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FAQ : Faire et dĂ©faire sans cesse ; mais oĂą est la vĂ©ritable prioritĂ© ?
Article publié le dimanche 14 février 2021.
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Le 12 février, la Foire Aux Questions a été mise à jour (voir ici). C’est la quatrième fois en deux semaines que le protocole ou la FAQ, voire les deux, sont mis à jour.


Il semble qu’il y ait une alternance entre les mises à jour sanitaires et les mises à jour fonctionnelles : une semaine, des mesures sont prises pour éviter la circulation des virus, la semaine d’après ces mesures sont annulées pour éviter d’appliquer les trop nombreuses fermetures de groupes que cela engendre.


Sur le terrain, les directeur·rices et PERDIR en perdent leur latin et s’épuisent. Des consignes contradictoires à quelques jours d’écart jettent le discrédit sur l’école. En toute logique, des familles les pensent pas si importantes et les bravent en rompant l’isolement de leur enfant trop tôt, quand elles n’en font pas complètement fi.


En pleine pandémie, déclarer la fermeture au premier cas (contact) entraine des fermetures successives dans les endroits les plus atteints. Comment peut-on le « découvrir » une semaine après et ajuster ? Cela est pourtant logique et ce n’est pas la première fois que cette logique est contournée. Les premières semaines de l’année scolaire, des classes et des écoles fermaient au premier cas positif, avant que les consignes ne deviennent plus souples et que la fermeture ne soit prononcée qu’après trois cas positifs dans la même classe.
Est-ce que la question, c’est que le virus ne circule pas trop ou que pas trop de classes soient fermées ? Si l’enjeu est d'éviter de fermer les classes à répétition, autant le dire et l’assumer dès le départ.


Ce jeu de yoyo permanent depuis mars est devenu insupportable pour tous ceux qui doivent mettre en œuvre les décisions concrètement et au quotidien sur le terrain.
En assumant la volonté de rester ouvert sans prétendre ne rien risquer, on éviterait aux directeurs le sentiment d’être méprisés et le stress d’être chaque jour à un doigt de l’erreur de gestion. On leur éviterait les remises en cause systématique du bien-fondé de telle décision drastique puis de tel rétropédalage pour le même cas la semaine d’après.
Mais surtout, le plus insupportable dans tout cela, ce sont les conclusions qui en sont tirées à la suite, dans lesquelles les directeurs se savent embarqués malgré eux, tout en en mesurant l’incohérence : semaine A, 300 fermetures, semaine B, 15 fermetures, ça va beaucoup mieux. Non, cela ne va pas mieux, on ferme trois fois moins.


• Est-ce qu’on ne pourrait pas juste dire qu’on respecte au maximum les gestes protecteurs à l’école mais qu’on pourrait être malade à un moment donné quand même ?

• Est-ce qu’on ne pourrait pas décider que quand il y a un malade, c’est l’ARS qui gère comme pour tout le monde ?

• Est-ce qu’on ne pourrait pas faire en sorte que les directeurs, qui sont la majeure partie du temps enseignants et à qui on n’a enlevé aucune obligation administrative pour compenser, puissent se consacrer à leur métier ?


Cela suppose de nous faire confiance sur notre préférence pour l’école ouverte. Cela suppose d’assumer qu’on met la priorité sur les enjeux éducatifs sans vouloir en même temps prétendre qu’on ne peut pas tomber malade à l’école. On fera l’économie de décisions provisoires et de dédits hebdomadaires.
On y gagnera des professionnels concentrés sur leurs missions, et non perturbés chaque semaine par les non-dits et l’incohérence, ou démoralisés par les annonces contradictoires qu’ils reçoivent, doivent communiquer et mettre en œuvre sans que personne ne s’y retrouve et n’y croie plus.
 

 
 
 
 
ALC