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EnquĂŞte sur la victimation
Article publié le vendredi 27 janvier 2012.
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EnquĂŞte de victimation et de climat scolaire

La conférence de restitution des résultats de l’enquête de victimation et de climat scolaire était présentée, le 16 janvier, par Éric Debarbieux, Président de l’Observatoire International de la Violence à l’École et professeur d’université à l’UPEC.
Sommaire
•    Le climat scolaire
•    La victimation des personnels
•    RĂ©flexions et propositions des personnels
•    Conclusions
•    Rapport auprès du Conseil gĂ©nĂ©ral et de l’Inspection AcadĂ©mique
L’enquête « victimation et de climat scolaire » menée auprès des personnels de l’Éducation nationale de la Seine Saint Denis par l’Observatoire International de la Violence à l’École a été renseignée par 2318 répondants, avec 4968 accès – soit un taux de remplissage de 47%.
Le climat scolaire
La première partie des réponses traite du climat scolaire, c’est-à-dire de la perception par les répondants des qualités du vivre-ensemble (avec les élèves et entre adultes), mais aussi du sentiment de sécurité personnelle et de la perception du degré de violence dans leur établissement ou dans le voisinage. Il est connu que le lien entre climat scolaire et victimation à l’école est important.

Principaux enseignements
1 - En Seine-Saint-Denis le climat scolaire apparaît majoritairement positif à l’ensemble des personnels.
Près de 57% le jugent plutôt bon et un peu plus de 17% bon.
2 - Cependant cette perception dépend largement de la fonction exercée et du lieu d’exercice. Les personnels du premier degré expriment plus de satisfaction globale (9 sur 10 en école maternelle et 8 sur 10 dans le primaire ont une vision positive du climat scolaire).
Ce sont les personnels de collèges et de lycée professionnel (LP) qui ont la vision la plus négative : plus du tiers estiment le climat scolaire dégradé. Les personnels de direction ont toujours une vision plus positive que les enseignants.
L’âge des répondants est important, ainsi que leur degré d’ancienneté. Un fait est saillant : si les personnels débutants apparaissent plutôt satisfaits du climat scolaire et particulièrement des relations avec l’équipe, c’est beaucoup moins le cas pour les personnels qui ont entre 2 et 7 ans d’ancienneté.
3 - Les conditions sociales sont elles aussi déterminantes : le climat scolaire est largement moins bien perçu dans les dispositifs de l’éducation prioritaire (EP), avec cette fois comme variable explicative majeure la perception d’une violence plus forte. 31% des personnels de l’éducation prioritaire jugent le climat de leur établissement médiocre ou plutôt médiocre contre 23% hors EP. Ils sont 69% à estimer la violence présente contre 39% dans les établissements hors EP. Ce qui est le plus préoccupant reste que 78,5% des personnels des collèges de l’éducation prioritaire jugent la violence fréquente (souvent, plutôt souvent) dans l’Établissement public local d’enseignement (EPLE).
4 - Cette violence perçue n’est pas pour autant liée à un sentiment d’insécurité personnelle aussi important, même s’il est bien présent : 18,1% des personnels de l’EP (contre 11,4% ailleurs) ne se sentent pas en sécurité.
Ce sont surtout les personnels de collèges et de LP qui sont concernés : 16,3% (19,3% en École Prioritaire ) des personnels de collège et 17,4% des personnels de Lycée Professionnel (LP) ne se sentent pas en sécurité (les autres catégories Lycée d’enseignement général et technologique (LEGT), primaires et maternelles sont à environ 10%).

3 personnes sur 4 ont une opinion positive du climat scolaire.
78.5% des personnels des collèges de l’Éducation Prioritaire jugent la violence fréquente.
La victimation des personnels
Ont été étudiés :
•    La violence verbale : insultes, menaces, menaces avec armes, cyberviolence
•    La violence physique : coups, blessures, blessures avec armes
•    Les vols et dommages au bien : vol d’objet personnel, vol d’argent, vol de vĂ©hicule, dĂ©gradation du vĂ©hicule
•    Le harcèlement et les violences symboliques : harcèlement, homophobie, sexisme, racisme, ostracisme.
Les auteurs des violences ont été recensés : élèves, groupes d’élèves, parents (ou membre de la famille), personnels de l’établissement, intrus dans l’établissement, inconnus, que ce soit dans l’établissement, à la sortie de l’établissement, dans le quartier autour de l’établissement et dans un autre lieu. Les conséquences en termes d’Incapacité totale de Travail (ITT) et de dépôt de plaintes ont été relevées. L’étude portait sur un trimestre, sauf pour quelques questions ciblées (coups, harcèlement).

Principaux enseignements
1 - La victimation contre les personnels est essentiellement constituée de violences verbales et symboliques, les faits de violence physique et la violence paroxystique sont très rares. Priorité donc aux violences verbales : injures (44,5% des personnels s’en déclarent victimes) mais aussi menaces (18%), vol (13%). La cyberviolence contre les personnels n’est pas très répandue puisqu’elle touche 1,2 % des répondants.
2 - En ce qui concerne les faits de violence physique, on note assez fréquemment des bousculades (11,7%) mais 94% d’entre elles n’ont pas entraîné d’arrêt de travail. 5 cas ont entraîné une ITT de plus de 8 jours et 11 une ITT de moins de 8 jours. 2,2% des personnels reportent avoir été frappés dans l’exercice de leurs fonctions. Sur 55 cas, 82% n’ont pas entrainé d’ITT, 2 une ITT de plus de 8 jours et 8 une ITT de moins de 8 jours. Toutefois on notera que 5,7% des personnels disent avoir été frappés depuis le début de leur carrière.
3 - Les cas de violence avec armes sont rarissimes : si 0,1% (3 cas) des répondants disent avoir été blessés avec une arme : c’est le cas une seule fois par un pistolet à billes, jamais par une arme à feu, les deux autres cas étant avec un objet contondant. 1 cas a entraîné une ITT de plus de 8 jours. 4 - Deux types de victimation particuliers ont été mis en évidence : l’ostracisme entre collègues et le « harcèlement ». 18% des répondants disent avoir été mis à l’écart par des collègues et 11% des répondants disent se sentir harcelés depuis le début de l’année. 21,2% des répondants déclarent avoir été harcelés dans leur carrière antérieure.
Ces cas de harcèlement révèlent des tensions dans les équipes adultes : 58,5% des cas ont pour auteur un autre membre du personnel (contre 13,2% par des parents, 7% par un élève et 12% par un groupe d’élèves). Dans le second degré ceux qui se sentent les plus ostracisés par une partie du personnel sont ceux qui exercent des fonctions particulières : si la moyenne est de 19%, près de 47% du personnel social, 34% du personnel de santé et 33% des CPE se sentent mis à l’écart.
5 - La répétition des victimations a aussi été étudiée, on en connait en effet bien les conséquences en termes de santé mentale et d’abandon du travail. 62% des personnels ont un niveau de victimation très faible (aucune victimation ou 1 seule victimation peu grave et non répétée), 21% sont des victimes très occasionnelles mais 17% sont victimes de violences répétées.
6 - Ce sont les enseignants de collège, particulièrement dans l’École Prioritaire et les enseignants de LP qui sont les plus victimes et en particulier à répétition. C’est le cas par exemple de 19,6% des personnels de collège et surtout des enseignants des collèges de l’EP (33,1% sont victimes de violences répétées, surtout verbales).
Les personnels des classes spécialisées (SEGPA) sont également plus souvent victimes.
7 - la violence à l’école est surtout une violence commise à l’intérieur des établissements par des élèves des établissements. Les insultes à l’égard des personnels sont proférées dans l’établissement à 78%, 13% à la sortie, et 9% ailleurs.
Les auteurs des insultes sont le plus souvent des élèves, à 68%.
14% des auteurs d’insultes sont des parents on peut donc dire que 8,8% des personnels ont été insultés par des parents, 2,6% des personnels se sont fait insulter par des intrus (4,8% dans l’EP).
Au niveau des bousculades 12,3% des répondants ont été bousculés par des élèves, 0,4% par des parents et 0,2% par des intrus inconnus, cela se passant à 92% dans l’établissement lui-même et à 3,5% à la sortie.
Les coups reçus sont rares et d’abord donnés par des élèves (84% soit 2% des répondants frappés par des élèves) exceptionnellement par des parents (2 cas, 0,1%) des inconnus intrus (2 cas) ou à l’extérieur du collège (5 cas, 0,2%). Cela se passe généralement dans l’établissement (79%) ou à la sortie (11,5%).
8 - 3,9% des répondants ont porté plainte pour des faits de violence verbale et 3,6% pour des faits de violence physique. Le dépôt de plainte est rare par rapport aux faits – mais plus systématique s’il s’agit de parents ou d’intrus.

Les cas de violence avec arme sont rarissimes : 0,1%
La violence à l’école est surtout une violence commise à l’intérieur des établissements.

RĂ©flexions et propositions des personnels
Les personnels ont été interrogés sur leur opinion par rapport à la qualité de la formation qu’ils ont reçue et sur les propositions qu’ils feraient pour régler les problèmes de violence à l’école. Les réponses aux questions ouvertes sur ces sujets seront livrées dans un rapport complémentaire.
Principaux enseignements
1 - Le niveau de satisfaction quant à leur formation est très bas : 16% des personnels estiment ne pas avoir été du tout formés et 44% plutôt mal. Les plus négatifs sont les surveillants (pas de formation à 98%).
2 - Il existe une remise en cause globale de leur formation par les enseignants : 65% environ s’estiment peu ou mal formés. Ce sont les plus nouveaux dans le métier qui pensent cela : plus de 77% des enseignants entrés en fonction depuis 2 ans ou moins ont une vision négative de leur formation. Il est vraisemblable que la mastérisation soit en cause mais certainement pas seule. En réalité il semble que cette insatisfaction soit ancienne puisque 63% des enseignants entrés dans la carrière il y a 15 ans partagent cette vision négative.
3 - Les propositions faites par les personnels prennent trois directions majeures : à plus de 55% des occurrences pour chaque catégorie moins d’élèves par classe, travail avec les parents et travail en équipe. Il est remarquable que les solutions « sécuritaires » soient très peu préconisées (par exemple 9% pour la vidéoprotection). De même les solutions en termes de « sévérité » plus grande ne sont pas très demandées ; par contre la présence de personnels spécialisés (ou le partenariat avec ceux-ci) est aussi souhaité (à 40%) que la création de structures spécialisées pour les élèves à problèmes.

65% des enseignants s’estiment peu ou mal formés
moins d’élèves par classe, travail avec les parents et travail en équipe, sont les propositions des personnels

Conclusions
Il n’appartient pas à ce rapport de faire des propositions, cependant cet état des lieux montre que si la violence dans les établissements scolaires en Seine-Saint-Denis n’est pas aussi « explosive » que ce qui est souvent affirmé dans la représentation commune et dans les exagérations médiatiques elle est cependant une préoccupation majeure pour bien des personnels, particulièrement dans l’éducation prioritaire. Bien sûr 3 personnes sur 4 décrivent un climat scolaire plutôt satisfaisant, surtout en écoles élémentaires mais il n’est pas moins important de noter qu’1 adulte sur 4 ( voire 1 sur 3 dans certaines conditions (collèges EP)) ont une vision négative de ce climat.
La victimation « physique » est rare, ce qui ne veut pas dire qu’il faille pour autant la considérer comme négligeable, mais la prégnance de la violence verbale, et d’une violence répétée pour une part de ces personnels atteint des niveaux importants particulièrement pour les enseignants de collège et de lycée professionnel. Cette violence n’est qu’assez peu une violence « extérieure » : les victimes adultes de faits d’intrusion sont rares : 0,1 à 0,2% des personnels ont été victimes de coups et bousculades par des intrus. Il en va de même pour la victimation par les parents – rarissime sur le plan physique et touchant 8,8% des personnels au niveau d’insultes. Qu’on le déplore est possible mais il ne faut pas se masquer que la violence contre les personnels, quand elle existe est en masse commise dans les établissements scolaires par des élèves. Elle ne peut donc se régler par des mesures extérieures ou techniques et le repli des établissements sur eux-mêmes ne peut être efficace. C’est un problème pédagogique au moins autant qu’un problème de sécurité publique.
C’est aussi un problème d’équipe et à cet égard le fait que le travail en équipe soit considéré comme une solution majeure témoigne d’une vraie prise de conscience dans ce département.
Cela n’empêche pas le désir – et l’efficacité possible – de partenaires extérieurs. Par contre il est vrai que lorsque quelques uns des problèmes fréquents concernent des questions de « harcèlement » entre personnels, de mise à l’écart de certains éléments clefs dans ces établissements, on peut mesurer les progrès à accomplir pour accompagner les équipes vers une meilleure manière de vivre-ensemble. Si la donne sociale et l’exclusion sont – bien plus d’ailleurs que pour la victimation entre élèves – des facteurs opérants il n’en reste pas moins que des facteurs comme la formation, la cohésion interne des équipes, le travail avec les familles et le rôle de l’État sont amplement sollicités et interrogés.
Cette enquête dresse en tout cas un état des lieux précis, ouvre la route à une définition d’objectifs chiffrés de réduction de la violence et d’amélioration du climat scolaire. Sans exagération, et sans négation.
Psychologues scolaires : Quel recrutement à l’heure de la "mastérisation" !
Article publié le jeudi 26 janvier 2012.

Alors que la « masterisation » est venue percuter  l’accès Ă  la fonction de psychologue scolaire, le SE-Unsa et SNpsyEN-Unsa ont souhaitĂ© rencontrĂ© le ministère pour l'interroger sur ses intentions et lui faire part de leurs propositions.

Le recrutement à niveau master et le passage obligé par la case « professeur des écoles » sans aucune garantie de finalement obtenir un poste de psychologue scolaire dissuadent les candidats diplômés de psychologie et donc déjà détenteurs du titre de psychologue, de venir rejoindre l’éducation nationale. Le vivier de candidats est menacé.

Pour l’Unsa, l’enjeu est  de conserver Ă  l’école des psychologues fonctionnaires de l’éducation nationale, Ă©vitant ainsi tout risque d’externalisation ou de recours Ă  des contractuels plus distants du monde scolaire. Pour ce faire,  Il faut prendre acte de la mastĂ©risation et sĂ©curiser les candidats Ă  la fonction de psychologue scolaire en crĂ©ant un concours de professeur des Ă©coles spĂ©cifique sur le modèle de celui de langue rĂ©gionale par exemple. Les Ă©preuves du concours et l’annĂ©e de stage devront permettre Ă  ces candidats dĂ©jĂ  psychologues de se prĂ©parer aux spĂ©cificitĂ©s de l’exercice  en milieu scolaire sans devoir se former simultanĂ©ment Ă  un deuxième mĂ©tier, celui d’enseignant.

De la réunion du 20 janvier, l’Unsa retient que le ministère n’est pas allé aussi loin dans sa réflexion, se bornant à supputer qu’il y aurait naturellement assez de candidats au CRPE titulaires d’un master de psychologie pour assurer les recrutements nécessaires. Il se prépare donc à abandonner à très court terme le DEPS (Diplôme d’Etat de Psychologue Scolaire). Le SE-Unsa et le Snpsyen jugent ce pari hasardeux . Ils militent pour que les échanges se poursuivent afin d’assurer la présence de psychologues de l’Education Nationale à l’école.
 

 
 
 
 
ALC