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Reprise du 11 mai : incohĂ©rent et inacceptable
Article publié le jeudi 30 avril 2020.
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C'est devant l'Assemblée Nationale que le Premier ministre a annoncé les mesures du déconfinement du 11 mai. Une fois encore, le discours a provoqué colère et angoisse dans le corps enseignant. Loin de rassurer la profession, Jean Michel Blanquer a fini de jeter de l'huile sur le feu dans son intervention au journal de 20h.

IncohĂ©rent et inacceptable sont les deux premiers mots qui nous viennent après avoir Ă©coutĂ© le premier ministre. Alors mĂŞme que des mesures sanitaires très strictes s'imposent Ă  l'ensemble de la population Ă  partir du 11 mai, l'Ă©cole semble, elle, dĂ©roger Ă  toute règle sanitaire. C'est inadmissible ! 
Alors mĂŞme qu'on nous annonce que les lycĂ©es ne rouvriront peut-ĂŞtre qu'en septembre, et que les collĂ©giens de 4ème et 3ème pourraient ne revoir les bancs du collège qu'en juin au plus tĂ´t, le ministère continue de vouloir accueillir des Ă©lèves de maternelle, incapables de respecter les gestes barrière, et par groupes de 15, alors mĂŞme que les rassemblements d'adultes ne doivent, eux, pas dĂ©passer 10 personnes ! 

Ce recul bienvenu par rapport aux hypothèses initiales du ministre sur les collèges et lycées, ainsi que les mesures annoncées au niveau sociétal, jettent une lumière particulièrement crue sur le sort fait au premier degré. Comment inciter tout le monde à la prudence, sauf les écoles ? Serait-elle à l'écart du cadrage sanitaire de toute la société ?

 

Cette cacophonie gouvernementale est insupportable pour nos collègues. La reprise présentée à marche forcée pour le primaire est impossible, incompréhensible et inacceptable. Elle impose l’urgence aux écoles en faisant peser la responsabilité sur les directeurs, les enseignants et les municipalités
 
Par ailleurs, l’échéance du 4 mai pour informer les familles est intenable, d'autant que le premier ministre a lui-même annoncé attendre le 7 mai et l'évolution de l'épidémie pour se prononcer sur les modalités de déconfinement présentées.
 
Un autre recul par rapport au début du confinement : rien n’est dit ni sur les personnels vulnérables (malades, femmes enceintes, personnels de plus de 60 ans…), ni sur les parents d’enfants scolarisés. Pour nous, les personnels à risque ou vivant avec des personnes à risque ne peuvent pas revenir dans les écoles avant la rentrée. Les parents doivent pouvoir bénéficier d'autorisations d'absence comme pour les autres salariés.

Le Premier ministre évoque un intense temps de préparation nécessaire pour la reprise le 11, sans préciser quand celui-ci aura lieu.

Il sous entend également que les enseignants devront assurer la classe et la continuité pédagogique pour les élèves dont les parents feraient le choix de ne pas les scolariser. Pour nous, c'est hors de question !
 
Après un avis pourtant défavorable du conseil scientifique, le ministère persiste et signe sans proposer un cadrage sanitaire. Il s'en remet à une gestion locale de la situation et fait peser sur les maires et les DASEN l'organisation de ce fiasco, les rendant ainsi pénalement responsables.
 
Le SE-Unsa intervient à tous les niveaux et se met en capacité d’accompagner les équipes pour protéger l’école d’une reprise précipitée et imposée.
Les organisations syndicales nationales se réuniront jeudi après-midi pour décider des suites à donner à ces annonces.
 
 
 
 
ALC