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shoah
Article publié le jeudi 28 février 2008.
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Lors du dîner annuel du CRIF, Nicolas Sarkozy a déclaré qu’il voulait qu’à partir de la rentrée scolaire 2008 chaque élève de CM2 se voie "confier la mémoire" d’un enfant français victime de la Shoah. "J’ai demandé au gouvernement, et plus particulièrement au ministre de l’Education nationale, Xavier Darcos, de faire en sorte que, chaque année, à partir de la rentrée scolaire 2008, tous les enfants de CM2 se voient confier la mémoire d’un des 11 000 enfants français victimes de la Shoah", a déclaré M. Sarkozy lors du dîner du CRIF. "Les enfants de CM2 devront connaître le nom et l’existence d’un enfant mort dans la Shoah. Rien n’est plus intime que le nom et le prénom d’une personne. Rien n’est plus émouvant pour un enfant que l’histoire d’un enfant de son âge, qui avait les mêmes jeux, les mêmes joies et les mêmes espérances que lui".

Vous trouverez ci-dessous le communiqué du SE-UNSA adressé à la presse.

COMMUNIQUE DE PRESSE

Enseigner la Shoah et les valeurs de la République n’est pas affaire d’émotion

Eduquer ne saurait être qu’affaire d’émotion. C’est pourtant à nouveau sur ce terrain, après l’épisode de la lettre de Guy Môquet, que le Président de la République vient de se situer en préconisant qu’à la rentrée 2008 « chaque enfant de CM2 se voie confier la mémoire d’un des 11 000 enfants français victimes de la Shoah ».

Le SE-UNSA a toujours milité pour que l’école publique assume sa mission de transmission des valeurs de la République. Le combat contre le racisme et l’antisémitisme en fait totalement partie.

Son efficacité éducative suppose des démarches pédagogiques d’autant plus réfléchies qu’elles s’adressent à des jeunes et à des enfants et que, comme dans le cas de l’histoire de la Shoah, elle peut toucher à l’horreur. Pour le SE-UNSA, il s’agit donc d’une affaire de professionnels. Les enseignants ont ici à ménager, pour leurs élèves, un passage vers une compréhension de l’histoire et une assimilation des principes citoyens, via le recul de l’étude et de la réflexion.

Le SE-UNSA est particulièrement choqué de cette initiative du Président de la République, qui ignore tout de la façon dont un jeune se construit. Faut-il que chaque enfant de 10 ans se voie désormais personnellement chargé d’un lourd parrainage posthume ? Si les effets éducatifs de cette démarche sont plus que sujets à caution, a-t-on réfléchi à l’impact psychologique possible sur les élèves ?

Y aura-t-il des suites à cette nouvelle intrusion du politique dans le pédagogique ? Le SE-UNSA y sera très attentif, mais il n’hésitera pas à appeler les enseignants des écoles, en cas de besoin, à s’en tenir à des pratiques respectueuses des enfants.

Paris, le 14 février 2008

Luc BERILLE Secrétaire Général

 
 
 
 
ALC