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Où est passée la chaîne hiérarchique ?
Article publié le samedi 9 mai 2020.
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C'est une des première chose qu'on nous fait bien comprendre dans la Fonction Publique : l'important, c'est le respect de la chaîne hiérarchique.

La chaîne hiérarchique, c'est tous ces échelons qui partent du ministre et qui redescendent jusqu'à nous. C'est tous ces "S/C" : sous couvert, que l'on écrit quand on envoie un courrier au recteur qui doit d'abord passer par notre IEN et notre DASEN (mais pas par la direction d'école). C'est ce qui fait que quand le ministère arrête une circulaire, on la reçoit par notre IEN et pas directement par M. Blanquer (même si c'est la direction de l'école qui finit par la relayer).

La hiérarchie, c'est bien. C'est ce qui nous décharge de pas mal de responsabilités. En théorie. 

Le souci, c'est que depuis le début de la crise du Covid19, la hiérarchie, on ne sait plus très bien dans quel ordre elle marche. Tout le monde attend après tout le monde pour avoir des réponses. 

Et puis il y a cette intervention sur BFMTV ou France Inter ou cette interview dans un journal dont on ne se souvenait même pas qu'il était encore en vente. 
Si les hauts fonctionnaires savent qu'une annonce n'est pas une circulaire et qu'elle n'a pas de valeur, nous, tout en bas de la chaîne, on se met à réagir. C'est à dire qu'on a bien compris que valeur ou pas, à un moment ça allait être à nous de nous débrouiller alors autant anticiper un peu.

Et on s'emballe. On se pose des questions et on interroge notre hiérarchie muette. 

Et puis, il y a enfin une circulaire ministérielle. Une belle circulaire comme on les connait. Avec des formulations bien ambiguës pour causer des remous tout au long de la chaîne hiérarchique. Qui reste silencieuse en attendant un cadrage venant d'En Haut. 
Et comme nous tout en bas, on continue de s'agiter, forcément ça commence à faire désordre. 

C'est là que le court-circuit arrive. Les IEN commencent à s'inquiéter du silence d'en haut et du bruit d'en bas. Alors ils prennent des décisions de leur propre chef dans la désorganisation la plus totale. Aucune des circonscriptions n'a eu la même info concernant la reprise du 11 mai. Tous présents ? Justificatifs ? Combien de jours de pré-reprise ? Des interprétations de la circulaire ministérielle parfois très personnelles voire contradictoires. Un IEN a même réussi à envoyer trois circulaires différentes dans un après midi (annule et remplace). Le SE-Unsa 93 n'a jamais autant été en contact avec la DSDEN  pour des alertes et des demandes de cadrage que sur les 3 derniers jours. 
Un cadrage qui ne vient pas. Pas à l'écrit en tout cas. On rajoute à cela les décisions des mairies concernant la fermeture ou non des écoles qui pourraient être suspendues par le Préfet. Ou pas.

Alors ? Elle est où la chaîne hiérarchique ? Parce que nous, on continue de la préparer cette reprise. Tout en continuant d'assurer la continuité pédagogique pour laquelle on était si bien prêt. 

On sent bien que tout cela va encore une fois reposer sur la mobilisation des directrices et des directeurs d'écoles. Merci à eux de ne pas faire partie de cette chaîne hiérarchique. Et donc d'être réactifs.

Quelle conclusion ?

On pourrait se dire que dans le monde d'après, il va falloir changer ce système. Certains seront partisans d'une société horizontale, d'autres seront favorables à une évolution du statut du directeur. Connaissant les pratiques du sommet de la chaîne, il est peu probable que nous ayons notre mot à dire sur ces changements. Et il est certain que l'efficience économique primera sur tout le reste. 
Le SE-Unsa restera vigilant malgré tout.

 
 
 
 
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