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Rythmes scolaires : Analyse du rapport par le SE-Unsa
Article publié le mercredi 31 août 2011.
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Le comitĂ© de pilotage a transmis lundi 4 juillet son rapport au ministre Luc Chatel. Ce rapport fait 10 propositions, dont la plupart Ă©taient connues depuis plusieurs semaines. Ces propositions forment un tout et ne peuvent ĂŞtre dissociĂ©es au grĂ© des intĂ©rĂŞts du ministre ou du PrĂ©sident de la RĂ©publique. En effet, la question des rythmes scolaires implique de multiples partenaires et tout changement impacte Ă  la fois les contenus d’enseignement, le travail des enseignants, l’organisation de leur vie professionnelle et personnelle, l’organisation de la vie des familles, l’intervention des associations, des collectivitĂ©s territoriales, etc. Tout fait système et rien ne serait pire qu’une proposition isolĂ©e qui ne ferait qu’alourdir la charge de travail des enseignants sans pour autant amĂ©liorer quoique ce soit pour les Ă©lèves. Le SE-Unsa s’opposerait rĂ©solument Ă  toute tentative dans cette direction. Comme l’indique notre communiquĂ© de presse, le rapport a le mĂ©rite de mettre en Ă©vidence la complexitĂ© du dossier et de faire des propositions qui peuvent servir de base de discussion. Il peut contribuer Ă  faire Ă©voluer les positions des uns et des autres Ă  condition qu’un minimum de confiance puisse exister entre les parties. Mieux respecter les rythmes des enfants et des jeunes, sans lĂ©ser les professionnels de l’éducation, sans chercher Ă  rĂ©cupĂ©rer des moyens ni effectuer des transferts de charges massifs vers les collectivitĂ©s territoriales, sans affecter gravement l’économie tout en tenant compte des Ă©volutions sociĂ©tales, voilĂ  la ligne que le ministre doit se fixer si il veut rĂ©ellement faire avancer le dossier. On a envie de lui souhaiter « Bon courage » ! D’autant plus que les Ă©lections prĂ©sidentielles commencent Ă  peser et que la prudence sera de mise. La communication minimale qu’a choisie le ministre (un simple communiquĂ© de presse) montre Ă  quel point il s’agit de se hâter lentement…

Le ministre devrait faire des annonces cet automne…

Les 10 propositions du Comité sur les rythmes scolaires

Commentaires du SE-Unsa

La journée
 
 
1/ amplitude journalière identique pour tous les Ă©coliers et collĂ©giens : 7 heures au
moins, 8h30 pour ceux qui ne rentrent pas déjeuner chez eux.
Horaires d’entrĂ©e et de sortie fixes et rĂ©guliers : 8h30 – 17h par exemple
 
 
 
 
 
 
2/ limitation de la durĂ©e totale des cours :
5 heures par jour à l’école élémentaire et pour les deux premières années de collège,
6 heures par jour en classe de 4e et de 3e
 
 
 
 3/ 1 Ă  2 heures par jour d’accompagnement Ă©ducatif pour tous :
- 2 heures par jour à l’école et en classe de 6e et de 5e au collège
- 1 heure en classe de 4e et de 3e
 
 
 
 
 

4/ pause méridienne qui ne peut être inférieure à 1h30 en principe à l’école et au
collège, que les élèves rentrent chez eux ou non

La journĂ©e : « moins lourde, mais pas moins longue »
 
1) La proposition crĂ©e un ensemble Ă©cole-collège en cohĂ©rence avec le socle commun. La rĂ©gularitĂ© (toutes les journĂ©es ont le mĂŞme poids) est mise en avant. C’est un point important pour le collège oĂą les Ă©lèves sont parfois confrontĂ©s Ă  des journĂ©es très lourdes (8 heures d’enseignement) et d’autres journĂ©es « Ă  trous ». Cette proposition aura un impact sur les emplois du temps des enseignants dont les « vĹ“ux » passeront après l’équilibre de la semaine pour les Ă©lèves. Pour ĂŞtre mise en Ĺ“uvre, il faudrait aussi dĂ©passer la stricte rigueur budgĂ©taire qui oblige Ă  multiplier les complĂ©ments de service.

2) Dans une journĂ©e de 7 heures au moins, les Ă©lèves ne peuvent avoir plus de 5 ou 6 heures d’enseignement stricto sensu : on se rapproche ainsi des prĂ©conisations des experts qui Ă©valuent entre 4 et 6 heures le temps disponible chez chaque enfant pour des apprentissages Ă  haute exigence cognitive. L’aide individualisĂ©e, elle, basculerait dans l’accompagnement Ă©ducatif.
 
 
 
 3) La mesure institutionnalise l’accompagnement Ă©ducatif tout au long de la scolaritĂ© obligatoire. Ce qui n’est pas dit, c’est qui prend en charge cet accompagnement. L’Etat ? Les collectivitĂ©s ? Les deux ? Les enseignants, dans leur service, en heures sup ? Des animateurs ? Les deux ? Les enseignants ne peuvent pas voir se multiplier ainsi les heures (mĂŞme en heures supplĂ©mentaires) et les contraintes (amplitude de la journĂ©e + augmentation du nombre de demi-journĂ©es + raccourcissement des vacances.

4) Une exigence forte de la FCPE, sur les conseils des experts : pas de repas bâclĂ©s, avalĂ©s Ă  toute vitesse et un vrai temps de vie Ă  l’école et au collège. Question : qui prend en charge l’animation, la surveillance de ce temps ? Les Ă©quipes de vie scolaire dans les collèges seront-elles renforcĂ©es ? Quelles aides au financement pour les communes qui organisent l’accueil et la restauration scolaire ? Quelle formation pour ces personnels pour une pause de qualitĂ© ?

La semaine
 
5/ étalement de la semaine sur au moins 9 demi-journées, dont, à l’école élémentaire,
une demi-journée supplémentaire de trois heures d’enseignement (le mercredi ou le samedi)
 
 
 
 
 6/ limitation de la durĂ©e hebdomadaire d’enseignement :
23 heures à l’école élémentaire et pour les deux premières années de collège

La semaine
 
5) C’est « la » mesure sur laquelle se focalise l’attention des mĂ©dias ! Elle rĂ©pond Ă  l’intĂ©rĂŞt des enfants, c’est incontestable. Et les enseignants le savent. Pour autant, ils ne sont pas prĂŞts Ă  accepter de renoncer au seul « acquis » - mĂŞme si c’est un cadeau empoisonnĂ© - depuis l’arrivĂ©e de Sarkozy Ă  la prĂ©sidence alors qu’ils sont soumis Ă  rude Ă©preuve. Le retour Ă  9 demi-journĂ©es, si il a lieu devra s’accompagner d’avancĂ©es substantielles par ailleurs (allègement rĂ©el de la journĂ©e, amĂ©lioration de la rĂ©munĂ©ration de tous).

6) Ce petit allègement horaire équilibre tout juste l’allongement de l’année pour un maintien du volume global

L’annĂ©e : une rĂ©partition des temps plus rĂ©gulière
 
7/ une année organisée en 38 semaines d’école et séquencée en 5 périodes
d’enseignement d’une durĂ©e comprise entre 7 et 8 semaines :
- 8 semaines de petites vacances sur 4 périodes de 2 semaines
- 6 semaines de vacances d’été
 
 8/ une organisation concertĂ©e et rĂ©gulière, sur la semaine et sur l’annĂ©e, pour les
travaux et contrôles demandés aux élèves, notamment au lycée
 
9/ une division de la France en 3 zones pour toutes les vacances sauf celles de Noël.
Une plage commune est maintenue pour l’ensemble des zones entre le 13 juillet et
le 16 août

7) L’autre mesure-phare dans les médias, retenue celle-là par Luc Chatel pour une mise en œuvre en 2013 (autant dire après les calendes grecques, puisqu’après les élections). Là aussi, il est incontestable que les vacances d’été t relativement longues obligent à une surcharge hebdomadaire.
Le rapport n’aborde pas l’obstacle du bac qui peut difficilement être retardé et oblige les lycées à s’arrêter bien avant la date des vacances.
Par ailleurs, veiller à un équilibre 7/2 est une nécessité qui se heurterait à une zonage des vacances d’été.
 
 8) Une mesure qui devrait dĂ©jĂ  fonctionner…
 
 
 

9) Le zonage de toutes les vacances est la seule façon de prendre en compte les intérêts économiques et de respecter une année équilibrée. Le Comité fait toutefois l’impasse sur la question du bac et de ses épreuves nationales.
Par ailleurs comment mettre en Ĺ“uvre un zonage des vacances d’étĂ© sans fixer dĂ©finitivement l’ordre des dĂ©parts en vacances de ces zones : on ne peut pas finir plus tard et reprendre plus tĂ´t…

Un partenariat modernisé
 
10/ une gouvernance et un partenariat renouvelés entre l’État et les collectivités
territoriales, les enseignants, les familles, les Ă©tablissements nationaux, les associations

Un partenariat modernisé
 

10) Le dossier doit être l’occasion de remettre à plat la répartition des compétences et de mettre en œuvre des démarches de contractualisation qui assurent la pérennité des dispositifs. Un tableau p.34 du rapport synthétise les niveaux de décision qui pourraient être retenus. Le Comité soulève la question de la direction d’école et de la reconnaissance institutionnelle du rôle du directeur.

 
 
 
 
ALC