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Évaluation : haro sur les notes !
Article publié le mercredi 10 octobre 2012.
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Notre système scolaire s'appuie sur un mode prédominant d’évaluation des élèves : la note chiffrée. Elle s'est construite avec le temps et remplit plusieurs fonctions. Par le contrôle des apprentissages, elle sanctionne réussites et échecs des élèves, permet le classement et détermine l'orientation.

Les notes sont un outil de communication commode envers les familles, Ă  travers le bulletin scolaire notamment. Les notes jouent Ă©galement un rĂ´le social en certifiant un niveau scolaire atteint Ă  travers les examens.

Pourtant, les travaux de docimologie ont montré depuis longtemps que la note est d’une objectivité illusoire concernant la performance des élèves. Les recher­ches ont permis d’identifier de nombreux biais de notation : ordre des copies, origine sociale et statut scolaire de l’élève, genre, voire appa­rence physique... qui se combinent aux effets clas­se, établissement, Pyg­malion, de halo ou de contexte.

L’un des biais les plus connus, car médiatisé par André Antibi, est la constante macabre qui consiste en une répartition inconsciente des résultats des élèves selon une courbe de Gauss classant les élèves en trois groupes : les forts (peu nombreux), les moyens (la masse), les faibles (peu nombreux). Ces travaux bien connus invitent surtout les enseignants à objectiver le plus possible leurs objectifs et modes d’évaluation afin de rendre l’évaluation plus juste.

Pour d’autres chercheurs, comme Fabrizio Buttera, la note est aussi contre-productive, démotivante et discriminante. Aucune recherche, selon lui, n’a montré d’effets positifs de la note sur la question des apprentissages et de la motivation. Au contraire, la compétition scolaire induite par la note tend à développer chez nos élèves des comportements antisociaux, et du mal-être.

Malgré ces constats accablants, la note chiffrée (et sur 20 points, héritage des Jésuites) reste encore une référence sociale et institutionnelle. En 1969, l’institution d’une évaluation des élèves en cinq degrés de distinction (A, B, C, D, E) n’a pas été concluante. Le socle commun (2005) change-t-il la donne ? Pour l’Inspection générale : «entre l’intégrisme stérile d’une approche par com­pétences qui perd de vue le sens en multipliant items et sous- items et l’inté­grisme de la moyenne de notes sur 20, il y a une place pour proposer une évaluation qui associe performances et compétences». Quelle que soit la formule retenue, la question de l’évaluation doit assurément être prise en compte dans une refondation de l’École qui se préoccupe de justice sociale et d’équité.

Pour en savoir plus : lire notre dossier sur notre blog.

Ă€ lire :

• «L'évaluation, une menace ?» de Fabrizio Butera, Céline Buchs, Céline Darnon, collection «Apprendre», éditions Puf, 2011.

• «Les notes. Secrets de fabrication» de Pierre Merle, collection «Éducation et société», éditions Puf, 2007.

 

 
 
 
 
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