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« Ă‰tablissements publics des savoirs fondamentaux » : un amendement Ă  contre-sens
Article publié le vendredi 1er février 2019.
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La commission des affaires culturelles de l’AssemblĂ©e nationale vient d’adopter un amendement au Projet de Loi pour l’Ecole de la Confiance crĂ©ant des « Ă©tablissements publics des savoirs fondamentaux Â» pour regrouper des classes primaires et le collĂšge. 
Le SE-Unsa est opposĂ© Ă  cet amendement. MalgrĂ© une prĂ©sentation portant une entrĂ©e pĂ©dagogique, l’amendement n’a qu’une vision administrative, qui plus est partielle, mĂ©connaissant les rĂ©alitĂ©s des Ă©coles, collĂšges, et des communautĂ©s Ă©ducatives.
 
Des acteurs oubliés
Tout d’abord, l’amendement ne prĂ©voit en aucune façon de recueillir l’accord des communautĂ©s Ă©ducatives et de l’institution Ă©ducation nationale mais seulement une dĂ©cision du prĂ©fet sur proposition des collectivitĂ©s pour crĂ©er un « Ă©tablissement public des savoirs fondamentaux Â». Il n’est pas envisagĂ© de soumettre le projet Ă  l’avis des conseils d’école et d’administration, pas plus que celui des instances de dialogue dĂ©partemental que sont le CTSD et le CDEN. MĂȘme l’avis du Directeur acadĂ©mique des services de l’Education nationale n’y figure pas.
 
La vie des Ă©coles et des collĂšges oubliĂ©e aussi 
Par ailleurs, l’amendement nĂ©glige des pans entiers de la vie des Ă©coles et des collĂšges. Les compĂ©tences sur le pĂ©riscolaire et les agents municipaux ne sont pas dans le paysage.  Seules les charges avant tout liĂ©es aux bĂątiments, Ă  l’équipement et au fonctionnement feraient l’objet d’une convention. Quid de l’organisation du pĂ©riscolaire ? Quid des agents, en particuliers des Atsem pour l’école maternelle ?
 
Dans quel(s) lieu(x) ?
La question du lieu n’est pas abordĂ©e. Il s’agirait de « regrouper les classes d’un collĂšge et d’une ou plusieurs Ă©coles situĂ©es dans le bassin de vie Â». Mais il n’est pas indiquĂ© si ce regroupement est seulement administratif ou physique. On ne sait mĂȘme pas s’il regroupe toutes les classes du collĂšge et des Ă©coles concernĂ©es.
 
Et les personnels ?
On ne sait pas non plus si les directeurs disparaissent lorsque plusieurs Ă©coles sont concernĂ©es. En tout cas le texte n’en dit rien. S’il disparaissait, qui serait l’interlocuteur de proximitĂ© pour un Ă©tablissement multi-sites ?
La seule disposition prĂ©vue est de placer un directeur dans une fonction de « directeur adjoint Â»  au chef d’établissement.  Quelle plus-value pour ce directeur devenu, « directeur adjoint Â» si ce n’est l’assurance de multiplier les rĂ©unions -ce qui vaut aussi pour les enseignants- avec la seule promesse de pouvoir « se rĂ©partir les tĂąches administratives avec l’équipe administrative du collĂšge Â» ? Cette perspective, non traduite dans la loi, laisse croire d’ailleurs qu’il y aurait toute une Ă©quipe disponible dans les collĂšges.
 
Pour le SE-Unsa, l’objectif de cet amendement pourrait ĂȘtre de renforcer par un cadre juridique des dispositifs d’école du socle* menĂ©es par certaines Ă©quipes ; en l’état, il contient tous les ingrĂ©dients pour briser ces dynamiques enclenchĂ©es aujourd’hui dans les territoires.  Si l’objectif est la gĂ©nĂ©ralisation Ă  l’ensemble du systĂšme Ă©ducatif, pour le SE-Unsa, cela ne rĂ©pond pas Ă  la problĂ©matique de la direction et du fonctionnement de l’école. Ce n’est d’ailleurs pas la rĂ©ponse attendue par les personnels non plus.
Cet amendement, désormais intégré au projet de loi, se donne toutes les chances de rater encore une fois le rendez-vous du progrÚs pour les élÚves et les personnels.
 
 
* dans plusieurs dĂ©partements, des regroupements entre des classes du primaire et le collĂšge sont effectifs. Ces dispositifs sont basĂ©s sur des objectifs partagĂ©s par tous les partenaires : Ă©quipes, collectivitĂ©s, administration Education nationale.

 

 
 
 
 
ALC