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Année d’élection, populisme en éducation
Article publié le dimanche 18 septembre 2016.
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L’Education sera une fois de plus un enjeu important dans la campagne pour les élections présidentielles. Les différents candidats aux primaires de droite ou de gauche qui se sont déjà exprimés sur la question rivalisent de propositions simplistes et rétrogrades.

Tout le monde a été élève ou parent d’élève, donc tout le monde a un avis sur l’Ecole, les politiques en tête… Et bien sûr, ils ont des réponses simples aux questions complexes qui traversent l’Ecole. Réponse 100 % idéologiques et 0 % didactiques, pédagogiques ou éducatives. Ce faisant, ils contribuent à véhiculer dans l’opinion de fausses idées sur l’état de notre Ecole, sur les finalités de l’Education et sur les moyens de faire progresser les élèves.

Au lieu de rechercher un consensus sur les grandes lignes d’une politique éducative plus juste et plus efficace, consensus indispensable pour inscrire les évolutions nécessaires dans le temps long de l’Education, ils mettent toute leur énergie au service de la destruction de ce qui a été accompli précédemment en cherchant à cliver l’opinion. Démarche irresponsable dans un pays travaillé par de nombreuses forces centrifuges qui peine à unir ses citoyens.

Sans même mentionner l’extrême droite, la surenchère à droite est impressionnante. Reniant l’héritage des politiques éducatives de De Gaulle à Chirac, marquées par le souci d’ouvrir l’accès des études secondaires à tous les jeunes, les candidats multiplient les obstacles à surmonter, et les voies de dérivation pour ceux qui ont le malheur de ne pas y parvenir.

Quelques exemples : la crĂ©ation d’un CP+ dans lequel regrouper tous les Ă©lèves en difficultĂ© Ă  la fin du CP (Sarkozy), mobiliser le pays en faveur de l’apprentissage Ă  15 ans (Fillon), remplacer le collège unique par un collège diversifiĂ© dès la 5e (Le Maire), instituer un examen d’entrĂ©e en 6e (CopĂ©). Sans surprise, ce sont les enfants des familles populaires qui en seront les premières victimes alors que ce sont eux qui attendent le plus de l’Ecole et de la RĂ©publique.

Quant aux candidats dĂ©clarĂ©s Ă  gauche, ce n’est pas beaucoup mieux. MĂ©lenchon reviendra sur la rĂ©forme du collège et Montebourg en a assez qu’on « appauvrisse sans fin les programmes Â» et « qu’on baisse Ă  l’infini les exigences Â». Partout ou presque, c’est le discours du « c’était mieux avant Â» qui l’emporte. Peu importe que l’Ecole française soit celle qui consacre le plus d’heures dans l’OCDE Ă  l’apprentissage des fondamentaux, elle n’en fait jamais assez…

Bref, l’heure est à la nostalgie feinte du passé idéalisé plutôt qu’à la construction déterminée d’un avenir pour tous les jeunes de France. Bon courage à toutes celles et tous ceux qui font l’Ecole au jour le jour. Ils n’ont pas fini de souffrir en écoutant les candidats.

Claire Krepper

 
 
 
 
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