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Examens : des adaptations de bon sens pour la voie pro
Article publié le lundi 18 mai 2020.
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Dans le cadre de la crise sanitaire, les modalitĂ©s de dĂ©livrance des diplĂ´mes ont Ă©tĂ© modifiĂ©es. Les textes relatifs aux examens de la voie professionnelle ont Ă©tĂ© prĂ©sentĂ©s lors du Conseil supĂ©rieur de l’Éducation du lundi 18 mai. Quels amĂ©nagements seront appliquĂ©es en voie pro ?
 
 
Entre ContrĂ´le en cours de formation et ContrĂ´le continu
 
Comme annoncé, les épreuves ponctuelles de juin sont supprimées. À la place, les épreuves sont remplacées par les notes de contrôle continu lors de l’année d’examen. Les modalités sont proches de celles retenues pour le bac général et technologique
À ce titre, les épreuves facultatives, relevant d’un contrôle ponctuel, sont supprimées. Concernant l’EPS, la note attribuée à l’élève sera fonction du nombre de CCF qu’il aura pu passer. Il s’agit là des mêmes dispositions que pour les élèves du lycée GT. Plus d’informations dans notre article spécifique EPS.
Ce principe du contrôle continu est appliqué aux épreuves d’enseignement général comme aux épreuves d’enseignement professionnel s’il n’y a pas eu de notes de Contrôle en cours de formation.
 
Quelques dispositions particulières sont à noter.
Les candidats qui ne disposent pas d’un livret scolaire, d’un livret de formation ou d’un dossier de contrôle continu passeront les épreuves de remplacement lors de la session de septembre.
Quand les CCF ont pu ĂŞtre passĂ©s, ils seront conservĂ©s et il n’y aura pas de recours au contrĂ´le continu. Ă€ titre exceptionnel, si l’ensemble des situations de CCF n’a pas Ă©tĂ© organisĂ© et que la note « ne reflète pas le niveau rĂ©el Â» du candidat, le contrĂ´le continu pourra ĂŞtre prise en compte en complĂ©ment.
Bien entendu, s’il n’y a aucune note de CCF, c’est le contrôle continu qui sera pris en compte.
Pour les candidats du privé hors contrat, des CFA et organismes non habilités, seul le contrôle continu est pris en compte.
 
 
La réduction des périodes de formation en milieu professionnel (PFMP)
 
La durĂ©e rĂ©glementaire des pĂ©riodes de formation en milieu professionnel prise en compte pour la dĂ©livrance de l’examen est rĂ©duite selon les modalitĂ©s suivantes :
  • Bac Pro 3 ans  : 10 semaines ; Bac pro 1 an  : 5 semaines.
  • CAP : 5 semaines ; CAP en 1 an  : 3 semaines
  • Mention ComplĂ©mentaire : entre 6 et 8 semaines selon la spĂ©cialitĂ© (la moitiĂ© de la durĂ©e obligatoire fixĂ©e par l’arrĂŞtĂ© de spĂ©cialitĂ©)
  • Brevet des MĂ©tiers d’Art : entre 6 et 8 semaines selon la spĂ©cialitĂ© (la moitiĂ© de la durĂ©e obligatoire fixĂ©e par l’arrĂŞtĂ© de spĂ©cialitĂ©) BMA 1 an : 4 semaines
Pour les apprentis qui n’ont pas la durée de formation prévue en CFA, ces centres doivent adresser "une demande de dérogation".
 
 
 
Les jurys d’examen
 
Aucune modification n’est à prévoir a priori sur la composition du jury. Toutefois, s’il ne peut être présent, le professionnel membre du jury pourra être remplacé par un inspecteur.
 
Le jury est compĂ©tent pour l’ensemble de l’acadĂ©mie et par spĂ©cialitĂ© de diplĂ´me avec la possibilitĂ© de se rĂ©unir en jury inter-acadĂ©mique. Il peut nĂ©anmoins organiser ses travaux en « sous-jury Â» selon le nombre de candidats. Dans cette hypothèse, au moins un reprĂ©sentant de chaque sous-jury participe Ă  la dĂ©libĂ©ration finale.
 
Pour Ă©clairer ses dĂ©libĂ©rations, le jury dispose :
  • des "livrets scolaires ou livrets de formation ou dossiers de contrĂ´le continu" ainsi que du "relevĂ© d’assiduitĂ© des candidats",
  • des informations administratives disponibles sur l’établissement d’origine du candidat, notamment les taux de rĂ©ussite et les mentions attribuĂ©es lors des trois dernières sessions, par spĂ©cialitĂ© de diplĂ´me,
  • d’une "fiche-Ă©tablissement Â» dans laquelle on retrouve des Ă©lĂ©ments tels que les plateaux techniques utilisĂ©s ou la progression annuelle des enseignements pour les Ă©tablissements qui Ă©chappent au contrĂ´le de l’Éducation nationale. Les EPLE ne sont pas concernĂ©s.
Au-delĂ  des notes et des apprĂ©ciations, le livret mentionne les Ă©valuations des PFMP avec une note mixte reposant sur " l’apprĂ©ciation de ces pĂ©riodes rĂ©alisĂ©es Â» et des « Ă©valuations correspondant aux enseignements professionnels pratiques Â».
Le jury peut Ă©galement valoriser l’engagement du candidat « au cours des PFMP, ses progrès ou son assiduitĂ©".
 
Enfin, les modalités de rattrapage de l’oral de contrôle ne changent pas si ce n’est que, sur décision exceptionnelle du jury, les élèves qui échouent pourront passer la session de septembre.
Un document émanant du chef d’établissement permettra de rappeler aux examinateurs ce qui a été traité pendant l’année. Ainsi les candidats ne seraient pas mis en difficulté par des points du programme qu’ils n’auraient pas vu.
 
 
 
L’adaptation des certifications et habilitations annexes aux diplômes professionnels
 
Avec la crise sanitaire, la question des habilitations est particulièrement délicate. Il est en effet impossible dans le contexte actuel et au regard du protocole sanitaire de poursuivre la formation et de valider la pratique professionnelle.
Plusieurs cas de figure sont Ă  envisager.
 
  • Pour les diplĂ´mes avec Ă©preuve obligatoire pratique de conduite routière menant Ă  la dĂ©livrance du permis de conduire et bac pro « Transport fluvial Â»
Cela concerne les CAP et Bac pro Conducteur, le CAP Déménageur sur véhicule utilitaire léger, le CAP Opérateur/Opératrice de service-Relation client et livraison.
Si les conditions sanitaires sont réunies, une formation et une épreuve pratique devront être mises en place, en CCF ou en ponctuel si possible avant le 4 juillet ou au plus tard avant le 30 septembre 2020.
Dans ce dernier cas, les candidats conserveront leur statut jusqu’à la passation de cette épreuve.
Une fois l’épreuve pratique passée, le diplôme sera délivré après délibération du jury.
 
  • Pour les diplĂ´mes qui incluent des attestations CACES, des attestations ou certificats liĂ©s Ă  la sĂ©curitĂ©, (comme le certificat de sauveteur secouriste du travail (SST))
Pour ces diplômes, les formations correspondantes également, si possible, être mises en œuvre avant le 4 juillet. Si la formation ne peut pas être assurée et qu’elle est liée à une situation d’évaluation
certificative pratique ne pouvant pas ĂŞtre mise en Ĺ“uvre non plus, les points de la situation d’évaluation seront neutraliser. Les attestations dans ce cas ne pourront pas ĂŞtre obtenues ; les diplĂ´mes, en revanche, pourront ĂŞtre dĂ©livrĂ©s.
 
  • Pour les diplĂ´mes dont les cursus incluent des formations obligatoires et attestations de formation non exigĂ©es pour l’examen (comme les habilitations Ă©lectriques).
Les formations qui n’auraient pas encore été réalisées doivent, si possible, être mises en œuvre, en sécurité, avant le 4 juillet et au plus tard au 30 septembre.
 
 
L’avis du SE-Unsa :
 
Pour le SE-Unsa, la voie professionnelle doit bénéficier du même traitement que la voie GT, en tenant compte des spécificités.
Il était difficile d’envisager une configuration très différente. Qu’il s’agisse de l’articulation CCF/contrôle continu ou de la réduction du nombre de semaines de PFMP obligatoires pour l’obtention du diplôme, ces aménagements semblent donc raisonnables.
 
Toutefois, l’aspect subjectif de la notion de « niveau rĂ©el de l’élève Â» peut paraĂ®tre flou et poser question aux enseignants. De mĂŞme, la mesure de prise en compte de l’assiduitĂ© notamment en cas de rĂ©ouverture des Ă©tablissements mĂ©riterait une clarification. Elle ne sera de toute façon que qualitative.
 
De plus, des détails pratiques sur le fonctionnement du jury reste à déterminer.
La note de service qui suivra devrait préciser tous ces éléments et notamment les conditions sanitaires pour la bonne tenue des jurys.
 
Le SE-Unsa demande la préparation d’une solution alternative et la mobilisation de ressources supplémentaires concernant la validation de certaines certifications et habilitations. En effet, malgré la prolongation jusqu’au 30 septembre du délai de passation des épreuves pratiques, la situation sanitaire demeure incertaine et pourrait compromettre l’organisation des épreuves. L’enjeu est de taille pour certains diplômes comme la conduite routière. Cela risque de mettre en difficulté de nombreux jeunes qui envisageaient une entrée dans la vie active dès cet été.
 
Par ailleurs, le SE-Unsa souhaite que d’autres structures comme les GRETA qui ont déjà repris leur activité, viennent en appui des établissements pour accélérer les procédures de validation des habilitations.
 

 

 
 
 
 
ALC