SECTION SE-Unsa de la SEINE SAINT DENIS - 6 SQUARE DU HUIT MAI 1945 - 93140 BONDY
Tél. 01 48 02 19 31 - Por. 06 64 13 92 85 - [Mél.]

 
le CSP veut- il la mort du socle ?
Article publié le lundi 26 mai 2014.
  • Lnk_facebook
  • Lnk_google
  • Lnk_twitter
 

La question est provocatrice et les membres du Conseil Supérieur des Programmes qui ont reçu le SE-Unsa le 19 mai pendant plus de deux heures nous ont assuré que non.

Ils partagent notre conviction que les contenus actuels de la scolarité obligatoire, leur conception, leur définition, leur didactisation, leur évaluation, leur certification doivent être modifiés pour répondre avec succès aux enjeux de la démocratisation scolaire.

Ils sont convaincus qu’un socle commun redĂ©fini doit mettre l’accent sur les compĂ©tences (« je sais utiliser mes connaissances et toutes les autres ressources disponibles pour agir Â»).

Ils sont convaincus que notre façon d’évaluer (les notes, les moyennes et les examens traditionnels) est contre-productive.

Ils sont convaincus que tous les personnels impliqués dans la formation des jeunes Français doivent se former à une pédagogie plus porteuse de réussites et moins génératrice d’inégalités.

C’est ce qu’ils nous disent.

Pourtant, ce n’est pas ce que le CSP a transcrit dans son projet du 16 mai soumis à l’avis des principales organisations syndicales, dont la nôtre.

Le SE-Unsa a exprimé des critiques fortes sur ce projet.

  • Il introduit une rupture non-justifiĂ©e avec le socle prĂ©cĂ©dent, dont on ne voit pas en quoi elle amĂ©liorera les apprentissages des Ă©lèves mais qui dĂ©stabilisera les enseignants. Il abandonne les 7 piliers hĂ©ritĂ©s des compĂ©tences-clĂ©s europĂ©ennes au profit de 5 domaines de formation hĂ©tĂ©rogènes (pour faire simple, un domaine listant des « prĂ©alables Â», les langages fondamentaux, un domaine « mĂ©thodologique Â», un domaine « comportemental Â», deux domaines « culturels Â») difficilement Ă©valuables.
  • Il ne prend pas en compte dès la rĂ©daction des contenus la question de l’évaluation et de la validation et laissera les enseignants dĂ©semparĂ©s face au problème. En ce sens, il ne propose aucun progrès par rapport au socle prĂ©cĂ©dent.
  • Il n’est pas pensĂ© en acquis pour les Ă©lèves, mais bien toujours dans une logique de transmission de contenus pour accĂ©der au lycĂ©e gĂ©nĂ©ral et technologique. Parce qu’il vise l’excellence culturelle pour tous, il ne garantit rien Ă  personne. En ce sens, il ne change rien Ă  la situation actuelle et aux programmes scolaires tels qu’ils existent.
  • Il ne part jamais des questions des enfants et des jeunes, de leurs interrogations ici et maintenant, il ne prend pas en compte ce qu’ils apprennent du monde en dehors de l’école, dans leur famille, avec leurs copains, dans les mĂ©dias. Seule l’école serait capable de les faire grandir.
  • Il oublie tout simplement un des objectifs fixĂ© par la loi, prĂ©parer Ă  la vie personnelle et professionnelle.

Pour résumer, il ne marque pas de rupture significative avec les programmes actuels, hormis l’introduction explicite des outils nécessaires aux apprentissages.

C’est grave ! L’occasion est historique : il ne faut pas la manquer.

Il ne faut pas la manquer pour tous les élèves, ceux qui réussissent scolairement comme ceux qui échouent. Il ne faut pas la manquer pour tous les enseignants qui souffrent des prescriptions inadaptées, des discours contradictoires, des compromis politiques qui les placent dans des dilemmes professionnels insolubles.

Le SE-Unsa est un militant du socle commun. Il est exigeant mais surtout il est constructif. Son projet pour le socle commun est ici.

 

 
 
 
 
ALC