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Evaluations CM2 : le Dgesco encore plus fort que le Ministre !
Article publié le mercredi 13 avril 2011.
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Le Directeur Général de l’Enseignement Scolaire a adressé le 6 avril 2011 un courrier de trois pages à tous les IA-DSDEN, IEN et directeurs d’école suite à la publication des résultats de l’évaluation CM2 de 2011. Il y tire des conséquences des résultats sous la forme d’orientations pédagogiques à mettre en œuvre dans les écoles.

Nous ne disposons pas à ce jour des résultats détaillés, domaine par domaine, item par item. Il est donc impossible de vérifier l’exactitude des données sur lesquelles reposent les analyses du Dgesco. Pour autant, on peut poser la question de la pertinence de conclusions tirées de « l’amélioration du niveau des élèves en français [qui] est faible mais elle existe » ou d’une amélioration « plus nette » en mathématiques. Les différences sont-elles statistiquement significatives ? La comparabilité d’une année sur l’autre est-elle possible ? On se souvient des décalages importants entre la session 2009 et celle de 2010.

Les améliorations citées dans le courrier portent sur des compétences de faible niveau taxonomique (étiquetage grammatical, tables de multiplication, maîtrise des techniques opératoires). Elles montrent (si on se base sur les affirmations du Dgesco, non-étayées par les scores détaillés) que les enseignants ont recentré le travail des élèves sur ces apprentissages et que les élèves sont donc mieux préparés aux exercices proposés dans les tests. Dont acte.

Plus intéressant, les évaluations montreraient que les élèves n’ont pas progressé sur les compétences d’un niveau taxonomique plus élevé (compréhension des textes, orthographe grammaticale, résolution de problèmes, organisation et gestion de données). Ce qui semble confirmer ce que tous les experts des apprentissages défendent, à savoir que la pédagogie des fondamentaux et des préalables ne fonctionne pas seule : elle ne permet pas de réaliser des apprentissages complexes, elle peut même s’avérer contre-productive. Forme et sens vont de pair, lecture et écriture également. L’apprentissage n’est pas linéaire, il ne va pas du simple au complexe et chaque individu a son propre cheminement. Les recettes toutes faites et les programmations idéales, applicables à tous et partout, sont à prohiber.

Accordons toutefois au Dgesco qu’en rappelant l’importance de travailler les compétences complexes, il échappe en partie à la caricature mécaniste que dessinent les nouveaux programmes du primaire. Encore un effort et il réhabilitera les programmes de 2002 !


 
 
 
 
ALC