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Monsieur le ministre, il faut d’urgence renouer avec l’équipage
Article publié le lundi 23 mai 2022.
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Pap Ndiaye vient d’être nommé ministre de l’Éducation Nationale et de la Jeunesse. Cet universitaire qui fait son entrée en politique est peu, voire pas connu de la communauté éducative. De très nombreux sujets l’attendent. Le SE-Unsa a identifié une priorité et trois défis sur lesquels il souhaite le rencontrer au plus vite.

La priorité, c’est la nécessité de travailler à la réconciliation des personnels avec leur institution. Pour le SE-Unsa, il faut une rupture nette avec la méthode politique de la rue de Grenelle de ces cinq dernières années. Les personnels ne veulent plus subir, ni vivre au rythme d’incessantes annonces médiatiques qui nient la réalité, simplifient la complexité de leurs missions et placent les professionnels qu’ils sont dans un insupportable porte-à-faux.

Car ce n’est pas seulement la pandĂ©mie qui a ainsi Ă©tĂ© gĂ©rĂ©e, mais bien toutes les rĂ©formes : prioritĂ© aux fondamentaux, bac gĂ©nĂ©ral et technologique, voie professionnelle, orientation, recrutement et formation initiale notamment.

 

Le premier dĂ©fi, c’est la crise de l’attractivitĂ©. Après des difficultĂ©s plus importantes que d’habitude en septembre 2021, la rituelle rentrĂ©e « techniquement Â» rĂ©ussie Â» est sĂ©rieusement menacĂ©e pour septembre 2022. Les mĂ©tiers d’enseignant, CPE et psychologues de l’Education nationale ne trouvent plus preneurs par voie de concours, et encore moins par contrats. Les raisons sont multiples : quotidien difficile, faiblesse de la rĂ©munĂ©ration, notamment lors de la première partie de carrière, dĂ©considĂ©ration institutionnelle, entrĂ©e dans le mĂ©tier illisible et proche du bizutage.  Quant aux personnels en poste, le dĂ©couragement se diffuse et certains quittent l’Education nationale

Le second défi, c’est la réussite de l’école inclusive. Il n’est plus possible de laisser les professionnels seuls, entre culpabilité et épuisement, et des élèves et des classes en panne, voire en souffrance. L’Ecole inclusive ne peut se résumer ni en une somme d’étiquettes à coller à des enfants et des jeunes, ni en une accumulation de dispositifs et d’accompagnements, sans jamais réussir à être à la hauteur des besoins. Face à la diversité des situations, il faut une diversité de réponses pédagogiques, spécialisées et sociales, dans l’école, en équipe éducative, mais aussi avec d’autres partenaires et structures.

Enfin, le troisième dĂ©fi, c’est la nĂ©cessitĂ© de retrouver l’expĂ©rience de la mixitĂ© sociale, de l’« apprendre ensemble Â» et du « vivre ensemble Â». Il n’est plus possible de clamer libertĂ©, Ă©galitĂ©, fraternitĂ© tout en continuant de cloisonner les apprentissages et les vies de nos Ă©lèves. Il n’y a pas de solutions simples et toutes ne reposent pas seulement sur l’Ecole, mais il faut dĂ©passer l’assignation Ă  rĂ©sidence qui mine notre sociĂ©tĂ©.

Le navire Éducation nationale ne peut se transformer en galère dans la tempête. Il est urgent de renouer avec l’ensemble de l’équipage pour emmener tous nos élèves à bon port.

 
 
 
 
 
 
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