coups tordus de l'été, suppression des CUI, PPCR, CP à 12, évaluations CP, Retour à 4 jours, calendrier 2017/2018
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Le SE-Unsa vous souhaite une bonne rentrée scolaire et bon courage pour l’année qui commence.
Ce mail aborde, en 11 sujets, exclusivement les infos concernant la rentrée. Nous les aurions souhaitées plus réjouissantes…

rentrée sous tension
Une rentrée 2017 sous tension

Cette tension est avant tout politique. Elle est créée artificiellement par le ministre lui-même qui se montre hyper-communiquant et multiplie les annonces, lance des polémiques et clive.
Il veut à tout prix marquer le changement, son changement à lui, quand l’Éducation a besoin de sérénité et de continuité.
Sa dernière tentative de polémique sur les méthodes de lecture utilisées à l’école primaire s’ajoute à celle sur le supposé « égalitarisme » ou le « pédagogisme ».
Le ministre vient à nouveau percuter une profession qui n’en peut plus de va-et-vient et de changements incessants.

Fonction publique
Les coups tordus de l'été

Durant les vacances scolaires, via le ministre Darmanin, les fonctionnaires ont de nouveau été désignés comme boucs émissaires. Des mesures draconiennes et injustes leur sont tombées dessus.
- Retour du jour de carence,
- Gel du point d'indice,
- Hausse de la CSG (jusqu'ici sans contrepartie),
- Remise en cause des accords PPCR (sans davantage d'information).
Ces mesures visent-elles à compenser la baisse de l'ISF? Cet impôt que nous ne risquons pas de payer un jour!


CUI
Suppression de 23 000 emplois aidés dans l'Education Nationale

Le gouvernement a décidé de réduire drastiquement les CUI. Cette décision marque probablement la fin de l'aide administrative. Des questions restent posées concernant l'accompagnement de tous les élèves en situation de handicap.

Pour le SE-Unsa c'est inadmissible. Face au mépris gouvernemental, nous ne pouvons rester "immobiles".

Une lettre-info spécifique sur ce sujet vous parviendra très prochainement. Des actions verront très rapidement le jour. Nous vous tiendrons informés dès cette semaine.

A la suppression de ces emplois aidés étiquetés éducation nationale, vient s'ajouter également la disparition d'un nombre important d'emplois aidés qui travaillaient pour les collectivités auprès des enfants (restauration scolaire, aide aux ATSEM, garderie, ...).
PPCR
PPCR et gestion de la carrière : beaucoup d'interrogations

Le ministre et le cabinet ne disent rien au sujet du PPCR. Nous n’avons aujourd’hui que les annonces de Darmanin qui a dit ne plus vouloir l'appliquer dans son intégralité.
Trop de choses sont d’ores et déjà enclenchées pour remettre en cause totalement le protocole PPCR, notamment le reclassement qui doit être effectif au 1er septembre. Nous nous inquiétons plus particulièrement sur la création de la classe exceptionnelle. À ce jour, aucun rendez-vous n’est programmé pour les nouvelles modalités d’accès à la hors-classe et les modalités d'accès à la classe exceptionnelle.
Concernant l’évaluation des personnels et les rendez-vous de carrière, les enseignants sur le terrain ont très peu d’informations. Le SE-Unsa exige du ministre des assurances sur la mise en œuvre effective de l’ensemble du protocole PPCR.
CP A 12
Dédoublement de 2 500 classes de CP en REP+

Ces dédoublements concernent au final 5 000 enseignants.

C’est une mesure qui peut se révéler intéressante pour ceux qui la vivront. C’est une mesure très coûteuse.
Elle représente cette année 2 500 postes qui, pour être efficaces, ont besoin d’être doublés en 2018 pour que le dédoublement se poursuive l’année suivante au CE1.
C’est une mesure qui s'est faite, dans notre département, au prix de la disparition d'une partie du dispositif prometteur et plébiscité PDMQDC. Même si J.M. Blanquer avait dit vouloir évaluer le PDMQDC avant de décider de son avenir, on voit bien où est la marge de manoeuvre pour récupérer des postes.

Si ce dispositif est étendu ensuite aux CE1 en REP+ puis aux CP et CE1 en REP, il faudra des postes en nombre suffisant. Seront-ils créés ou redéploiera-t-on des moyens existants? Ce sera probablement l'un des enjeux la prochaine carte scolaire.
Eval cp
Évaluations CP

Voici une mesure mise en place dans l’urgence alors que l’urgence n’est pas là. Nous pouvons, à la limite, comprendre l’objectif d’établir une photo de ce que élèves maîtrisent ou non à l’entrée au CP mais cela ne dira rien du pourquoi ils ne le maîtrisent pas et ne fournira aucune piste de remédiation.
Les enseignants n’ont pas besoin de ces évaluations nationales pour repérer les besoins de leurs élèves. Pour le SE-Unsa, l’installation d’une norme nationale fait craindre la mise en place d’un caporalisme pédagogique. Il est hors de question de déposséder les enseignants de leur expertise et de leur pouvoir d’action pour trouver les bonnes réponses pour leurs élèves.
Ces évaluations ne sont en rien un outil professionnel pour les enseignants.
L’outil national ne fait aucun sens : 4 x 20 minutes en français et 3 x10 minutes en maths avec comme outils du papier et un crayon. Ce document n’est pas adapté aux jeunes élèves de CP (10 exercices différents sur la première page). Un seul exercice par compétence évaluée. Un élève qui donne la bonne réponse à la seule question posée pour évaluer une compétence la maîtrise-t-il ? S’il donne une mauvaise réponse à cette question, doit-il être considéré en difficulté ?
Pour le SE-Unsa, il est choquant de poser le diagnostic « élèves en difficulté » dès l’entrée au CP.
Depuis la mise en place des cycles, on a essayé de dédramatiser l’année de CP auprès des familles ; de laisser le temps aux élèves de s’installer et d’entrer dans les apprentissages. Aujourd’hui, le ministre remet la pression en parlant de 100% de réussite au CP et de redoublement.
On n’est pas à l’abri de constater des effets contreproductifs si les résultats bruts de ces évaluations étaient livrés aux familles. Nous inciterons les enseignants à relativiser ces résultats au vu de leur caractère scientifique discutable.
Du reste, nous restons méfiants quant au but inavoué de ces évaluations. S'agit-il comme entre 2010 et 2013 de "classer" enseignants et établissements comme il l'a été reconnu après-coup?...
Rythmes scolaires
Retour à 4 jours

Près de 80% des communes du Pas-de-Calais reviennent à la semaine de 4 jours. Au SE-Unsa nous nous battons pour des rythmes concertés et des rythmes de qualité.
La semaine de 4,5 jours devait apporter un plus aux élèves, surtout dans les secteurs défavorisés.
Au regard du nombre de conseils d'école qui se sont positionnés pour revenir aux 4 jours, le constat est clair : l'objectif recherché et le mille-feuilles des multiples organisations possibles avec les décrets Peillon et Hamon ont mis à mal une réforme dont il sera impossible d'évaluer les effets sur les élèves. La précipitation de la décision ne permettra pas une évaluation du dispositif comme nous l'aurions souhaité.

Les enseignants sont des professionnels de l'Education. Au regard de la réalité locale, ils savent quelle organisation convient le mieux à leurs élèves, 4 ou 4,5 jours. Nous avons soutenu et continuerons de soutenir les collègues dans leur choix pour des rythmes de qualité.

Les rythmes scolaires ne doivent d'ailleurs pas être étudiés uniquement par le prisme de la semaine. Et si on changeait d'abord les 36 semaines de l'année scolaire par une véritable alternance 7 + 2 ?
Calendrier
Un calendrier 2017/2018 en question

Le calendrier de l'année scolaire 2017/2018 (adopté en 2015 dans le cadre triennal) soulève des interrogations.

Alternance 7/2 et dernière période
Comme d'habitude l'alternance 7+2 est bafouée. L'intérêt des élèves ne prévaut pas.
La dernière période durera 9 semaines pour notre zone B (11 semaines pour la zone A !). Sans commentaire !

Prérentrée
Depuis 2015, la 2ème journée de prérentrée est remplacée par "deux demi-journées qui pourront être dégagées durant l'année scolaire afin de permettre des temps de réflexion et de formation sur des sujets proposés par les autorités académiques" . Cela pénalise notamment les équipes qui faisaient jusqu'à maintenant le choix d'effectuer ces deux journées de prérentrée avant la rentrée des élèves. Pour le SE-Unsa, cette journée doit être rendue aux professionnels que sont les enseignants pour l'organisation de leur travail personnel et en équipe.

Pas de pont de l'Ascension
Le pont de l'Ascension n'est pas vaqué en 2017/2018. Nous attirons à nouveau l'attention du ministère sur les conséquences de cette décision et la nécessité de la revoir.
En effet, comme l'Ascension tombe en 2018 la même semaine que le 8 mai, la semaine du 7 au 13 mai sera clignotante avec concrètement : le lundi 7 travaillé, le mardi 8 férié, le mercredi 9 travaillé, le jeudi 10 férié, le vendredi 11 travaillé (et le samedi 12 aussi le cas échéant). Une semaine qui, en l'état, promet d'être aussi improductive que fatigante.
En conclusion

Beaucoup d’annonces depuis l’arrivée de Blanquer au ministère sont avant tout des marqueurs politiques de son projet éducatif personnel.
Monsieur Blanquer se présente comme un homme neuf mais il passe son temps à ressusciter les idées du passé : à l’école les techniques fondamentales, au collège l’accès à la culture, le développement des talents. Il devrait regarder la réalité des différences d’expériences personnelles vécues par les élèves. Sa vision de l'école risque de produire toujours les mêmes effets de hiérarchisation et de ségrégation…
Pour le SE-Unsa, on ne forme pas les élèves d’aujourd’hui pour la société de demain avec l’École d’avant-hier… Ce dont la société de demain aura particulièrement besoin, ce sera de personnes qui savent coopérer et qui seront créatives. Avec « Lire, écrire, compter et respecter autrui » à l’École primaire on voit l’École avec un filtre sépia alors qu'on a besoin de préparer l’avenir ! Si on rétablit l’École d’autrefois dans le monde complexe et accéléré d’aujourd’hui, c’est toujours le milieu social qui fera la différence. Ce seront toujours les mêmes qui vont perdre : les plus fragiles.
On verra bien dans les prochaines semaines comment l’opinion réagit, adhère ou rejette cette approche très politicienne de l’École. Nous espérons que les familles maintiendront leur confiance aux enseignants parce que lassées, elles aussi, des remises en cause et des va et vient incessants.

Le ministre ne cesse de parler de confiance… mais il cultive la méfiance voire la défiance.
La méfiance voire la défiance des familles et plus largement de l’opinion envers l’École. Parce qu'avant lui on ne travaillait pas sérieusement à l'école peut-être ?...
La méfiance des enseignants voire la défiance des enseignants envers leur ministre.

Le SE-Unsa attend du ministre qu’il substitue les déclarations de confiance par des preuves de confiance, par la reconnaissance du professionnalisme en ne dénigrant pas le travail accompli jusqu’ici. La reconnaissance du professionnalisme passe par le fait de tout miser sur les enseignants en accompagnant les équipes. Il faut, pour le SE-Unsa qu’il arrête de citer l’exemplarité des établissements privés et rappelle le travail continu d’innovation des collègues de l’enseignement public. Mais c’est vrai qu’eux, ils ne le font pas pour l’attractivité de leur école ou de leur établissement, ils le font pour la réussite de tous les élèves, notamment les plus fragiles.

Pour conclure, dans ce climat politicien construit par le ministre autour de l’École, l’attitude neutre de la profession envers ce nouveau pouvoir avant l’été pourrait vite se transformer en une attitude défensive.
Le SE-Unsa restera fidèle à sa feuille de route pour construire une École durable qui donne les moyens aux élèves, à tous les élèves, de réussir. En regardant les réalités de notre système éducatif en face et en discutant pied à pied tous les dossiers qui s’ouvriront. Au-delà des crispations de rentrée, au SE-Unsa, nous sommes prêts à travailler. Nous avons la prétention de penser que nous avons une place et un rôle à jouer pour que le système éducatif progresse. Nous ne sommes pas sûrs que ce soit partagé avec le ministère.
Le SE-Unsa est un partenaire, certes, mais un partenaire du progrès.
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