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Education Prioritaire : pourquoi le SE-Unsa n’appelle pas Ă  la grève
Article publié le vendredi 9 janvier 2015.
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Il ne vous a pas échappé que certaines organisations syndicales appellent à cesser le travail le 15 janvier. Nous respectons leurs choix mais nous ne partageons pas la même analyse…

• Pas assez de postes ?
L’Unsa Education de Seine Maritime estime que l’engagement des crĂ©ations de postes est maintenu sur le quinquennat et qu’il n’y a pas lieu, pour le moment de « gesticuler Â» au regard d’une enveloppe Ă©ducative globale en hausse quand notre pays souffre de dĂ©ficits publics colossaux, de rĂ©ductions de fonctionnaires dans les autres services publics et d’une dette considĂ©rable.

• Redécoupage de l’éducation prioritaire ?
L’Unsa Education estime qu’il est nécessaire : Zep un jour, Zep pas pour toujours. Tout d'abord, contrairement à ce qu'on peut entendre ici ou là le budget de l'éducation prioritaire au niveau national est en augmentation de 350 millions d’euros. On peut considérer que ce n’est pas suffisant mais on ne peut pas parler de mépris ou d'austérité dans ce domaine.
Le ministère a décidé de réexaminer la carte scolaire de l'éducation prioritaire et de procéder tous les 4 ans à sa réactualisation. Nous y sommes favorables. Depuis longtemps, les classements et les dispositifs se sont empilés les uns sur les autres (ZEP, RSS, ECLAIR, ZS…). Il nous semble important de clarifier la situation. Il y aura désormais des établissements REP+ pour les populations les plus défavorisées et les REP pour les établissements en difficulté. Cette classification concerne à chaque fois un réseau constitué d’un collège et des écoles de son secteur.
La réactualisation de la carte de l'éducation prioritaire est une bonne chose car la géographie sociale de notre académie n'est pas figée. De nouvelles zones de difficultés sont apparues, d'autres se sont modifiées.

• Tout est-il figé ?
Non, et c’est la raison pour laquelle l’Unsa Education, fidèle à ses principes, n’use du recours à la grève qu’en dernier ressort. Des négociations sont encore possibles et notre organisation entend bien y faire entendre sa voix.

• Les critères ?
Soyons clairs. Les critères retenus par les services ne sont pas tous judicieux. Le revenu moyen des familles rĂ©sidant dans le pĂ©rimètre de l’école peut jouer des tours en cas de dĂ©rogations de secteurs ou d’élèves « hors-commune Â» accueillis. Qui plus est, aucune donnĂ©e de ce type n’est rentrĂ© dans « base-Ă©leves 1D Â» par les directeurs.

• Faire des choix ?
Avec une enveloppe contrainte, des choix difficiles seront nĂ©cessaires. Ne pouvant contenter tout le monde, des sorties de l’éducation prioritaire et des rĂ©cupĂ©rations de postes dans le milieu dit « ordinaire Â» seront nĂ©cessaires. Elles devront compenser les dotations supplĂ©mentaires pour les Ă©coles qui entrent dans les nouveaux dispositifs. Il y aura inĂ©vitablement des heureux et beaucoup de mĂ©contents comme pour toutes les cartes scolaires.

• Qu’est-ce alors que l’équité de traitement qui nous anime ?
Elle se résume à quelques points essentiels :
-ArrĂŞter de favoriser ceux qui ont plus.
- Faire en sorte que ceux qui ont plus aient moins
  (Quels sont les syndicats qui ont soutenu la grève des professeurs des Classes PrĂ©paratoires aux Grandes Ecoles alors que les Ă©conomies qui auraient pu ĂŞtre rĂ©alisĂ©es dans ce domaine pouvaient ĂŞtre rĂ©investies dans l’education prioritaire ?)
- Par voie de conséquences, faire en sorte que ceux qui ont moins aient plus.
 - ArrĂŞter de dĂ©favoriser ceux qui ont moins.
Autrement dit toutes les réforme et les investissements en matière d'éducation doivent se poser ces questions pour être considérés comme "justes", du point de vue de l'intérêt collectif dont le politique est la garant : ces principes sont-ils respectés, favorisés ou, au contraire, sont-ils contrariés, voire bafoués ?
Notre jugement ne pourra se faire qu’au bilan de l’investissement réalisé et du courage avec lequel il aura été porté.

 
 
 
 
ALC