances techniques désincarnées.

 

 
 
 
 
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