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Notre dĂ©claration liminiare au dernier Conseil d’Administration de l’AEFE
Article publié le jeudi 17 mars 2022.
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Au moment où ce conseil d’administration se tient les bombes continuent de s’abattre sur l’Ukraine et les colonnes de réfugiés s’allongent et se déversent dans toute l’Europe. Nos pensées vont à ce peuple agressé et à la nécessaire solidarité européenne qui doit s’exercer. Éducateurs nous avons une pensée particulière pour les enfants et adolescents ukrainiens, qui au-delà des drames personnels qu’ils peuvent vivre, doivent être scolarisés le plus rapidement possible. Nous ne pouvons que saluer sur ce point la solidarité du réseau qui permet d’ores et déjà à une centaine d’élèves du lycée français Anne-de- Kiev de continuer leur scolarité dans un établissement français.

La guerre et la logique d’unité nationale qu’elle entraîne en France ne doivent pas nous priver cependant de la nécessité du bilan des 5 années passées.

Le « en mĂŞme temps Â» Ă  l’AEFE, a laissĂ© Ă©clater ses paradoxes : le soutien rapide et efficace de l’État aux familles tant françaises qu’étrangères face Ă  la crise sanitaire ou l’aide d’urgence au Liban frappĂ© par une crise sans prĂ©cĂ©dent, donnent le sentiment d’une puissance publique en action.
Mais, dans le même temps, l’État scie la branche sur laquelle il est assis en actant la privatisation du réseau et en organisant le désarmement progressif de l’opérateur public.

Il n’est qu’à voir le développement effréné dans certains pays où la présence française est déjà très importante comme la Tunisie ou le Maroc, qui instaure une concurrence déloyale entre les établissements EGD sur lesquels pèsent toujours plus de contrôles, dont la marge d’autonomie est de plus en plus inexistante et les établissements partenaires, pour lesquels on déroule le tapis rouge et qui peuvent s’affranchir, eux, allègrement de certaines règles en matière de droits des personnels ou de respect du principe de laïcité par exemple. Peu importe que les EGD ne puissent avoir recours à l’emprunt pour financer leurs investissements immobiliers, peu importe qu’on organise la pénurie des personnels titulaires et leur précarité, peu importe que l’augmentation des frais de scolarité soient l’unique solution pour continuer à faire vivre un réseau dont l’élitisme social est maquillé en élitisme républicain on donne les clés du réseau à des groupes qui, pour certains, ne pratiquent pas la philanthropie mais le mercantilisme éducatif.

Pour le monde de l’éducation, ces 5 dernières années auront également été marquées par des reculs importants tant au niveau du dialogue social que de la considération des personnels. Ainsi, la loi dite de transformation de la fonction publique aura abîmé considérablement ce dialogue social et l’aura rétréci en mettant à mal les CAP. Cependant, ici à l’AEFE, nous saluons le souhait de maintenir une représentation substantielle des personnels au sein d’instances d’un nouveau type. Si tout n’est pas parfait dans leur format nous faisons le pari du pragmatisme et de
siéger avant que de juger.

Certes ni la bonne volonté, ni l’engagement de la direction de l’Agence et de ses services n’ont jamais été mise en cause mais comment ne pas être déçu, quand nous n’avons pas réussi malgré une vingtaine d’heures de travail en GT à faire avancer la prise en compte des justes avantages statutaires prévus par la fonction publique dans le nouveau texte qui encadrera le recrutement et l’emploi des personnels à l’étranger.

Il y a eu, c’est vrai, de la part de la direction de l’AEFE, un discours de vérité, face à la logique comptable de Bercy et parce que les instances politiques préfèrent jouer le statu quo budgétaire plutôt que d’abonder le budget d’une agence qui reste structurellement déficitaire à cause du poids non compensé des pensions civiles. Une fois de plus nous avons pu, à cette occasion, constater, qu’au-delà des mots, il n’y avait pas de réelle volonté de la part de nos tutelles de donner à l’enseignement français public les moyens d’exercer les missions qui lui sont confiées et auxquelles
nous sommes attachées et que l’objectif est bien peut-être, au contraire, de les ignorer et de confier ce qu’il en reste à d’autres structures que l’opérateur public.

Nous avons parfois le sentiment d’être les derniers des mohicans du service public et d’être pris dans l’étau de la logique du nombre et de la fuite en avant. On entend la petite musique lancinante de ceux qui se contentent de faire grossir le réseau sans se poser réellement la question de son pilotage ni celui des conditions d’emploi et du respect des droits de ses agents.

Or sur ce quinquennat et sur le prochain, quel que soit l’hôte de l’Élysée, il n’y a qu’une seule conviction à afficher :

Il n’y a pas d’enseignement de qualité possible sans statut de qualité et respect des personnels du réseau et de leurs droits.

 

 
 
 
 
 
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