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Comment "gĂ©rer l’après Charlie" ?
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Compte-rendu réunion DSDEN Nièvre pour évoquer la suite à donner aux événements du 7 janvier.

Cette réunion, à l’initiative de l’administration, était présidée par Monsieur Ballé, DASEN et Monsieur Gien, IEN- Adjoint au DASEN.

Des représentants des personnels, dont de nombreux membres de l’Unsa, étaient présents.

Faisant suite aux récents évènements qui ont bouleversé la Nation, M. le DASEN de la Nièvre a proposé ce mercredi 14 janvier, un moment d’échanges avec des représentants du personnel du 1er et du second degrés.

 

Au-delĂ  de l’émotion, la nĂ©cessitĂ© d’évoquer ENSEMBLE des pistes possibles Ă  l’égard des Ă©lèves et des personnels en termes d’accompagnement, de dĂ©cryptage, de gestion de « l’après Â»  ou encore d’attentes de la part des Ă©quipes enseignantes, fournit certainement cette lueur d’optimisme si prĂ©cieux aujourd’hui.

 

Faut-il rappeler que Mme la Ministre a reçu dès lundi les organisations syndicales de l’Education nationale afin de prĂ©parer une mobilisation renforcĂ©e de l’Ecole. Notre DASEN prĂ©cise avoir Ă©tĂ© reçu avec l’ensemble des directeurs acadĂ©miques et des recteurs par Mme Vallaud-Belkacem ce mardi. Un discours clair pour une Ă©cole « bienveillante Â» : il appartient Ă  l’école de transmettre les valeurs de la RĂ©publique. M. le DASEN ajoute que le 1er ministre en personne est venu souligner et encourager l’engagement des personnels de l’Education nationale tout en prĂ©cisant que l’ensemble de la tâche Ă  accomplir rĂ©clamera vraisemblablement le temps d’une gĂ©nĂ©ration.

 

Retour sur la minute de silence…

S’il apparait qu’elle n’a pas toujours été simple à organiser de par l’horaire imposé -midi- son déroulement a le plus souvent trouvé le juste équilibre que l’on soit dans le 1er ou dans le second degré. Plusieurs mails en provenance de la direction académique ou du rectorat donnaient des consignes claires et précises dont celle de permettre aux élèves de sortir avec A.E.D s’ils le souhaitaient… Petit bémol qui aurait pu engendrer quelques problèmes compte tenu du cadre réglementaire. (Formulation lapidaire ne pouvant pas refléter tous les fonctionnements des établissements)

Un proviseur fait valoir la forte angoisse des enseignants à l’idée de la mettre en œuvre avec les élèves. Nette perception de se sentir dépourvu devant des dérapages possibles.

Même si dans le département de la Nièvre, il convient de constater qu’aucun incident grave n’ait été relaté, il n’en reste pas moins un ensemble de questions de la part de nos élèves qui traduisent des formes d’incompréhension auxquelles il s’agit de répondre.

Un principal ajoute que si plusieurs élèves ont été choqués, le retour de réflexions de parents faisant amalgame entre terrorisme et musulman n’est pas simple à gérer au sein d’un établissement. Plusieurs professeurs touchés sont inquiets.

 

Au lycĂ©e, des professeurs sont parfois en difficultĂ© pour rĂ©pondre et « contrer Â» certains arguments Ă©voquĂ©s par les jeunes en termes de certitudes et d’idĂ©es bien installĂ©es de surcroĂ®t en amont des attentats parisiens. (Un collègue tĂ©moigne de la prĂ©sence de croix gammĂ©es inscrites sur les murs de son Ă©tablissement et rappelle tout l’intĂ©rĂŞt de rĂ©flĂ©chir sur les valeurs essentielles qui dĂ©finissent la citoyennetĂ©)

Certainement devrons-nous (le cas échéant) être attentifs d’éviter toute forme d’exclusion et/ou de sanction qui seraient prises dans l’immédiateté.

Les enseignants et l’ensemble des personnels impliqués auprès de leurs élèves réclament de l’aide.

 

 

Monsieur le Directeur acadĂ©mique se dit ĂŞtre Ă  l’écoute des arguments Ă©voquĂ©s. Il prĂ©cise que le Recteur vient de rĂ©affirmer l’intention de mettre en place une formation qualifiĂ©e « laĂŻcitĂ© Â» dans le cadre de la formation initiale et de la formation continue. Les valeurs portĂ©es par l’Ecole et plus largement par la RĂ©publique doivent ĂŞtre expliquĂ©es.

Un accompagnement des personnels enseignants et la mise en place de modules spécifiques devraient fournir les outils nécessaires pour se sentir plus à l’aise face aux problématiques entendues.

M. le DASEN ajoute que l’école se doit d’être attentive et vigilante devant toutes formes de dérapages, de propos ou d’attitudes constatés aux dépends d’un vivre ensemble de qualité. La mise en place d’une application académique sécurisée et anonyme va très prochainement pouvoir offrir la possibilité de faire remonter des situations problématiques auprès des services du rectorat.

Les chefs d’établissement vont rapidement recevoir des consignes claires indiquant la conduite à tenir en cas de propos ou d’actes déplacés. Toutefois, chaque cas étant particulier, il sera laissé à l’appréciation et au discernement des responsables d’établissement.

Dans tous les cas, il convient de ne pas hĂ©siter Ă  faire « remonter Â» les problèmes.

 

Des outils pour répondre…

Plusieurs arguments sont évoqués pour réussir autrement

  • Impliquer le monde associatif
  • Solliciter des organismes comme l’USEP, la F.O.L, les PEP qui ont des outils…
  • DĂ©velopper et promouvoir les CVCollĂ©giens et CEFC
  • Consulter les ressources en ligne EDUSCOL
  • Relancer la pĂ©dagogie par l’exemple (cf. Freinet)
  • DĂ©velopper encourager et utiliser les services du CLEMI
  • Placer un drapeau français et un drapeau europĂ©en sur le fronton des Ă©tablissements en rappelant le sens des symboles.

Le DASEN précise à ce propos qu’il va soumettre l’idée d’une réalisation du tryptique de la devise républicaine de manière à ce qu’il apparaisse clairement sur le fronton de la D.S.D.E.N.

 

La consultation sur l’instruction civique et morale (ICM)

Si le DASEN rappelle le lancement d’une grande consultation à l’égard de l’ICM, prévue avant les événements, il convient peut-être de préciser que devant la réécriture des programmes du 1er degré, nous avons là, une magnifique opportunité pour faire le choix de valoriser et retenir les axes essentiels de ce qui peut définir le citoyen de demain.

De quoi l’élève a-t-il besoin aujourd’hui ? Tous ces mots entendus, laĂŻcitĂ©, dĂ©mocratie, rĂ©publique, citoyennetĂ©, communautĂ©, religion, partage, etc… ne sont plus compris que par quelques-uns… en tout cas de moins en moins par nos Ă©lèves…

Il y a urgence à expliquer, à décrypter, à accompagner tous les questionnements.

Une collègue explique tout l’intérêt de revoir par exemple la place de l’immigration dans l’enseignement de l’Histoire, voire de relancer l’Education Populaire…

Cette consultation sur l’ICM, prend évidemment un relief tout particulier au vu des tragiques événements vécus récemment. Personne n’est indifférent à cela. Certainement est-il venu le moment de réfléchir autrement, de travailler autrement, et de montrer également aux familles, à nos parents d’élèves que l’école est VRAIMENT impliquée dans une réflexion qui engage, qui responsabilise. Mais l’investissement demandé réclame du temps aux dépends d’une immédiateté qui nuirait à la qualité des débats.

Le propos expliqué au directeur académique, implique qu’une ½ journée banalisée soit nécessaire pour construire les nouveaux programmes et montrer à l’ensemble de l’opinion publique que le corps enseignant réfléchit (aussi) à trouver des solutions.

La demande est formulée.

 

M. le DASEN convient des arguments présentés et précise qu’effectivement un travail sur la parentalité est à développer. Au-delà de la mallette des parents, dispositif qu’il faudrait peut-être réactiver, le DASEN sera attentif à toutes les initiatives et aux demandes relatives au domaine de la coéducation.

 

Vers un usage citoyen du numérique…

L’outil numérique, l’usage d’internet accompagnent volontiers les élèves dans leurs apprentissages. Là encore et peut-être plus qu’ailleurs, il convient d’être vigilant.

Le formidable essor de cette technologie, les moyens de communication en rĂ©seaux, les tablettes et autres smartphones placent la jeunesse en première ligne d’une utilisation parfois irraisonnĂ©e en termes d’enjeux et de consĂ©quences. 

 

Les enseignants sont en attente d’outils qui permettent d’expliquer sereinement les dangers d’internet. L’utilisation des réseaux sociaux doit être expliquée aux enfants.

Par ailleurs, il apparaît nécessaire de poursuivre le plan de numérisation départemental et de relancer les collectivités locales en termes de moyens alloués aux écoles. (Connexion des classes notamment)

 

Le DASEN précise être sensible à ce sujet et ajoute qu’une consultation sur le numérique aura lieu d’ici la fin de l’année scolaire 2014/2015.

 

Au-delà des arguments développés et entendus des uns et des autres, faut-il conclure que tout n’aura de sens que si l’Ecole retrouve sa place dans notre société.

La restauration de l’autorité de l’école et celle des enseignants, des maîtres et maîtresses est vivement souhaitée. Elle est attendue.

 

Corinne Augendre, CĂ©line Cognet, Jacquy Christelbach

 
 
 
 
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