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AESH : Des conditions de recrutement Ă©largies pour une meilleure attractivitĂ© ?
Article publié le jeudi 17 mai 2018.
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Ce vendredi  une rĂ©union de concertation s’est tenue au ministère afin d’étudier des propositions de modifications de l’article 2 du dĂ©cret 2014-724 du 27 juin 2014.
Les conditions de recrutement des AESH devraient ĂŞtre Ă©largies Ă  partir de la mi-mai.
 
L’article 2 définit les conditions de diplôme et d’expérience requises pour postuler sur un poste d’AESH
Actuellement elles sont au nombre de deux : dĂ©tenir un diplĂ´me dans le domaine de l’aide de la personne, ou une expĂ©rience de 24 mois dans l’accompagnement d’un enfant en situation de handicap. Le ministère propose de rĂ©duire l’exigence d’expĂ©rience de 24 Ă  9 mois, et d’étendre celle-ci Ă  l’accompagnement d’une personne, et non spĂ©cifiquement d’un enfant handicapĂ©. Il souhaite Ă©galement Ă©tendre les conditions de diplĂ´me : les laurĂ©ats d’un diplĂ´me de niveau IV (niveau bac) pourraient dĂ©sormais postuler.
 
Pourquoi cette modification ?
Elle a pour principal but de répondre à l’urgence de la rentrée 2018, et des besoins qui ne cessent d’augmenter.
En élargissant les conditions de recrutement, le ministère espère pouvoir augmenter le nombre de recrutements, pour une mission dont il reconnaît la faible attractivité.
 
Rendre le métier plus attractif
Cette rĂ©union avait donc Ă©galement pour objet de consulter les organisations syndicales sur les autres possibilitĂ©s de rendre la profession attractive, et de recueillir leurs retours de terrain sur la rĂ©alitĂ© et l’efficacitĂ© de la formation proposĂ©e aux AESH. 
Il est prĂ©vu d'autres rĂ©unions de consultation, voire d’autres modifications du dĂ©cret. Le ministère a en tout cas prĂ©sentĂ© cette rĂ©union et cette modification, comme un prĂ©alable au chantier de professionnalisation annoncĂ©e par le ministre en dĂ©cembre 2017 (lire nos prĂ©cĂ©dents articles : Accompagnement du handicap : des annonces Ă  concrĂ©tiser d'urgence ! et L'attractivitĂ© du mĂ©tier d'AESH, on en parle ?
 
L’avis du SE-Unsa
Nous avons été satisfaits d’entendre que le ministère reconnaissait que, 4 ans après sa création, le métier d’AESH n’avait rien d’attractif. C’est pourquoi nous portons une appréciation positive de ces modifications, en particulier l’abaissement de la durée exigible pour un contrat aidé souhaitant postuler sur un poste d’AESH.
 
Le SE-Unsa a néanmoins affirmé que cela ne répondait en rien aux conditions d’emploi précaires des collègues, et que seules des réponses rapides et concrètes à cette précarité du métier en amélioreraient l’attractivité.
 
Nous avons ainsi rappelĂ© qu’il Ă©tait inacceptable que depuis 2014, aucun AESH n’ait pu bĂ©nĂ©ficier du rĂ©examen triennal de la rĂ©munĂ©ration, pourtant prĂ©vue par la loi. Idem pour l’entretien professionnel (TĂ©lĂ©charger le modèle de lettre pour  demander le rĂ©examen de votre rĂ©munĂ©ration et la tenue de votre entretien professionnel sur notre site : AESH, ma revalo, mon entretien pro : j'y ai droit !)
 
Sur la formation : le SE-Unsa a rĂ©pondu que le compte n’y Ă©tait pas, et pour cause !
Aucune durĂ©e minimale de formation n’est prĂ©vue par les textes, seule une formation d’adaptation Ă  l’emploi est envisagĂ©e et elle est plus qu’inĂ©gale sur le territoire. Par ailleurs, le crĂ©dit heure formation de 200h a disparu, avec en plus pour effet de faire davantage travailler les AESH, pour un salaire Ă©quivalent ! 
 
Enfin, il est urgent que le ministère revoie sa copie sur l’annualisation du temps de travail, et ses consĂ©quences sur la rĂ©munĂ©ration :
Si la règle d’une répartition sur 36 semaines effectives, au lieu des 39 prévues réglementairement au contrat, n’est pas contestable, elle ne doit pas se faire au détriment du salaire des collègues. Là encore, ce ne sont pas des économies de bouts de chandelle qui rendront attractive une profession déjà largement précarisée du fait de la majorité de contrats à temps incomplet.
 
Comme nous l'avons fait à travers notre action de demande de revalorisation et de tenue de l'entretien professionnel, nous ne manquerons pas de continuer à interpeler le ministère si les constats et annonces de vendredi restent lettre morte. A vos côtés, le SE-Unsa continue de militer pour une école réellement inclusive et la reconnaissance des personnels qui y contribuent!

 

 
 
 
 
ALC