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Evaluations CM2 : rĂ©sultats et analyse du SE-UNSA
Article publié le mardi 31 mars 2009.
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Le Ministère a publié lundi 30 mars les résultats de l’évaluation CM2. « Nous disposons d’un peu plus de 78 % du total attendu, ce qui constitue une base suffisante pour permettre le pilotage pédagogique » a déclaré, péremptoire, le DGESCO !
A cette occasion, le DGESCO s’est livré à un exercice d’auto-congratulation et de promotion de la réforme de l’enseignement primaire qui ne s’appuie sur aucune étude qualitative précise mais uniquement sur des « impressions ». Qu’on en juge :
Selon lui, cette réforme s’articule autour :
- des nouveaux programmes : « Ces programmes sont plus clairs, plus précis, fixent nettement les connaissances et les compétences à atteindre année après année.
Cette feuille de route, que je crois les maîtres apprécient, le ministre a voulu qu’elle soit connue des parents et distribuée à chacun à l’école élémentaire, et à l’école maternelle ».
- l’aide personnalisée et les stages : « Ces aides sont nouvelles, mais déjà appréciées des maîtres qui en ont bien compris tout l’intérêt pédagogique et des parents ».
- l’évaluation des connaissances et des compétences des élèves : « un instrument commun de mesure (si j’osais, je dirais un thermomètre commun) référé à une unité commune de mesure : le programme, avec ses progressions. Ces évaluations sont donc un outil pour faire la classe qui manquait en même temps qu’un instrument d’équité ; j’insiste puisque tous les maîtres en France utilisent maintenant le même instrument de mesure […] Les maîtres quant à eux ont très rapidement compris ce nouveau dispositif qui traduit le devoir de l’école de la République de placer tous les élèves face à la même référence nationale, où qu’ils soient et d’où qu’ils viennent. » !


Avis du SE-UNSA : Toutes les critiques formulées à l’encontre de cette évaluation restent valables. Le concepteur des programmes en est aussi l’évaluateur… démarche inédite qui ne crée pas une confiance totale à l’égard de cette évaluation !

Une confusion entre les diverses formes d’évaluation (bilan, diagnostique, formative) et l’utilisation que l’institution peut faire des résultats. Une évaluation en milieu d’année ne peut être qu’une évaluation diagnostique et ne peut servir de base à une évaluation des acquis des élèves en fin de cycle et des performances du système scolaire. Ici le Ministre mélange toutes les formes d’évaluations et assigne plusieurs objectifs à un seul outil. Qui peut penser que cela fonctionnera ?
Interrogé sur d’éventuels « biais » statistiques - « imaginons que les 150 000 tests qui ne sont pas remontés surreprésentent des bons ou des mauvais élèves », le DGESCO convoque le « bon sens »… en lieu et place de données statistiques fiables !

Ces évaluations sont basées sur les programmes de primaire entrés en vigueur à cette rentrée. Autant dire que les élèves évalués n’auront pas suivi le cursus complet sur lequel ils seront testés !

Par ailleurs, les élèves ont été ou seront évalués sur « toutes les compétences du programme ». Cela signifie-t-il que le programme du CE1 devra être bouclé en janvier et celui du CM2 en mai ?
S’il s’agit d’un outil bilan, quel accompagnement sera proposé aux enseignants pour que ceux-ci améliorent leurs pratiques ?

Les publications des résultats : Le Ministre se veut rassurant et assure que les résultats ne seront pas communiqués au grand public et ne pourront donc donner lieu à un classement des écoles. Toutefois le risque existe.

Les résultats :

- 25 % des élèves de CM2 ont des acquis fragiles (18 %) ou insuffisants (7 %) en français.
- ils sont 35 % en mathématiques (20 % ont des acquis fragiles, 15 % n’ont pas les acquis suffisants).
- des écarts de 13 à 20 points selon les compétences entre la moyenne nationale et les départements où se concentrent les écoles en réseaux ambition réussite.
- le pourcentage des élèves en difficulté, est un peu plus faible dans les départements ruraux qu’en moyenne nationale, de 2 à 3 points.
Selon le DGESCO, Ces chiffres ne sont pas comparables avec les 15 % des élèves entrant en sixième qui ne sauraient pas lire, donnés par le Haut conseil de l’éducation (HCE) dans son rapport de 2007 On ne peut pas comparer car nous n’avons pas la même unité de mesure, les deux chiffres ne se réfèrent pas aux mêmes bases ». « Les chiffres que nous donnons aujourd’hui n’ont pas de véritable signification en eux-mêmes si ce n’est dans la comparaison inter annuelle. Nous verrons donc l’année prochaine ».

L’avis du SE-UNSA
- Des évaluations nationales à partir d’échantillons représentatifs et les évaluations internationales sont utiles voire indispensables pour faire le point régulièrement sur les performances du système éducatif, permettre sa régulation et mettre en œuvre des politiques qui permettent de pallier les difficultés et de remédier aux faiblesses du système.
- Le décalage entre les résultats de ces évaluations et ceux habituellement observés (PISA, HCE, etc.) peut s’expliquer par le fait que les évaluations CM2, contrairement aux assertions du DGESO, portent sur des connaissances et non pas sur des compétences. Or les écoliers français sont mieux préparés à ce type d’exercices.
- La culture d’évaluation est mise à mal. Ce qui est certain c’est que ce test ministériel a été moins bien accepté par les enseignants que ses prédécesseurs. Alors qu’une évaluation de l’efficacité de l’Ecole est nécessaire, ce test a plutôt retardé l’installation d’une véritable culture de l’évaluation. La prochaine évaluation aura lieu en CE1. Le ministère sera-t-il capable de mieux faire ?
- Enfin, comment comprendre que le DGESCO se félicite aujourd’hui de ces résultats finalement pas très bons alors qu’il y a 6 mois, sur la base de données à peu près identiques, il criait à la faillite du système scolaire ? On le voit, tout est affaire de message politique à faire passer. Aujourd’hui, l’heure semble être à la recherche de la réconciliation avec les enseignants. Pour le Ministre, cela passe, semble-t-il, par l’annonce d’une « embellie », fût-elle factice.


   CommuniquĂ© de presse   
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