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4 propositions pour l’évaluation de l’école au collège
Article publié le vendredi 19 décembre 2014.
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    Les propositions du SE-Unsa s’inscrivent dans un contexte marquĂ© par deux Ă©volutions importantes pour la scolaritĂ© obligatoire, portĂ©es par la loi de Refondation (2013) :

  • un socle commun qui redĂ©finit des compĂ©tences Ă  maĂ®triser par tous les Ă©lèves,
  • une organisation de la scolaritĂ© obligatoire en cycles de 3 ans, assurant une continuitĂ© plus forte entre Ă©cole et collège.

Cette continuité et cette cohérence doivent être assurées également par une évaluation des élèves renouvelée, qui s’appuie sur des outils communs.

La communauté éducative a besoin de formes d’évaluation qui mesurent des apprentissages approfondis et durables, qui tiennent compte du fait que les élèves bénéficient de trois ans pour développer les compétences au niveau attendu en fin de cycle. L’évaluation ne peut pas se limiter à mesurer des acquis à un moment donné. Elle doit permettre à chaque élève de se situer dans une progression. La validation finale de l’acquisition du socle commun doit reposer sur l’évaluation des compétences développées tout au long de la scolarité obligatoire et être attestée par un diplôme du Brevet redéfini.

Les formes traditionnelles de l’évaluation (notes chiffrées et moyennes) - en phase avec une logique de tri - s’avèrent inadaptées dans un système éducatif qui se fixe comme objectifs l’acquisition du socle commun par l’ensemble d’une classe d’âge et aucune sortie du système éducatif sans diplôme. En effet, elles sont porteuses d’échecs et de réussites abusives, ne renseignent pas précisément sur les connaissances et compétences acquises, et ne facilitent pas la persévérance scolaire.

 

Les quatre propositions suivantes visent à mettre en place une évaluation qui soit réellement au service des apprentissages et de la réussite de tous les élèves. Nous porterons ces propositions dans le cadre de la conférence nationale sur l’évaluation.

 

Les 4 propositions du SE-Unsa

 

  1. Les équipes pédagogiques disposent d’outils d’évaluation et de suivi communs
  • Des rĂ©fĂ©rentiels de compĂ©tences comprenant des attendus de fin de cycle, et des Ă©chelles descriptives des niveaux de maĂ®trise des compĂ©tences du socle. Les Ă©chelles prĂ©sentent au minimum 6 niveaux, de manière Ă  positionner les Ă©lèves dans une progression. Un ou deux niveaux se situent au-delĂ  du niveau seuil et permettent de valider des niveaux de maĂ®trise avancĂ©s ou remarquables,
  • Des banques de situations d’évaluation nationales et acadĂ©miques : elles combinent les ressources Ă  mobiliser en relation avec les Ă©chelles de compĂ©tences. Elles proposent aux Ă©quipes pĂ©dagogiques des situations intĂ©gratives et des tâches complexes. Les Ă©quipes pĂ©dagogiques peuvent Ă©galement produire par elles-mĂŞmes de telles ressources.
  • Un outil numĂ©rique national de positionnement de chaque Ă©lève rempli obligatoirement en fin de cycle et renseignable au fil des acquisitions constatĂ©es des Ă©lèves. Ces informations prennent place dans le livret scolaire de l’élève.

L’ensemble de ces outils permet dévaluer l’acquisition progressive du socle commun, en définissant une “référence” commune qui garantit des exigences partagées sur l’ensemble du territoire. Ils nécessitent une didactisation des compétences qui permet de sortir d’une logique d’évaluation binaire (oui/non) ou ternaire (A, EA, NA) des compétences, en décrivant de manière précise des niveaux de maîtrise progressifs.

 

  1. L’évaluation est un processus programmé et partagé
  • L’approche par compĂ©tences et l’organisation en cycles conduisent Ă  mettre en place une Ă©valuation partagĂ©e entre plusieurs enseignants (ceux du cycle ou ceux qui prennent en charge le dĂ©veloppement d’une compĂ©tence).
  • Les  parcours d’apprentissage (enseignements complĂ©mentaires) mis en place au long du cycle 4 sont Ă©valuĂ©s en interdisciplinaritĂ©.
  • Les temps de travail en Ă©quipe sont adaptĂ©s en consĂ©quence. Ils sont consacrĂ©s en premier lieu Ă  la programmation collective des situations d’apprentissages et d’évaluations. Ce travail fondamental facilite l’évaluation partagĂ©e et le positionnement des Ă©lèves. Les conseils de cycles, les conseils de classe, les conseils pĂ©dagogiques et les conseils Ă©coles-collège sont les instances Ă  mobiliser pour ce travail.

 

3. Les équipes rendent régulièrement compte aux familles de la progression de leur enfant

  • Les Ă©quipes fournissent un bilan obligatoire Ă  la fin de chaque cycle, utilisant les rĂ©fĂ©rentiels.
  • Elles procèdent Ă  des bilans intermĂ©diaires Ă  la fin de chaque trimestre, eux aussi fondĂ©s sur les rĂ©fĂ©rentiels. Ces bilans sont l’occasion d’échanges avec les parents sur le cheminement et les apprentissages individuels des Ă©lèves. Ils ne sont pas nĂ©cessairement exhaustifs mais soulignent des Ă©lĂ©ments marquants.
  • Les entretiens avec la famille permettent d’échanger et de partager des constats sur la scolaritĂ© de l’élève. Ils doivent permettre de dĂ©finir des objectifs qui seront poursuivis en commun pour faire progresser l’élève.
  • Les bulletins trimestriels traditionnels sont donc Ă  revoir. Il faut communiquer aux familles non pas des moyennes avec leurs commentaires, mais un bulletin indiquant ce qui a Ă©tĂ© travaillĂ© dans le trimestre, les rĂ©ussites de l'Ă©lève, les difficultĂ©s rencontrĂ©es. Cela signifie explicitement la disparition des moyennes disciplinaires et gĂ©nĂ©rales, mais pas forcĂ©ment de toute forme d’évaluation chiffrĂ©e.

 

  1. Le DNB devient le Brevet du Socle Commun
  • Il atteste de la maĂ®trise par l’élève des compĂ©tences du socle commun au niveau seuil. Au cas oĂą l’élève ne maĂ®trise pas toutes les compĂ©tences du socle, une attestation partielle peut lui ĂŞtre dĂ©livrĂ©e. Il pourra ensuite poursuivre sa formation et valider la totalitĂ© des compĂ©tences du socle commun.
  • Le Brevet du Socle Commun est dĂ©livrĂ© par le Conseil de Classe au vu d’un ensemble de preuves tĂ©moignant des acquisitions de l’élève au cours de son parcours de formation.   

Son obtention s’appuie sur :

  • le suivi des compĂ©tences du socle commun acquises au cours du cycle.
  • des Ă©preuves interdisciplinaires au cours de l’annĂ©e de 3ème, en nombre limitĂ©, respectant un cadre national, donnant lieu Ă  des productions variĂ©es (exposĂ©s, prĂ©sentations orales, rapports, reprĂ©sentations, communications numĂ©riques, actions diverses au sein des collèges…).
  • La validation finale repose sur une mise en oeuvre au niveau local et un cadrage national pour l’évaluation (les rĂ©fĂ©rentiels, les banques, quelques Ă©preuves interdisciplinaires au choix). Le SE-Unsa souhaite que le diplĂ´me national du socle commun soit remis aux Ă©lèves en fin d’annĂ©e scolaire, avant qu’ils quittent le collège et passent de la scolaritĂ© commune Ă  la scolaritĂ© diffĂ©renciĂ©e.

 

Le socle commun doit avoir l’épaisseur du temps de la scolarité commune. Il ne faut donc pas seulement garantir une acquisition à la fin de cette scolarité commune, mais garantir des temps et des situations d’apprentissage nombreuses, cohérentes, riches de sens, progressives, qui permettent aux élèves de construire les compétences indispensables à leur poursuite d’études, à leur insertion professionnelle et sociale, à leur épanouissement personnel.

 

 
 
 
 
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