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Dimanche 11 janvier, et après ?
Article publié le lundi 19 janvier 2015.
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Après ces journées de douleurs et de tensions puis de recueillement et de communion, il nous faut penser à l'après.
 
Nous avons tous parlé à nos élèves des tragiques événements et si beaucoup ont écrit spontanément « nous sommes tous Charlie Â» force est de constater que tous ne sont pas des « Charlie « et les trois premiers d'entre eux, ceux qui ont commis ces odieux attentats.
 
Comment en sommes-nous arrivés là ? Ils étaient Français, étaient allés à l'école de la République.
 
Nous, enseignants ; enseignants dans les banlieues ; ne pouvons pas ne pas être inquiets et tristes d'avoir quelque part failli à notre mission. Mission de vivre ensemble, mission que chaque jeune trouve sa place dans la société grâce à l'école.
 
Voilà plus de deux ans que nous tirons la sonnette d'alarme que la Seine-Saint-Denis est un territoire éducatif délaissé ; où les élèves n'ont pas les mêmes chances car inégaux au regard de l'ascenseur social ; où le trafic illégal rapporte plus qu'un emploi de professeur comme nos élèves ne manquent pas de nous le rappeler ; où les enseignants s'épuisent devant les difficultés ; où les élèves ont en moyenne un an de scolarité en moins que le reste de la nation….
 
 Les jeunes de banlieue doivent devenir « grande cause nationale Â». Il n'est plus temps de faire les comptes, de savoir si la nation est prête à payer pour l'éducation. Les comptes sont hélas faits : 17 morts, une dizaine de blessés graves, 4 millions de Français dans la rue et Paris la capitale de la lutte contre le terrorisme.
 
Il faut donner à tous nos jeunes de banlieue une éducation de qualité, à la mesure de la mobilisation du dimanche 11 janvier 2015 afin qu'ils n'aillent pas chercher dans des discours faciles ce que nous ne sommes pas capables de leur apporter.
 
Il faut vingt personnes pour surveiller une personne soupçonnée de dérive meurtrière nous dit-on. Il faut un enseignant pour vingt élèves. Si la surveillance est malheureusement nécessaire, prenons aussi le problème à la racine, ne négligeons plus l'éducation dans nos banlieues où elle représente la seule chance pour beaucoup de s'en sortir.
 
Asseyons-nous très vite à la table afin, non plus de se lamenter et seulement écouter, mais pour AGIR. Et vite. Dimanche 11 janvier, le monde entier a regardé la France se mobiliser. Qu'il nous regarde aussi pour la qualité de notre éducation à l'avenir !
 
 
Nathalie Steinfeld
   

 
 
 
 
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