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Masters Enseignement en alternance : Ă©conomies, confusion et fumisterie
Article publié le vendredi 27 mai 2011.
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Les ministres de l’Education Nationale et de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche viennent d’annoncer la mise en place de masters en alternance pour les étudiants se destinant aux métiers de l’enseignement.

Pour le SE-Unsa, le dispositif présenté n’est qu’une pâle copie des masters de ce type déjà proposés par l’Université dans d’autres domaines. La part du stage représentera au plus un cinquième de la formation.

Une alternance digne de ce nom recouvrirait une tout autre réalité. Elle impliquerait que l’étudiant passe près de la moitié de son année en stage. Elle demanderait également un accompagnement du stagiaire pendant sa mise en situation. Ce sera loin d’être le cas et les étudiants se retrouveront projetés sur le terrain.

En effet, les deux ministres préconisent l’attribution d’un poste d’assistant pédagogique à mi-temps ou un contrat d’enseignement de trois à six heures par semaine. Or, ceci ne peut constituer une formation de qualité à un futur métier, mais bien une dévaluation supplémentaire de la formation, à laquelle sera adossé un emploi sous-rémunéré, entouré d’un certain flou concernant ses finalités pédagogiques. Ce nouveau dispositif vise à transformer un stage non rémunéré et dépourvu de cadrage national, initialement prévu en deuxième année de master, en un emploi précaire à mi-temps en première année. Ce faisant, il doit s’effectuer en même temps que la préparation au concours, que les examens et la rédaction du mémoire de master.

L’alternance propose avant tout d’occuper un emploi initialement accordé à un professeur à temps plein, en diminuant encore le ,nombre de recrutements et de postes de titulaires. Ces contrats d’enseignement et les postes d’assistants à mi-temp contribuent à renforcer la logique de déstabilisation concernant le recrutement des futurs professeurs, plongeant les étudiant(e)s stagiaires dans la précarité. Une rémunération à hauteur de 560 € par mois ou de 3000 à 6000 € par année ne leur permettra pas des conditions de vie et d’études décentes.

Encore une fois, la tentative d’habillage ne saurait masquer l’approche budgétaire de la mesure. En effet, ce dispositif permettra aux Recteurs de faire coup double. En premier lieu, ils pourront pallier la pénurie chronique de remplaçants. Dans le même temps, cerise sur le gâteau, ils réaliseront de substantielles économies puisque les étudiants coûteront entre 10 et 50% de moins qu’un contractuel ou un remplaçant en titre.

Une remarque : lorsque l’on tombe sur ce genre d’écrit : « Le SNES, le SNEP, le SNUEP, le SNPI et le SNUPDEN continuent de demander la remise à plat de la réforme. », on ne peut s’empêcher de se dire que certains ont la mémoire courte, après avoir cautionné cette même réforme !!!

Cohérent, lui, le SE-Unsa dénonce ce nouvel artifice laissant accroire que des améliorations sont apportées à la désastreuse réforme de la formation. La suicidaire logique budgétaire poursuit son œuvre. Après les contractuels et les vacataires, voici désormais les étudiants confirmant que la précarisation se poursuit dans le second degré et fait son entrée à l’école primaire.

 

Le SE-Unsa continue de revendiquer une remise à plat du dispositif, positionnant les concours en fin de M1, introduisant des modules de préprofessionnalisation dès la licence et instaurant un système d’aides permettant de préserver la mixité sociale parmi les futurs enseignants.

Olivier Laby

 
 
 
 
ALC