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Les dessous d’une campagne Ă©lectorale
Article publié le mardi 11 décembre 2018.
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Avertissement
 Ne lisez cet article que si vous voulez connaßtre les différences entre le SE-Unsa et les autres organisations syndicales.

Lors de cette campagne pour les élections professionnelles, vous avez été malheureusement inondés de mails. Vous avez pu y lire les programmes de chaque organisation syndicale mais aussi des mensonges ou des présentations chiffrées volontairement sorties de leur contexte.

Alors maintenant que la campagne est finie, nous vous proposons de rétablir quelques vérités.

Reprenons quelques « arguments Â» lus ici et là


‱ Le PPCR serait un recul pour l’ensembles des collùgues. C’est FAUX

Certains ont argumentĂ© qu’avec le PPCR la carriĂšre en classe normale s’allongeait. Ben oui, on pouvait franchir avec l’ancien systĂšme les 11 Ă©chelons en 22 ans contre 26 ans maintenant.

De qui se moque-t-on ? Pour une carriĂšre en classe normale sur 22 ans, il fallait pour cela que le collĂšgue en question ait obtenu toutes les promotions au grand choix. C’était certes possible. Mais pour combien de collĂšgues ? La rĂ©alitĂ© Ă©tait bien diffĂ©rente. Il fallait en moyenne 30 ans contre 26 ans aujourd’hui. Voire 25 ou 24 ans si on obtient les boosts des 6Ăšmeet 8ĂšmeĂ©chelons. Qui plus est, toute carriĂšre normale (pas pour celles et ceux qui entrent tardivement dans le mĂ©tier) se terminera a minima Ă  la hors-classe si ce n’est Ă  la classe exceptionnelle. Est-ce un recul ou une avancĂ©e ?

‱ Sur l'ISAE


Pourquoi ceux qui dĂ©sinforment les collĂšgues ne sont-ils pas allĂ©s s’asseoir Ă  la table du ministre de l’époque quand eurent lieu les nĂ©gociations sur la rĂ©munĂ©ration des enseignants ? Parce que oui les critiques ont fusĂ©. En revanche, quand il s’agit de « construire Â» et d’obtenir pour les collĂšgues, les abonnĂ©s sont absents. Souvenez-vous, ils ont tirĂ© Ă  boulets rouges contre ceux qui nĂ©gociaient en parlant d’aumĂŽne lorsque l’ISAE a Ă©tĂ© crĂ©Ă©e. Nous savions au SE-Unsa et avec d’autres que cette ISAE allait monter en puissance. Maintenant qu’elle a atteint la somme de 100€ mensuel, les entendez-vous encore proposer d’aller verser cette indemnitĂ© aux Ɠuvres de bienfaisance ?... Non ! ils s'approprient tout bonnement (c'est leur habitude de coucou) cette avancĂ©e en en revendiquant la paternitĂ© alors que c'est le SEUL SE-Unsa qui a portĂ© cette revendication en 2011 !

 

Vous avez dit apolitique ? Laissez-nous rire


Certains syndicats se disent apolitique. Ce qui pourrait signifier que d’autres mangeraient dans la main de certains partis politiques


Extraordinaire ! Ce sont justement ceux qui sont soutenus par une certaine droite extrĂȘme qui se rĂ©clament apolitiques.

Remettons les choses Ă  leur place. Que signifie le sens du mot apolitique ? « IndiffĂ©rent Ă  la politique, qui se situe en dehors de la politique Â».

Comment une organisation syndicale digne de ce nom peut-elle se situer en dehors de la politique ? Bien sur que nous devons prendre position pour ou contre telle ou telle dĂ©cision politique dans la mesure oĂč celle-ci a des consĂ©quences directes sur notre mĂ©tier ou notre rĂ©munĂ©ration par exemple.

Alors oui, le SE-Unsa n’est pas apolitique. Au sens noble du terme, il se mĂȘle de politique, il s’intĂ©resse à« ce qui est relatif Ă  l'organisation et Ă  l'exercice du pouvoir dans une sociĂ©tĂ© organisĂ©e (dĂ©finition du mot politique)».

En revanche, il n’est soutenu par aucun parti politique


Ce qui n’est pas le cas de FO et du SNALC (partenaire du 2nddegrĂ© du SNE) soutenus directement par le collectif Racine (enseignants se rĂ©clamant du RN, ex FN ou du mouvement des patriotes).

Il y a 4 ans, c’était la leader du FN qui lors d’une allocution publique appelait Ă  voter pour ces deux mĂȘmes organisations syndicales.

Apolitique ! Laissez-nous bien rire


L'une des organisations citées dans ce tweet a fait son entrée dans la CAPD 76
 Tristesse !

 

Un autre argument bien tordu : le gaspillage de l’argent public Certains syndicats seraient subventionnĂ©s par l’Etat. 

De ce fait, ils ne seraient pas indépendants et vivraient grùce aux subventions plus que par les cotisations. Oh les vilains 


Allez rĂ©tablissons la vĂ©ritĂ©. Pourquoi l’État verse-t-il de l’argent aux Unions ou ConfĂ©dĂ©rations syndicales (et non pas aux syndicats) ?

L’État verse des subventions dans le cadre du paritarisme du privĂ© pour la gestion des caisses dans lesquelles siĂšgent des administrateurs. Ils sont lĂ  Ă  temps partiel voire Ă  plein temps, donc ne sont plus, de ce fait, rĂ©munĂ©rĂ©s par leur entreprise (ils siĂšgent dans l'assurance maladie, l'assurance vieillesse, la CNAM, etc). Pour les salariĂ©s du privĂ©, le salaire n’est plus maintenu lors du temps passĂ© dans ces diffĂ©rentes caisses et instances. Il faut donc bien les Â«dĂ©dommager». L’État verse Ă©galement des subventions aux branches professionnelles reprĂ©sentatives car, dans le cadre du travail paritaire, ces branches professionnelles doivent former les dĂ©lĂ©guĂ©s d’entreprise, des dĂ©lĂ©guĂ©s CHS-CT du privĂ©, etc qui dĂ©fendront les personnels. Idem pour les dĂ©lĂ©guĂ©s prud’homaux. Cela explique les subventions versĂ©es Ă  des confĂ©dĂ©rations trĂšs implantĂ©es dans le privĂ©. 

Mais cette organisation syndicale qui dĂ©nonce ces subsides de l’État prĂ©fĂ©rerait peut-ĂȘtre que plus aucun salariĂ© du privĂ© ne siĂšge dans ces instances qui rĂ©gissent ou dĂ©fendent la vie d’autres salariĂ©s ? Ou qu’ils ne soient plus formĂ©s pour dĂ©fendre des personnels dans le cadre du CHS-CT ou des prud’hommes ? Mais c’est tout notre modĂšle social qui repose pourtant dans ces diffĂ©rents « instances Â» ! Bel exemple de solidarité 

Il existe Ă©galement des subventions de formation accordĂ©es aux ConfĂ©dĂ©rations ou Unions en fonction de leur reprĂ©sentativitĂ© au Conseil Commun de la Fonction Publique (CCFP) qui regroupe les 3 fonctions publiques (Etat, HospitaliĂšre et Territoriale). Ces subventions dĂ©pendent donc du nombre de siĂšges dĂ©tenus dans les instances supĂ©rieures. Soit 181 517,25 € si un siĂšge, soit le double si on a deux siĂšges ou plus au CCFP. OĂč est le scandale ? Si on compare cette somme au nombre de fonctionnaires, elle est mĂȘme totalement dĂ©risoire.

Sinon la fraude et l’évasion fiscale c’est 80 milliards d’euros par an qui ne rentrent pas dans les caisses de l’État. Quitte Ă  dĂ©noncer, dĂ©nonçons les vrais scandales et n’en inventons pas lĂ  oĂč tout est transparent.

Dans la fonction publique, nous bĂ©nĂ©ficions de dĂ©charges syndicales de notre ministĂšre de tutelle. Ces dĂ©charges sont attribuĂ©es en fonction de la reprĂ©sentativitĂ© au CTM pour lequel vous avez votĂ©. Elles permettent aux organisations syndicales d’avoir des moyens humains pour fonctionner, pour vous dĂ©fendre. Mais lĂ  aussi, cela a un coĂ»t en Ă©quivalents temps plein, en postes ! Pour info, l’organisation syndicale qui dĂ©nonce le gaspillage de l’argent public bĂ©nĂ©ficie elle aussi de ces dĂ©charges. Par contre, lĂ  elle n’en rĂ©clame pas l’abandon ! Étonnant non ? Pourquoi ne pas pousser la logique jusqu’au bout et laver plus blanc que blanc en refusant les dĂ©charges syndicales attribuĂ©es ?... 

Nous avons quelques exemples supplĂ©mentaires mais Ă  force ça lasse. Alors arrĂȘtons-nous lĂ .

Sinon pour ĂȘtre vraiment informĂ© et non pas dĂ©sinformĂ©, contactez le SE-Unsa !

 
 
 
 
ALC