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Déclaration CAPD 16 novembre 2010
Article publié le mercredi 17 novembre 2010.
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Déclaration liminaire du SE UNSA 93 - CAPD du 16 novembre 2010

 

Monsieur l’inspecteur d’académie,

 

Le SE-UNSA 93 rencontre régulièrement les professeurs des écoles stagiaires qui nous font part de leur désarroi. Les collègues dans les écoles n’étaient pas disponibles lors de leur arrivée. Certains ont même rencontré des difficultés matérielles( manque de cahier…). D’autres ont découvert leur nomination sur des doubles-niveaux.

Au contraire, ailleurs, d’autres ont été bien reçus et n’ont pas eu à se plaindre.

 

Cela démontre la grande diversité des équipes d’école mais aussi du malaise des enseignants et des directeurs qui se sentent sous pression face à la multiplication des tâches à effectuer et les difficultés à surmonter. Le temps serait à la course et non à l’accueil amical, les enseignants considérant qu’ils ne sont pas là pour épauler les jeunes non pas parce qu’ils ne veulent pas mais parce qu’ils ne peuvent plus, entre les AP, les évaluations, la collègue absente et non remplacée, les PPRE, les REE, des livrets d’évaluation pouvant aller jusqu’à 20 pages recto verso, 147 items à remplir juste pour le CE1 etc… ; sans parler des enfants handicapés dans les classes sans EVS puisque l’éducation nationale ne respecte pas elle même les lois de la République, en particulier celle de 2005.

 

A cela s’ajoute le calendrier des PES avec des dates toutes différentes, des familles prévenues par les directeurs d’école de l’arrivée des jeunes enseignants qui gèrent une situation qui leur échappe et prennent de plein fouet les réactions des parents mécontents.

 

Pour les PES, ce stress se rajoute à celui de prendre en main la classe sans véritable formation, bref la peur de ne pas faire face car ne l’oublions pas, c’est leur titularisation qui est également en jeu.

Il est clair pour le SE UNSA que les attentes ne peuvent plus être les mêmes que celles exigées pour les PE2.

Existe t-il un cadrage en prévision de l’évaluation de ces jeunes collègues ?

En ont ils connaissance ?

Le SE UNSA revendique que cette évaluation se fasse dans la plus grande transparence, les critères préalablement connus de tous.

 

A cela, les formateurs nous disent être eux même débordés et se posent la question de poursuivre leur mission l’année prochaine.

 

Les secrétaires de circonscription ont la sensation de servir de fusible.

 

Les IEN, avec 14 inspections supplémentaires en moyenne commencent aussi à trouver la barque de plus en plus lourde.

 

Bref à tous les échelons de l’école et du service public, les fissures apparaissent.

 
Et les enfants dans tout ça ?
 

Dans certaines écoles, il a été décidé que les remplaçants laissaient les classes aux PES qui eux même repartiront en formation 15 jours pour être remplacer par d’autres PES ou ZIL puis reviendront pour enfin laisser la place à la titulaire de retour de son congé maternité. Soit 5 personnes au minimum se seront succédées dans la classe !

 

Comment peut-on penser qu’il n’y aura pas de conséquence sur les apprentissages des élèves ? Comment peut-on penser que les parents seront satisfaits par ce va et vient d’enseignants ?

Comment peut-on penser que les enseignants seront satisfaits du métier ?

Dans ces conditions, peut –on s’étonner des démissions de PES ?

A cela s’ajoute l’allongement de la durée de travail qui aura sans nul doute pour conséquence première d’augmenter la difficulté pour les personnels de l’éducation nationale d’exercer leurs missions jusqu’à 62 ans ou plus.

 

Difficile dans ces conditions d’avoir de l’ambition pour l’École et de faire des propositions constructives quand on est ligoté par le dogme présidentiel de la réduction du nombre de fonctionnaires !

En dépit des conclusions sans appel du rapport de l’IGAEN, le gouvernement s’obstine à supprimer 16 000 emplois dans le budget 2011, alors que d’autres pays, comme l’Allemagne ou les Etats-Unis, préservent et abondent les budgets alloués à l’Education.

 

Mais cette vision ne concerne pas tout le monde en France. En effet, l’enseignement privé est une fois de plus épargné dans le projet de budget de l’Education pour 2011. Depuis 2007,il ne supporte que 10 % des suppressions d’emplois alors que dans le public on supprime un fonctionnaire sur 2. Le projet de budget 2011 ne déroge pas à cette répartition injuste.

 

Une telle « largesse » est financée par le budget de l’État au détriment du seul service public et laïque d’éducation. C’est pourtant sur lui seul que repose la scolarisation de toutes et tous quels que soient les territoires. Il assume cette responsabilité gratuitement et sans sélectionner ses élèves.

 

Le SE UNSA demande que ce projet de loi de finances soit rectifié en mettant fin aux injustices qui fragilisent l’École de la République.

 

La réforme de la mastérisation et une vision uniquement gestionnaire de l’éducation sont calamiteuses et mettent à mal un peu plus notre système éducatif, le service public et nos élèves qui dans le 93 sont plus fragiles qu’ailleurs.

 

C’est pourquoi le SE UNSA et l’UNSA EDUCATION se sont opposés à la réforme de la mastérisation et ont voté contre quand il fallait le faire. C’est pour ces mêmes raisons que nous revendiquons que cette réforme soit retirée. C’est aussi pourquoi le SE UNSA soutient et accompagne les stagiaires dans leurs démarches revendicatives pour une véritable formation et de meilleures conditions de travail.

 
Isabelle GUIGON
Elue du personnel SE UNSA 93
 
 
 
 
 
 
 
 
 
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