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Uniforme Ă  l’Ă©cole : l’Ă©toffe des zĂ©ros
Article publié le lundi 13 septembre 2021.
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Au mois de juillet, Sarah El Haïry, Secrétaire d’État en charge de la jeunesse et de l’engagement, a déclaré ne pas fermer la porte à un rétablissement de l’uniforme à l’École, dès lors que l’établissement et les parents y étaient favorables. Récemment, François Jolivet (député LREM de l’Indre) a publié une tribune soulignant que le port de l’uniforme à l’École aurait des effets immédiats sur la laïcité, le harcèlement scolaire, l’émancipation et l’égalité.
On se demande bien pourquoi il s’est arrêté en si bon chemin en n’évoquant pas les apports de l’uniforme pour lutter contre le chômage, le réchauffement climatique, ou le variant Delta !


Il faut dire que le « retour à l’uniforme » est en réalité un mythe, puisqu’à aucun moment, un uniforme n’a été obligatoire dans les écoles et établissements scolaires. Bien sûr, l’usage de blouses a été favorisé (sans recherche d’uniformité), notamment à cause de l’usage de porte-plumes à encre ; l’arrivée du stylo bille a balayé tout cela.

Ainsi, les promoteurs de l’uniforme tentent d’avancer qu’il s’agit de lutter pour l’égalité entre les élèves, en voulant freiner la visibilité de vêtements de marque, qui sont autant de marqueurs sociaux. Cela illustre une profonde confusion entre l’égalité et son faux-semblant : l’uniformité. En effet, il est dérisoire d’imaginer que promouvoir la ressemblance va fabriquer l’égalité.

Pour le SE-Unsa, la véritable égalité républicaine est celle qui garantit les droits fondamentaux. Il s’agit pour l’École de donner à toutes et tous, non pas l’égalité des chances, mais l’égal accès à une éducation de qualité. Cela demande la mise en œuvre d’une offre scolaire (et périscolaire) complète et de proximité, de veiller à ce que chaque élève soit soigné, habillé et nourri. C’est un perpétuel défi dans notre pays qui compte désormais un élève sur dix en situation de pauvreté et un élève sur cinq en situation de grande pauvreté. Pour contrer cela, les bourses existent mais uniquement dans le secondaire et leur montant maximal est notoirement insuffisant (460€ /an). Pire, les propos hasardeux exprimés par le ministre de l’Éducation nationale, et appuyés par le président de la République, sur l’utilisation de l’allocation de rentrée scolaire participent de la stigmatisation des foyers précaires.

Heureusement, des collectivités instaurent la gratuité des fournitures scolaires ou des tarifs sociaux de cantine, allant jusqu’à la gratuité pour les enfants issus de familles pauvres. À l’inverse, quand des municipalités ont voulu mettre en place des uniformes à l’École, ce fut un flop, comme à Béziers ou Provins.

Ainsi, que vaut l’engagement pour l’égalité des « uniformisateurs », qui voudraient voiler pour ne rien en dire, les inégalités sociales et scolaires qui minent notre système éducatif, avec leur cortège de ségrégations et de ghettoïsations que le ministère laisse perdurer par son inaction ?
À quel moment, les « uniformisateurs » agiront contre l’entre-soi scolaire des plus favorisés, ce séparatisme dont l’enseignement privé est le premier opérateur en France ?

Pour le SE-Unsa, le courage politique doit conduire à mettre en œuvre une nouvelle étape de démocratisation scolaire visant l’élargissement de l’assiette de la réussite à l’École.
Ce sujet vaut mieux que les coups, soit-disant politiques, d’affabulatrices et d’affabulateurs pour qui l’idée même de République sociale est très lointaine.

 
 
 
 
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