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Relation d’autorité et inclusion scolaire
Article publié le mercredi 5 avril 2017.
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obeissance

Jean Saulnier, CPE dans l’acadĂ©mie de Besançon, anime une formation sur la relation d’autoritĂ©, l’étude de la transgression et l’inclusion scolaire.

Pouvez-vous nous dire comment est nĂ© cette formation sur la relation d’autoritĂ© et l’inclusion scolaire ?

L’idée de cette formation est née d’un besoin ressenti par de jeunes enseignants dans mon établissement d’exercice.
Il y a maintenant quelques années, plusieurs professeurs rencontraient de sérieuses difficultés dans la gestion du groupe classe. L’établissement était situé en zone urbaine sensible et le public accueilli pouvait se révéler difficile à maitriser pour un jeune collègue.
Suite à des temps de concertation, j’ai proposé aux enseignants de constituer un groupe de travail autour de la gestion des élèves transgressifs.
Une vingtaine de collègues m’ont rejoint et durant deux années nous nous sommes attachés d’une part à définir ensemble la transgression et ses mécanismes et d’autre part à mettre en place des outils pour aider les collègues à gérer des situations de crise.
Pour cela, nous nous sommes inspirés du travail réalisé par l’ULIS. implantée dans notre collège et nous avons énormément réfléchi sur le principe de l’inclusion scolaire.

Une Ă©tude sur la transgression scolaire fait partie intĂ©grante de votre formation. Comment dĂ©finir ce concept ? Quelles sont les problĂ©matiques sous-jacentes ?

La transgression est un symptôme, sans aller plus loin dans l’analyse, on peut admettre que lorsqu’elle est répétée, elle témoigne d’un problème de fond chez l’élève concerné. Sans prise en compte de ce problème de fond, le travail mis en œuvre par l’enseignant sera sans effet.
Une fois ce principe accepté par l’ensemble des membres du groupe de travail, nous avons pu réfléchir sur la gestion au quotidien de ce type d’élèves.

Le travail fut alors axĂ© sur les problĂ©matiques suivantes :

  • Comment dĂ©tecter l’élève transgressif ?
  • Comment Ă©valuer la transgression sans se remettre en cause, sans une approche affective ?
  • Comment Ă©tudier les causes de cette transgression ?
  • Comment la gĂ©rer Ă  court terme, sur l’instant ?
  • Comment compenser ses effets dĂ©vastateurs sur la scolaritĂ© de l’élève transgressif ?
  • Comment intĂ©grer cet Ă©lève au groupe classe ?

Quels sont les publics visĂ©s par cette formation ? Quels en sont les principaux objectifs ? Quelles mĂ©thodes pĂ©dagogiques utilisez-vous ?

Dans la formation que je dispense aux candidats du CAPASH option F, ou aux M2 CPE, je reprends tout ce travail, je commence par une définition de la transgression et de ses mécanismes.
Le but Ă©tant de dĂ©dramatiser la gestion de ces Ă©lèves dits « compliquĂ©s Â», d’utiliser la capacitĂ© d’analyse des stagiaires pour diagnostiquer les failles Ă©ducatives chez l’élève transgressif, bref de rĂ©aliser un vrai travail d’enseignant ou de CPE mais cette fois-ci au service de l’élève perturbateur.
Il s’agit ici d’appliquer les recettes utilisées dans d’autres domaines (comme les dys par exemple).

La formation est enrichie d’exemples issus de l’expérience menée dans mon établissement et cette année d’une intervention d’un collègue Conseiller d’Orientation Psychologue qui s’attache à définir sous un aspect plus théorique la relation d’autorité et les différents aspects qu’elle revêt.

Suite à cette première partie assez descendante, un certain nombre d’outils sont présentés aux stagiaires et ils sont invités à réfléchir en groupe ou seul à un diagnostic sur un cas concret dans leur établissement. Nous accompagnons le stagiaire dans cette démarche, le but étant de trouver du sens dans cette analyse en faisant prendre suffisamment de recul au stagiaire dans l’appréhension de sa situation.

Pour conclure, quelles sont vos premières impressions sur l’impact de cette formation ?

Actuellement cette formation est, il me semble, plutôt bien perçue par les stagiaires. Le travail effectué est riche et permet à certain de sortir de cet isolement et de ce sentiment d’échec devant le comportement auto-destructeur de certains de nos élèves.

Crédit image : Le Chat de Philippe Geluck

 
 
 
 
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