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Redoublement : construire des alternatives
Article publié le dimanche 3 avril 2011.
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Jusqu’à présent, la France fait partie des pays d’Europe où les élèves redoublent le plus. Près de 18% des élèves de 15 ans ont redoublé au moins une fois à l’école primaire et 23,5% ont redoublé au moins une fois au collège, indique l’étude d’Eurydice(1) sur le redoublement en Europe.
Les travaux scientifiques qui mettent en évidence l’inefficacité du redoublement sont pourtant nombreux et leurs conclusions largement diffusées auprès de la communauté éducative. Pourquoi le redoublement reste-t-il à un niveau aussi élevé ?

Une culture du redoublement
Tout d’abord, on peut parler d’une véritable « culture » du redoublement. Alors que les dispositions réglementaires sont très proches dans les pays d’Europe, les pratiques sont très différentes. Dans les pays comme la France où cette pratique est très présente, la conception selon laquelle répéter une année est bénéfique pour les apprentissages est tellement ancrée culturellement qu’elle résiste à toutes les démonstrations scientifiques de son inefficacité.

Le contexte budgétaire
Ensuite, l’accent mis sur le coût du redoublement par les responsables du système éducatif n’arrange rien : il introduit une suspicion de recherche d’économies budgétaires sur le dos des élèves. Et le contexte budgétaire actuel ne peut que renforcer cette suspicion. Le bonus/malus institué par l’inspecteur d’académie du Calvados(2) en fonction des taux de redoublement, pour l’attribution des dotations horaires aux collèges, fait partie de ces approches « comptables » contre-productives.

L’absence d’alternative
Surtout, c’est l’absence d’alternative crédible qui semble conduire les enseignants à proposer le redoublement, « faute de mieux ». Pourtant, certaines politiques ont fait leurs preuves. Elles sont connues.
Elles s’appellent scolarisation précoce, cycles d’apprentissage, prise en charge de la difficulté scolaire par des équipes pluriprofessionnelles au sein des Rased, formation professionnelle des enseignants, organisation de groupes de besoins grâce à des enseignants surnuméraires, réduction sensible des effectifs des classes dans l’éducation prioritaire, continuité pédagogique entre l’école et le collège. Aux antipodes de la politique gouvernementale actuelle.

(1) Le réseau Eurydice fournit de l’information sur les systèmes éducatifs européens.
(2) Voir l’édito du Café pédagogique du 25/02/2011

 

 
 
 
 
ALC