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Reprise dans la Meuse le 11 mai : impossible !
Article publié le mercredi 29 avril 2020.
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Communiqué de presse du SE-Unsa 55

Le Premier ministre a présenté mardi 28 avril le plan de déconfinement. Pour le Syndicat des Enseignants de l'Unsa (SE-Unsa), syndicat majoritaire dans l'Education nationale en Meuse, les mesures présentées pour l'Éducation sont impossibles à mettre en œuvre et inacceptables.

La veille, le Conseil Départemental de l'Education Nationale de la Meuse (CDEN) s'était réuni. Le CoVid-19 et la question de la reprise dans les établissements scolaires à partir du 11 mai étaient étrangement absents de l'ordre du jour, premier signe d'inquiétude à quinze jours d'une éventuelle reprise. Le SE-Unsa a exigé et obtenu que ces points soient abordés. Mais vu l’impossibilité pour les représentants de l'État et de l'Éducation Nationale de nous apporter des réponses il n'y a qu'une seule conclusion qui s'impose : dans la Meuse nous ne sommes pas prêts pour la reprise scolaire en présentiel et nous ne le serons pas dans les délais prévus. Vouloir avancer à marche forcée et imposer la reprise dans les écoles dans notre département à partir du 11 mai serait irresponsable de la part des représentants locaux de l'Etat et de l'Education nationale.


Reprendre les cours en présentiel de façon précipitée, sans avoir les garanties sanitaires et techniques suffisantes, serait prendre le risque d'exposer la santé des personnels, des élèves et de leurs familles. Sans oublier le risque majeur d'accélérer le rebond de la propagation du virus dans un contexte sanitaire local qui a amené le Préfet à prendre dans la Meuse des mesures plus restrictives que le cadrage national. C'est simplement inacceptable pour le SE-Unsa de la Meuse.


Pour le SE-Unsa les questions à traiter au regard de l'avis national du Conseil Scientifique sont beaucoup trop nombreuses pour l'être dans des délais aussi courts. Pour se rendre compte de l’ampleur du travail herculéen qui s’annonce avant la reprise rappelons quelques-uns des points de la note du Conseil Scientifique qu'il nous faudra traiter au niveau local : procédures de fourniture et d'utilisation du matériel de protection, respect des règles de distanciation, organisation de l'enseignement en groupes réduits, nettoyage et hygiène des locaux et du matériel plusieurs fois par jour, restauration et transport scolaires, dépistage et éviction des élèves malades, etc…


Le SE-Unsa de la Meuse dénonce également l'attitude de l'Etat qui se défausse de sa responsabilité en mettant la pression aux directeurs, aux enseignants et aux élus pour définir localement et avant le 4 mai l'organisation de la reprise. Les enseignants n'ont pas à endosser la responsabilité des risques auxquels ils exposeraient les élèves et leur famille si les conditions n'étaient pas réunies.


Par ailleurs le SE-Unsa de la Meuse dénonce les incohérences des annonces du Premier ministre qui génèrent plus d'anxiété qu'elles n'apportent de réponses. Par rapport aux précédentes annonces du ministre de l'Éducation nationale, la sagesse a voulu qu'il suspende la rentrée des lycéens et qu'il reporte la rentrée des 6ème et des 5ème. Mais pourquoi s'entêter à maintenir la reprise du primaire le 11 mai alors que ce sont les élèves les moins autonomes et les moins en capacité de respecter les gestes barrières ? Alors que les regroupements de plus de 10 personnes sont interdits partout, les classes pourront accueillir dans un espace clos 15 élèves sans masque. Si le département est en zone rouge les écoles resteront ouvertes alors que les collèges devront fermer. Ces directives sont absurdes et incompréhensibles. L'Ecole en général, et le primaire plus particulièrement, semblent être en dehors du cadrage sanitaire qui s'impose au reste de la société. Quelle est la motivation réelle et quel est l'intérêt de ces décisions ? Pour le SE-Unsa, elles sont tout simplement incompréhensibles.


Le SE-Unsa rappelle enfin que l'École ne s'est jamais arrêtée, les personnels assurent la continuité scolaire depuis le début. Même s’il n’y a aucun doute sur la capacité des personnels à s’adapter et à faire fonctionner le système, en cas de reprise les enseignants ne pourront pas gérer à la fois les élèves présents et la classe à distance pour ceux restés à leur domicilie (par choix ou par obligation), il y aura donc dégradation de la continuité scolaire et augmentation des inégalités entre élèves.

 

Bar le Duc, le 29 avril 2020
Delphine LERAT, secrétaire départementale du SE-Unsa

 

 
 
 
 
ALC