SECTION ACADÉMIQUE SE-Unsa d'AIX MARSEILLE - 14 RUE ASTOUIN - 13002 MARSEILLE
Tél. 09 72 38 19 17 - ac-aix-marseille@se-unsa.org

 
EPS au lycĂ©e : les futurs programmes vus par le SE-Unsa
Article publié le mercredi 24 octobre 2018.
  • Lnk_facebook
  • Lnk_google
  • Lnk_twitter
Lundi 8 octobre, le Conseil supérieur des programmes (CSP) a auditionné le SE-Unsa dans le cadre des futurs programmes d’EPS au lycée (enseignement commun obligatoire et enseignement optionnel).
 
Pour rappel, dès le printemps 2018, le SE-Unsa avait demandé la création d’un enseignement de spécialité en EPS pour lequel il avait rédigé les orientations et obtenu de nombreux votes favorables en CSE (relire notre article).
En vue des nouveaux programmes d’EPS, le SE-Unsa s’était aussi prononcé sur les préconisations du CSP publiées le 7 mai (relire notre article).
 
Le SE-Unsa fait désormais part des projets des programmes d’EPS qui lui ont été présentés ainsi que de son positionnement.
Il sera reçu le 13 novembre par la DGESCO pour étudier le détail de ces programmes.
 
 
Finalité de l’EPS
 
La finalité de l’EPS sera de former, par la pratique physique, sportive, artistique, un lycéen épanoui et cultivé, capable de faire des choix éclairés pour s’engager et s’éprouver de façon régulière et pérenne dans un mode de vie actif et solidaire.
 
Dans cet esprit, les actuelles APSA deviendront les PPSA (Pratiques physiques, sportives, artistique) et les actuelles CP (Compétences propres) deviendront les ECT (Expériences corporelles typiques).
 
Le SE-Unsa partage l’ambition de ne pas faire pratiquer l’activité pour elle-même mais pour les enjeux que sa pratique permet de viser. La pratique doit bien être placée dans la réalité du quotidien de chaque élève futur citoyen afin qu’elle prenne du sens pour lui et qu’il en perçoive les intérêts.
Il regrette cependant un nouveau changement de vocable, non discuté au préalable, qui représente souvent une entrave à l’appropriation des nouvelles orientations par les enseignants.
 
 
Enseignement commun obligatoire
 
Si les 5 CP actuelles seront maintenues mais renommĂ©es en ECT, une nouvelle sera crĂ©Ă©e et s’intitulera « savoir se prĂ©parer et s’entrainer Ă  pratiquer seul et Ă  plusieurs ». Elle sera travaillĂ©e de façon transversale aux 5 autres de la 2nde Ă  la Terminale.
 
Sur le modèle des programmes du collège, la structure de ces nouveaux programmes du lycée sera spiralaire et non continue et linéaire.
En Seconde, les 3 cycles annuels seront dĂ©coupĂ©s en : une ECT 3 (danse contemporaine ou art du cirque) + une ECT 5 + une 3ème au choix parmi les 3 ECT restantes.
En Première, les 3 cycles annuels seront dĂ©coupĂ©s en : les 2 ECT qui n’ont pas Ă©tĂ© abordĂ©es en seconde + une de ces deux ECT doublĂ©e.
L’ECT 5 devra être programmée au moins une fois durant le cycle terminal.
 
Dans chaque ECT et pour chaque PPSA (liste nationale), les Attendus de fin de lycĂ©e (AFL) seront clairement formulĂ©s et des repères de progressivitĂ© pour aider Ă  construire les contenus d’enseignement seront Ă©galement prĂ©cisĂ©s.  
Les compétences seront déclinées en connaissances, capacités et attitudes.
Une liste académique de 5 PPSA maximum et une PPSA d’établissement seront possibles.
 
Le SE-Unsa note positivement :
  • le maintien des 5 CP (dĂ©sormais PPSA)
  • la place accordĂ©e dès la seconde aux activitĂ©s de pleine nature et de bien-ĂŞtre, soutenant une pratique accessible Ă  tous et toutes et dĂ©veloppant une logique de dĂ©passement de soi-mĂŞme, garante de confiance en soi et facteur de rĂ©ussite scolaire
  • la crĂ©ation d’une nouvelle ECT transversale et prĂ©sente sur les 3 niveaux visant Ă  rendre l’élève Ă  la fois autonome et initiateur et capable de mesurer son plaisir de pratiquer
  • le maintien d’une liste nationale, acadĂ©mique et locale permetant un accès Ă  des pratiques diversifiĂ©es, plus en lien avec les gouts actuels, et pouvant donc servir de support Ă  la pratique future
 
 
Enseignement optionnel
 
Se substituant aux enseignements d’exploration, facultatif et d’option et s’appuyant sur le dĂ©veloppement d’une culture corporelle par la dĂ©couverte de nouvelles PPSA, ce nouvel enseignement proposĂ© aux 3 niveaux du lycĂ©e visera :
  • la dĂ©couverte des mĂ©tiers du sport ainsi que les formations qui leur correspondent (classe de seconde)
  • la conduite et la rĂ©alisation d’un projet collectif rĂ©pondant au besoin d’apprendre Ă  travailler collectivement (classe de première)
  • la conduite d’une Ă©tude finalisĂ©e par le rendu d’un dossier individuel et une soutenance orale (classe de terminale)
 
Le SE-Unsa, très favorable Ă  la prĂ©sence d’un volet « dĂ©couverte des mĂ©tiers du sport Â» qu’il avait demandĂ©, s’interroge sur la place et la valorisation faites Ă  cet enseignement dans le parcours de l’élève et souhaiterait que les compĂ©tences acquises soient concrètement prises en compte dans l’orientation post-bac.
Par ailleurs, la conduite et la réalisation d’un projet collectif devra pour le SE-Unsa trouver sa place dans la vie de l’AS et ainsi permettre un vrai lien entre EPS et sport scolaire.
 
 
 
L’avis du SE-Unsa
 
Le SE-Unsa accueille plutôt positivement l’esprit de ces futurs programmes d’EPS.
Attribuer au lycée, en cohérence avec ce qui se fait déjà au collège, la mission de faire acquérir une culture et une méthodologie communes de la pratique sportive pour favoriser une poursuite de la pratique hors école et tout au long de la vie est l’objectif que le SE-Unsa a souhaité lors de l’annonce de la refonte des programmes.
Faire adhérer les lycéens par prise en compte de leurs aspirations, ne pas leur programmer des activités hors-sols, penser à leur pratique de demain sont autant de points d’appui que le SE-Unsa partage.
 
Mais si le SE-Unsa se retrouve pleinement dans les enjeux de développement, citoyenneté et bien être qui sous-tendent la construction de ces nouveaux programmes, il reste dubitatif sur la faisabilité de leur mise en œuvre en raison du temps réellement prévu pour l’enseignement de l’EPS au lycée.
 
Lors des concertations sur la réforme du lycée et du bac, le SE-Unsa avait déjà dénoncé le faible nombre d’heures d’EPS prévu pour l’enseignement commun obligatoire (il revendique 3h d’EPS hebdomadaire au lycée pour chaque niveau) et le refus de création d’un enseignement de spécialité.
 
Les grilles horaires des élèves ne sont certes pas extensibles et ces derniers doivent avant tout pratiquer en dehors de l’école, mais encore faut-il leur donner les moyens et l’envie de le faire.
Avec seulement 2 heures hebdomadaires, à un âge où le décrochage de la pratique sportive est le plus important, il est difficilement imaginable de pouvoir construire solidement une culture et une méthodologie communes.
Viser un égal accès de tous les élèves à une pratique réelle, diversifiée et sécurisée en dehors de l’école et tout au long de la vie exige à l’école une découverte suffisante des pratiques possibles, du bien-être recherché et des dangers à maîtriser.
 
Ensuite, l’enseignement de l’EPS n’ayant pu bĂ©nĂ©ficier d’une vraie spĂ©cialitĂ© au lycĂ©e, le SE-Unsa souhaite une rĂ©elle rĂ©flexion sur la place de l’EPS au sein de l’orientation de l’élève : quel lien avec les autres enseignements obligatoires et les autres spĂ©cialitĂ©s ? quelle place dans les deux heures d’orientation ?
 
Enfin, l’appréhension de ces nouveaux programmes comme des nouvelles orientations qu’ils prennent exigeront pour le SE-Unsa une vraie formation des enseignants d’EPS.

 

 
 
 
 
Cliquez pour agrandir