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Canicule Ă  l’École : urgence pour aujourd’hui, prioritĂ© pour demain
Article publié le jeudi 16 juin 2022.
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Malgré les épisodes de canicule déjà vécus les années passées, il aura fallu attendre d’être en pleine période de fortes chaleurs pour que des recommandations soient adressées par le ministère de l’Éducation nationale aux recteurs et aux Dasen.
Or, et ce n’est pas la crise sanitaire qui a dĂ©montrĂ© le contraire : les dĂ©lais de transmission, prise de connaissance des informations descendantes et mise en Ĺ“uvre possible de ces dernières revĂŞtent parfois une longueur tout aussi justifiĂ©e par la charge des missions au quotidien que dommageable sur l’objectif de protection visĂ©.
Le SE-Unsa, avec sa fédération l’Unsa Éducation membre du CHSCT ministériel, a alerté en urgence le ministère quant aux points de vigilance à avoir et au travail prioritaire à mener pour les années à venir.
 
 
Des consignes tardives
 
Alors qu’une vague de très forte chaleur est annoncée depuis plusieurs jours et que les prévisions en matière de réchauffement climatique n’augurent qu’une intensification de ce phénomène sur les années à venir sur de plus en plus de territoires, la prévention des risques liés à la canicule pourtant largement connus n’existe toujours que trop peu pour les usagers des bâtiments scolaires.
Les consignes, bien qu’importantes et indispensables, adressées aux recteurs et Dasen en début de pic de chaleur, restent pour certaines fort limitées quant à leur possible mise en œuvre et d’autres ressources mériteraient d’être communiquées à la profession pour mieux se protéger et savoir alerter lorsque c’est nécessaire.
Par ailleurs, l’envoi tardif de ces consignes sous-estime une fois de plus le délai de transmission aux différents acteurs tout au long d’une chaine hiérarchique puis au sein d’une profession nombreuse et déjà en peine à gérer la charge de travail quotidienne.
 
 
Une protection difficile
 
En dehors des nouvelles constructions, et encore lorsque celles-ci ont bĂ©nĂ©ficiĂ© de concertation suffisante, la majoritĂ© des structures scolaires ne permet pas de protĂ©ger contre les fortes chaleurs. La crise sanitaire a mis en exergue de nombreuses lacunes en matière de bâti scolaire en France tels que l’insuffisance voire l’impossibilitĂ© de ventilation, le manque et mĂŞme l’absence pour certains territoires d’outre-mer de points d’eau… Mais si certaines de ces lacunes ont pu connaitre quelques amĂ©liorations pour faire face Ă  la crise, d’autres demeurent. Et toute prĂ©conisation ministĂ©rielle visant Ă  se prĂ©munir des consĂ©quences dommageables de fortes variations de tempĂ©rature reste vaine : accueillir les Ă©lèves et organiser les examens dans les espaces prĂ©servĂ©s de la chaleur, utiliser les salles climatisĂ©es…
De même, préconiser aux personnels des écoles et établissements de faire appel à l’expertise des médecins et infirmiers de l’Éducation nationale lors de prise de médicaments d’élèves ou de surveillance particulière à assurer rappelle une fois de plus la charge déjà trop lourde de ces personnels en nombre trop faible qui les empêche de répondre correctement aux besoins.
 
 
Un accompagnement insuffisant
 
Pour protĂ©ger professionnels et Ă©lèves, deux Ă©lĂ©ments sont essentiels et pourtant minimisĂ©s voire ignorĂ©s par le ministère quant Ă  l’accompagnement qu’il doit Ă  ses personnels pour assurer leur sĂ©curitĂ© :
  • la formation des personnels dès leur entrĂ©e dans le mĂ©tier et tout au long de leur parcours en matière de prĂ©vention relative Ă  leur santĂ©, leur sĂ©curitĂ© et leurs conditions de travail ;
  • le rappel des dispositifs et outils Ă  utiliser pour prĂ©venir, alerter et se protĂ©ger : la mise Ă  jour du Duerp (document unique d’évaluation des risques professionnels), le recours au RSST (registre santĂ© et sĂ©curitĂ© au travail), la saisine du CHSCT (comitĂ© hygiène sĂ©curitĂ© et conditions de travail), la reconnaissance d’une imputabilitĂ© au service…
Ce défaut d’information et d’accompagnement, au-delà d’exposer les personnels aux risques, les pousse parfois à se mettre en danger par le recours à tort à des processus très règlementés et très spécifiques tels que le droit de retrait.
Une page dédiée sur le site de l'INRS sur ce sujet peut être une ressource intéressante pour les personnels de l’École : ici.
 
 
Une nécessaire remise en question de la prévention
 
Les Ă©cueils d’une dĂ©sinformation de la profession en matière de protection contre les alĂ©as climatiques comme d’une prĂ©vention inexistante au sein du bâti scolaire sont bien rĂ©els. Et pour cause, l’Éducation nationale ne dispose d’aucun bilan des annĂ©es passĂ©es et encore moins d’un plan de prĂ©vention des pĂ©riodes de canicule. Pourtant, bilans et plans permettraient de faire le point sur l’état parfois totalement paradoxal entre bâti scolaire actuel et capacitĂ© Ă  prĂ©venir et protĂ©ger des variations thermiques.
Aussi intéressants soient-ils, ce ne sont pas les derniers guides produits par la cellule ministérielle Bâti scolaire qui vont résoudre ces écueils.
 
 
Face aux volontĂ©s affichĂ©es et aux mesures prĂ©conisĂ©es, c’est du concret en matière d’adaptation des bâtiments scolaires que le SE-Unsa exige, et vite ! C’est aussi une rĂ©elle rĂ©flexion concertĂ©e qu’il faut avoir sur la capacitĂ© de l’École dans son organisation des temps et des espaces Ă  faire face Ă  un rĂ©chauffement inĂ©vitable les annĂ©es Ă  venir.

 

 
 
 
 
 
ALC